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Critique Saw VI

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En six films en autant d’années, la franchise Saw s’est au moins affranchie d’une indiscutable qualité : faire ressentir au spectateur toute l’horreur traversée par ses indénombrables protagonistes, tant le visionnage de chaque nouvel opus répond désormais du parcours du combattant. Depuis longtemps inscrite dans les soubassements de la médiocrité, la saga n’en reste étonnamment pas moins rentable, et poursuit sa surenchère dans la violence gratuite et les scénarios tarabiscotés. Saw VI n’échappe pas à la règle instaurée depuis le troisième épisode, et s’inscrit dans la logique continuité de son bien peu illustre prédécesseur. Une nouvelle fois et sans surprise aussi idiot et vain, le métrage de Kevin Greutert dresse un bien piètre tableau du genre horrifique.

 

 

Sacrifiées depuis des années sur l’autel d’un mercantilisme à peine camouflé, les prétentions artistiques dont témoignait le très bon James Wan sur le premier métrage de la série répondent désespérément aux abonnés absent. Shooté dans un format 1.85 absolument dégueulasse, le premier film de Greutert s’habille d’une réalisation de clochard à peine digne d’un immonde téléfilm allemand. Tout sent la précipitation dans ce pseudo-film plus proche de l’utra-Z que d’une œuvre de cinéma, à commencer par une technique défaillante qui ne fait qu’accentuer la probable inexpérience d’un cinéaste déjà mort et enterré. Monteur sur les précédents volets, cancre absolu de la piètre école Darren Lynn Bousman (Saw II à IV), Kevin Greutert rend une copie salement parsemée de plans approximatifs dopés aux pires effets MTV. Célèbre pour ses mouvements de caméra incessants, la saga atteint ici un summum en se parant de séquences illisibles au possible sublimées par le ridicule des situations. Rien n’est stable dans ce grand-huit gerbant, qui ne cultive désormais qu’une relative affiliation à son modèle d’origine en calquant bêtement son image délavée et ses décors cradingues. Saw VI se veut poisseux, noir et glauque, mais le tout se profile parallèlement comme un métrage opportuniste et facile, sans autre véritable objectif que celui de livrer des effets outrageusement gores et tellement tirés par les cheveux qu’ils n’instaurent plus aucun réalisme à l’histoire. Car au delà d’un emballage bâclé et à peine acceptable qui s’est instauré comme marque de fabrique de la série, Saw VI parvient à faire encore mieux que les deux derniers épisodes, en opérant un vulgaire duplicata d’un troisième opus déjà bien faiblard dans le fond. 

 

 

Le script déroulé par les deux tacherons de service Patrick Melton et Marcus Dunstan se contente d’en dupliquer les grandes lignes : perdu dans un irréaliste labyrinthe parsemé de pièges saugrenus, la victime du jour se voit confronté aux choix cornéliens habituels, sans pour autant se voir véritablement mise en danger par les pièges d’un Jigsaw décidemment diablement visionnaire. Bien que le tueur au puzzle ne passe pour la première fois au second plan au profit de son légataire Marc Hoffman, le développement de son personnage flirt désormais avec la science-fiction pure et simple. Déjà doté d’un QI que l’on imagine très supérieur à la moyenne de son vivant, le Jigsaw a planifié tous les événements pour les vingt prochaines années, envisagé toutes les réactions de ses multiples collaborateurs - à croire que les désaxés courent les rues - et loué des multitudes de hangars pour la mise en place de pièges tellement complexes et démesurés qu’ils en deviennent incroyablement ridicules. Le tout sans jamais éveiller les soupçons d’un service de police bien incompétent. Irréaliste à souhait, Saw VI n’en oublie pourtant pas d’afficher un sérieux qui force le respect, le métrage essayant misérablement de jouer avec un spectateur depuis longtemps lassé de l’exercice de style. Saw VI s’autorise ainsi un tir à vue sur le système de santé américain, critique éculée aux accents tellement prononcés qu’ils en deviennent grotesques. Faussement intelligent, vraiment prétentieux, la saga Saw et ses indénombrables retournements de situation se montre aujourd’hui aussi compliquée que le Larousse en quatre-vingt douze volume. 

 

 

Ultime preuve de son scénario aussi noueux qu’une tresse africaine, Saw VI passe presque autant de temps à reculer qu’à véritablement avancer. Le premier tiers se construit ainsi sur les traditionnels flashbacks de flashbacks, ces derniers n’apportant désormais rien de plus que les furtives apparitions de protagonistes éliminés du jeu depuis quelques épisodes. Inutile au bon fonctionnement du film, Amanda Young marque  d'ailleurs son retour à l’occasion d’un chapelet de scènes superflues et inutiles. Malgré cette accumulation de carences, Saw VI parvient pourtant à s’extirper de la médiocrité dans laquelle il se complait à l’occasion d’un double twist final qui sonne moins forcé que d’ordinaire. Plutôt réussis, les deux cliffhangers ne suffisent malheureusement pas à sauver un film à la morale douteuse et qui se contredit lui-même en opérant pour la première fois au charcutage d’un innocent. Un choix qui ruine définitivement la philosophie fumeuse sur le respect de la vie instaurée par des dialogues à la profondeur insignifiante. Lien de cause à effet, les acteurs de seconde zone témoignent d’un jeu au ras du plancher - l’expression idiote de cette femme se coupant un bras dans un épileptique montage de circonstance -, probablement mis à mal par des délais impossibles à tenir. Les performances de ces derniers sonnent tellement faux que les scènes de Saw VI donnent l’impression d’avoir été capturées en une unique prise, bien que l’éternel revenant Tobin Bell ne parvienne une nouvelle fois à s’imposer malgré la relative inutilité de sa prestation.

 

 

Purement commercial, Saw VI est un film révoltant sur tous les aspects. Une boursouflure inutile à une saga décevante qui n’encourage à aucun moment à la réflexion, fait d’autant plus inquiétant lorsque la série continue sa progression vers une popularité grandissante. A noter que le doublage français est tout aussi calamiteux que ce désastre cinématographique, juste retour des choses. Si l’affiche présente la prétention racoleuse de « revenir aux origines », on se demande au final à quel moment cet étron fumant recoupe l’œuvre du passionnant James Wan. Un zéro pointé pour un film a boycotter de toute urgence. 

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