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Critique Saw 3D

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Tristement, la saga Saw a partiellement ramené au goût du jour une pratique courante dans les années 80. Plus prompte à parier sur la quantité que sur la qualité, les producteurs enchainent depuis sept ans les séquelles navrantes, à l’instar de séries classiques constituées de nombreux opus bancals (Halloween, Vendredi 13 ou encore Freddy). Si l’idée pouvait sembler aguicheuse de prime abord, la multiplication de suites copiées-collées aura tôt fait d’enterrer cette franchise prometteuse dans les soubassements du registre horrifique. Ecrit à la va-vite, Saw 3D excelle sans surprise dans la politique de médiocrité désormais inhérente à Saw depuis son troisième volet. Sans aucune valeur ajoutée si ce n’est un gadget-relief actuel et particulièrement inutile, cet ultime chapitre referme – pour l’instant – définitivement l’histoire de Jigsaw sur un terrible sentiment de gâchis. Entre pure violence gratuite et incohérences à la pelle, le film de Kevin Greutert navigue sans autre prétention que celle de remplir le tiroir-caisse.

 

 

Reconnaissons à Saw 3D – tout comme à ses nombreux successeurs – une certaine qualité dans la cohérence scénaristique. Inutile désormais de se fouiller les méninges pour tenter un quelconque rattachement aux événements passés : chaque opus pourra se visionner comme un simple one-shot tant ces derniers se limitent à éternellement ressasser les mêmes idioties. Moralisateur et une nouvelle fois incroyablement niais, le discours bourre le crâne à grands renforts de pseudo-réflexions sur l’importance de la vie et du respect des autres. Un message à haute portée philosophique, recasé pour la énième fois au besoin des mécanismes habituels. A savoir un jeu de massacre sans queue ni tête, voire un quelconque embryon scénaristique. Alors que le retour de Cary Elwes – mythique Docteur Lawrence Gordon de l’épisode originel – laissait entrapercevoir un léger espoir de renouveau, Saw 3D ne décolle jamais véritablement, et se contente d’utiliser le personnage à des fins purement accessoires. Voire ridiculement honteuses. Très léger dans le fond, le métrage s’affranchit donc de ses « révélations finales » avec un laxisme débonnaire. En résulte un twist final furieusement fumeux et forcé. Attendu depuis les premières séquences, ce dernier met fin à une intrigue outrageusement étirée et riche en invraisemblances navrantes.

 

 

A l’instar de Saw 6, Kevin Greutert mène son métrage en pilotage automatique. Une nouvelle fois, les personnages ne servent strictement à rien, constat à peine masqué par son script résolument je m’en foutiste. Placés au cœur des pièges en simple chair à canon, bon nombre de protagonistes voient donc leur présence limitée à quelques couinements avant la découpe de rigueur. Saw 3D s’habille donc grossièrement d’une trame scénaristique globale – un faux survivant du Jigsaw déambule dans un labyrinthe maousse-costaud –, mais tente misérablement de rythmer son histoire par quelques séquences de boucheries animées d’inconnus totalement étrangers à l’histoire. Outre le plaisir mesquin de voir le pénible chanteur de Linkin Park se faire déglinguer en bonne et due forme, ces interludes n’apportent strictement rien à un métrage déjà bien fourni en matière de gore gratuit. Pire, ces dernières n’empêchent nullement le tout de naviguer dans une monotonie soporifique. Chiantissime à souhait, Saw 3D n’impressionne plus tant le gore se veut grand-guignolesque. La faute à des pièges au gigantisme ultra-prononcé – le mécanisme de scie, disposé sous les yeux du public sans que personne ne tique un seul instant –, complexité de façonnage qui inscrit comme d’ordinaire le travail de Kevin Greutert dans un irréalisme total. Sidérurgistes chevronnés et propriétaires de multiples hangars gigantesques parsemés au quatre coins de la ville, les douze complices du fameux Jigsaw continuent à mettre en place des structures bigger than life sans éveiller le moindre soupçon. Le tout en sus d’une activité professionnelle convenable. Furieusement réaliste et à l’image de l’initiateur de ce grand projet, refroidi depuis quatre épisodes mais néanmoins capable de planifier les événements sur deux décennies.

 

 

Techniquement, Saw 3D mute malgré tout de la nullité crasse au désormais acceptable. Emballé dans une réalisation moins rapidement torchée que ses prédécesseurs, le métrage abandonne partiellement les séquences épileptiques illisibles au profit d’une plus grande sobriété. Déjà moins friand de séquences frénétiques et d’effets foisonnants, Kevin Greutert parvient au moins sur ce point à livrer un résultat regardable, bien que non exempt de quelques inévitables résurgences du passé. Si le montage ultra-cut « made in MTV » habille sans surprise certaines séquences, les effets superflus et illisibles se font suffisamment rares pour rendre l’ensemble digeste. Dommage que cette bonne tenue générale soit constamment plombée par une exécrable direction d’acteurs, à commencer par un Costas Mandylor – Mark Hoffman, légataire officiel de Jigsaw depuis le quatrième volet – inexpressif au possible. 

 

 

N’échappant à aucun moment au constat habituel, Saw 3D s’avère minable de bout en bout. Triste fin pour une franchise prometteuse fusillée par les ambitions commerciales et les délais précipités – un film par an –. Saw pourra néanmoins se targuer d’avoir enfanté un genre Torture-Porn un temps lucratif, et de l’avoir en partie enterré quelques mois plus tard. Chapeau bas.

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Behlian 10-04-2011
Faut admettre la 3D est bien... mais strictement inutile (encore un pur caprice de producteur). Pour résumer, disons que ce n'est pas la pire des suites (remarque faire pire que le 3 et le 6 ça aurait été mission impossible) mais on l'impression, qu'ils essayent juste de sauver les meubles (enfin ce qui l'en reste). Il fût un temps où Saw se limitait au chef-d'oeuvre de James Wan sorti dans quelques salles de bon goût; aujourd'hui cette saga est devenu pire que la saga Hellraiser (qui après le numéro 2 nous a quand même donner de bonnes daubes). Une chose me gêne encore plus: celui-ci est censé être le dernier, mais j'ai peur qu'au vue des chiffres du box-office (la saga n'avait jamais engrangé autant depuis le 4), les producteurs aient envie de relancer la poule aux oeufs d'or. Enfin ne parlons pas de malheur. Voyez plutôt les autres films de Wan (Dead Silence et Death Sentence), lui au moins il a fait des bons trucs.

 

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