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Critique Scream 4

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Débarqué avec fracas au milieu des nineties, Scream aura engendré dans son sillon une vague de renouveau en matière de slasher-movie. Prétendu mort et enterré, le mouvement gagnait à cette époque un second souffle, majoritairement insufflé par une addiction accrue des foules adolescentes. Un phénomène inattendu et parallèlement de courte durée, le classique de Wes Craven ayant inspiré malgré lui une foultitude de nanars pur premium tournés à la hâte dans l’unique but de surfer sur la vague. Ironiquement, la franchise Scream finira elle-même par sombrer via un troisième opus ridiculement grossier. La faute à une production chaotique – le tournage débutera sans véritable scénario – ainsi qu’à la précipitation habituelle des exécutifs, plus prompts à miser sur le marketing qu’à véritablement s’attarder sur la teneur artistique du projet. Extirpée des archives du genre, la franchise connait pourtant aujourd’hui un sursaut inattendu. Longuement fantasmé, Scream 4 confirme pourtant la seule règle clairement avancée par Craven depuis le premier opus : les suites ne se profilent au mieux qu’en honnêtes copycat de leurs modèles originaux.

 

 

Bouclé près de onze ans après la prétendue fin de la franchise, Scream 4 déboule pourtant dans un contexte plutôt favorable. Dégueulant de torture-porn malsains et inintéressants, le genre tourne depuis quelques années à vide, uniquement motivé par une surenchère gerbante et artistiquement proche du néant. Capturant une œuvre aux contours résolument classiques, Craven contrebalance la tendance et tente à nouveau le morceau de péloche fun et décomplexé. Second degré et bourré de références ultra-codifiées, son travail se présente comme une petite bouffé d’air frais. Métrage sans prétentions autres que celle de divertir efficacement, Scream 4 impose sans surprise ses fondations sur un script vu et revu. Une bande d’adolescents imbéciles, quelques figures connues – l’ensemble du casting initial répond étonnamment présent –, le tout saupoudré d’un début de critique sur la déshumanisation d’une génération 2.0 abrutie aux images et aux informations tous azimuts. Si Craven se risque à un semblant de message, son œuvre reste malgré tout anecdotique en la matière. Bâtie sur un fond proche de l’encéphalogramme plat, Scream 4 se sort jamais de son carcan étriqué de petit slasher enquillant les scènes de meurtres avec une régularité quasi-métronomique. Parfois efficace dans son approche, l’ensemble se risque à un mitraillage intempestif des dernières productions horrifiques – remakes et autres séquelles à répétition – sans pour autant proposer de développement particulièrement fouillé. Pire : si le tout adopte des entournures similaires au film original, Craven trébuche à de nombreuses reprises vers un ridicule involontaire.

 

 

Emaillé de séquences inutiles – l’introduction calamiteuse, à base de « film dans le film dans le film » –, Scream 4 s’épanche occasionnellement vers un grotesque de situation plutôt horripilant. En témoigne un usage répété du gore outrancier, voire parfois totalement improbable. Si les effusions sanguinolentes abusives n’impriment pas pour autant le travail de Craven d’une violence gratuite et purement opportuniste, le choix artistique présente une fâcheuse tendance à écarter le projet du semi-réalisme jusqu’ici présenté par la franchise – le flic s’écroulant définitivement en prononçant un ultime « Fuck Bruce Willis » –. Bien que l’ensemble se veuille assassin envers les dérives cinématographiques actuelles, le caractère pédant de Scream 4 termine de noircir le tableau. Plutôt prétentieux dans sa prétendue habilité à se jouer des codes, le métrage tente minablement d’imposer quelques retournements inattendus avant de se vautrer quelques séquences plus tard dans une conformité navrante. Inutile d’espérer un quelconque prise de risques de la part de Wes Craven. Là ou le H2 : Halloween 2 de Rob Zombie osait avancer une vision personnelle et furieusement jusqu’en-boutiste, le réalisateur manque furieusement de couilles et livre un métrage prévisible en tous points. Léger et tout juste divertissant, Scream 4 souffre d’un rythme chiantissime passé la première moitié du métrage. Une probable conséquence d’un sentiment nostalgique étiolé au fur et à mesure des meurtres.

 

 

Le traitement infligé aux différents protagonistes témoigne d’une négligence tout aussi regrettable. Esquissés par-dessus la jambe, les personnages n’apportent clairement rien de neuf à la saga. Voire se révèlent d’une inconsistance totale, à l’instar d’une Gale Weathers – Courtney Cox – transparente et inutile au possible. Seule la réalisation vient faire mention honorable, Craven maitrisant parfaitement son langage. Bien que maitrisée et agréable – exit l’utra-cut et autres séquences épileptiques –, Scream 4 reste pourtant imparfait en la matière. Désireux de poser sur pellicule un métrage à l’habillage old-school, le cinéaste opte pour une image granuleuse qui trouve ses limites à l’occasion d’une petite flopée de séquences sombrement éclairées. Et qui inscrivent le tout dans une esthétique dégueulasse à peine digne d’un direct-to-video shooté avec les moyens du bord. Etonnant, mais excusable. 

 

 

Bien que décevant, Scream 4 reste partiellement agréable à visionner. A condition de faire abstraction de ses nombreux défauts et d'oublier le glorieux passif de la saga. A trop jouer la carte de la déconne assumée, le tout se perd désormais dans une direction radicalement opposée à celle du projet initial. Une séquelle inutile.

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Combien font : 76+28

Votre réponse :

Rouquin 22-10-2013
Scream 4 se hausse à la hauteur de la trilogie. J'ai adoré !
Tonton 30-04-2011
J'ai plutôt bien aimé. C'est si rare de voir un slasher au ciné maintenant qu'il faut pas trop en demander et j'ai trouvé papy Craven plutôt bien inspiré même si le scénar tourne un peu en rond. Je me suis pas ennuyé un seul instant et c'est déjà une très bonne chose !!

J-E 21-04-2011
Au contraire, j'ai trouvé ce film très réussi. Le film reprends tous les codes des slashers et ce n'est pas pour me déplaire. Le début est surprenant et met dans l'ambiance, tandis que la fin est tout à fait surprenante. Wes Craven aurait pu se rater avec ce film mais je pense qu'en revenant aux codes du premier, il a su faire de Scream 4 quelque chose de plaisant et d'amusant à regarder.
TIBO 17-04-2011
Perso, j'ai trouvé ça excellent. Tous les clichés/codes du slasher sont là, enfin un film qui les utilisent intelligemment. Des défauts il y en a mais la narration est maîtrisée et la tension est gérée au poil. Même s'il n'atteint pas le premier volet, je me suis vu comme un gosse plus de 10 ans en arrière. Un très bon Craven.

 

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