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Critique Scarce

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Evoqué récemment sur le site, Scarce est un petit film canadien réalisé par deux novices, Jesse T. Cook et John Geddes. Ne vous fiez pas à la pochette DVD et Blu-Ray qui arbore explicitement « Par le réalisateur de Saw 2, 3 et 4 » puisque même après le visionnement, on se demande encore quel est le lien avec Darren Lynn Bousman. Et en fait, la réponse est toute simple. Il suffit de jeter un œil à la pochette canadienne pour se rendre compte qu’un commentaire de Darren Lynn Bousman y figure avec entre parenthèse « the director of Saw 2, 3 & 4 ». Nos amis français n’ont rien trouvé de mieux que de mal interpréter cette phrase ou tout simplement de la détourner en espérant que personne ne s’en rende compte, et emballé, c’est pesé. Cette entourloupe n’est donc pas à mettre sur le dos de ces deux jeunes réalisateurs mais Scarce atteste tout de même avec brio que la volonté ne suffit pas.

 

 

Trois snowboarders se perdent en Pennsylvanie sur le chemin du retour et décident de s’arrêter dans un bistro miteux pour se restaurer et en profiter pour demander leur chemin. L’un des clients leur indique une route, et en empruntant celle-ci, nos trois jeunes vont avoir un accident. Partis chercher de l’aide, ils tombent sur une cabane abritant un duo de cannibales. Il est clair qu’un tel scénario existe uniquement dans le but de justifier un enchaînement de scènes gores et de dégustation de chair fraîche. C’est une raison suffisante mais ce n’est pas pour autant que Scarce exploite intelligemment le sujet. En plus de proposer un script réchauffé, tout ce que touchent les deux canadiens se transforme en banalités truffées d’un amateurisme compréhensible mais navrant. La passion des jeunes cinéastes en général tends à insuffler une fougue certes pas toujours maîtrisée, mais qui a le mérite de proposer quelque chose de divertissant. Même si on ressent cette volonté et si on imagine les conditions éprouvantes du tournage (les protagonistes courent pieds nus, en short et T-shirt dans la neige), la pellicule qu’ont mis sur pieds Jesse T. Cook et John Geddes ressemble plus à un métrage de fin de carrière d’un réalisateur peu inspiré en manque de moyens. La preuve en est dès les premiers instants avec une scène d’introduction totalement inutile qui nous présente un homme nu ensanglanté courant dans les montagnes. Quoi, c’est tout ? Oui, c’est tout. Cette introduction résume plus ou moins ce qui va suivre, une succession de scènes sans intérêt, malgré tout parfois réussies, qui aurait bien eu besoin d’un léger travail de montage.

 

 

La présentation des personnages est faite de manière classique. Les trois protagonistes (dont deux sont les réalisateurs) sont mis en scène lors d’une soirée alcool, sexe et lesbiennes complètement futile dont l’intérêt réside uniquement dans la volonté de montrer quelques paires de seins. Certes, le sexe est monnaie courante dans le genre, mais l’introduire de manière intelligente n’est pas chose complexe. Ici, nos deux compères nous livrent cette nudité avec un je m’en foutisme aigu d’un air de dire, « Ca, c’est fait. ». Avec un début de film plutôt fun, le reste du métrage s’annonce finalement beaucoup plus glauque que prévu et la photographie est assez bien faite dans ce sens. Malgré des paysages enneigés devant lesquels on s’émerveillerait en temps normal, ceux-ci deviennent rapidement menaçants et tomber sur un redneck consanguin ne serait guère surprenant. L’une des seules réussites de ce métrage est donc l’atmosphère qu’il réussit à installer tout au long de l’histoire. Scarce est dans l’ensemble un film lent, il faudra patienter la moitié du film avant que quelque chose ne se passe. Une attente cruelle qu’elle, d’une part, ne nous permet pas de nous attacher aux protagonistes, ce qui va entraîner un total désintéressement quant à leurs péripéties futures et, d’autre part, que l’ensemble des scènes n’apporte quasiment rien à l’histoire si ce n’est montrer que l’autochtone est faussement accueillant (oui, il prend un air méfiant quand les jeunes sont retournés). Le spectateur se retrouve donc dans la fâcheuse situation où la venue d’un petit évènement sera peut être l’unique échappatoire pour sortir de son ennui.

 

 

Après quarante cinq minutes de bâillements intensifs, ce qui devait arriver arrive, les autochtones ont faim. Le spectateur comprend rapidement que les snowboarders ne sont pas tout à fait les vedettes de cette aventure et c’est ici Steve Warren, un allergique aux premiers rôles, qui porte le film sur ses épaules. Il interprète Ivan, un chasseur psychotique qui chasse pour survivre à l’aide de son acolyte, Wade (Gary Fischer), au look du tueur à la faucille et au marteau de La Cité De La Peur, mais n’attendez tout de même pas que l’un des personnages réplique « Meurs ! pourriture communiste ! »… hum. Les deux vilains apparaissent comme de vrais animaux sadiques et prennent un malin plaisir à jouer avec leurs victimes. L’autre point fort du film sont les effets spéciaux concoctés par The Gore Brothers où les CGI ne sont pas de rigueur, un gore old school qui tâche. Un divertissement fauché qui ne sous entend pas l’horreur et ni la souffrance, mais qui reste malheureusement totalement inoffensif.  Les amateurs de torture et de splatter y trouveront probablement leur compte mais la mollesse globale de la pellicule nuit lourdement aux revirements de situations.

 

 

Scarce s’apparente à un survival bricolé avec passion mais sombrant trop souvent dans le prévisible et l’ennui. Jesse T. Cook et John Geddes ont probablement des ressources inexploitées et plus d’une idée derrière la tête mais ce premier métrage est surtout la projection d’une appétence mal maîtrisée. Cliché et monotone.

Auteur : TIBO

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