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Critique Scream Girl

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Todd Strauss-Schulson s’est fait bon artisan du film potache avec Le Joyeux Noël d’Harold et Kumar, troisième épisode encore inédit en France des aventures désopilantes de deux fumeurs de marijuana. Le cinéaste en avait profité pour témoigner de son tempérament irrévérencieux et d’une volonté de faire dans l’humour décalé, quitte à sortir du schéma traditionnel de la comédie US. Avec Scream GirlThe Final Girls en version originale –, Strauss-Schulson en explose littéralement le cadre, au propre comme au figuré. Original et fun à souhait, son second long s’affiche autant comme un vibrant hommage au slasher old-school qu’en pure pépite indé’ au second degré pétillant.

 

 

Les eighties ont donné naissance à bon nombre de slashers cultissimes, parmi lesquels les inévitables – et interminables – franchises Vendredi 13, Halloween ou encore Sleepaway Camp. Des films simples, parfois crétins mais particulièrement prisés des aficionados de midnight movies. La formule tient en peu de choses : une bande d’adolescents libidineux, un tueur indestructible au look iconique, quelques explications plus ou moins vaseuses sur ses origines, un zeste d’érotisme soft et une certaine ingéniosité en matière de mises à mort. Bien que foncièrement daté – malgré une courte renaissance au cours des années 90 –, le slasher offre encore aujourd’hui quelques beaux rejetons, pour bon nombre tourné dans un style rétro respectueux de l’approche initiale. Avec Scream Girl, Todd Strauss-Schulson se risque à une approche légèrement différente en usant d’un ressort narratif à la naïveté digne des plus grands films d’aventure d’antan. Lors d’une projection de « Camp Bloodbath », ersatz de Vendredi 13 dans lequel une équipe de moniteurs se fait massacrer à la machette par un imposant tueur masqué, cinq adolescents se trouvent « absorbés » dans le film. Ces derniers vont devoir mettre en œuvre leur connaissance du genre afin d’aider les protagonistes du métrage à survivre à la vengeance de Billy Murphy. Max Cartwright, jeune fille des années 2000, y retrouve par ailleurs sa mère décédée. Ou du moins, son personnage de Nancy.

 

 

Le synopsis ouvre donc le champ de tous les possibles. Todd Strauss-Schulson s’en amuse en livrant un métrage incroyablement frais, savamment rythmé et bardé de clins d’œil savoureux. Le cinéaste reprend l’ensemble des poncifs du slasher-movie pour les tourner en dérision, à commencer par le grand classique de la virginité perdue, signe de mort imminente. Cocasse et décomplexé, Scream Girl est cependant bien plus qu’un « petit » hommage. Strauss-Schulson use en effet de la grammaire cinématographique pour plonger ses adolescents dans une foultitude de situations tordantes. Ces derniers pourront ainsi anticiper l’arrivée du psychopathe lorsque retentit une musique inquiétante – le fameux « tch-tch-tch » piqué à Vendredi 13 –, conjuguer avec un slow-motion handicapant lors d’un passage clé ou avec la perte de leurs couleurs lorsqu’ils se voient plongés en plein flashback. Le run final est pour sa part absolument jouissif, Strauss-Schulson s’éclatant à mettre en scène un scénario qui vire dans le plan à la Scooby-Doo. Du bon gros délire. Scream Girl laisse pourtant un curieux arrière goût : alors que le produit s’adresse clairement aux fins connaisseurs de séries B et autres nanardises horrifiques, le film mise sur un lissage parfaitement crétin de toute violence cartoonesque. Exfolié de gore et de nudité – soit les principales caractéristiques du slasher efficace -, le travail de Strauss-Schulson fait preuve d’une scandaleuse pudeur afin de gagner sa classification PG-13. Dommage.

 

 

Le réalisateur compense le manque de gros rouge qui tache en emballant son produit avec un réel soin artistique. Todd Strauss-Schulson injecte à ce Scream Girl un style propre et impose sa touche en s’affranchissant de nombreux plans ou mouvements inattendus, voire virtuoses. Si la caméra reste plutôt virevoltante, le métrage s’avère parfaitement lisible et bénéficie d’une direction photo au poil, de couleurs chatoyantes ainsi que de retouches numériques rares mais bien intégrées.  La bande originale reste par ailleurs l’un des gros points forts de ce projet à l’ancienne, Strauss-Schulson tapissant ses images de multiples thèmes délicieusement rétros, souvent clichés mais parfaitement accordés aux images. Le casting  est également particulièrement sympathique, à commencer par le second couteau Adam DeVine, qui offre un festival de boutades bien grasses et déjantées.

 

 

Bien qu’imparfait – notamment en raison de sa timidité à user d’un poil de sang –, Scream Girl est un sacré bon divertissement. Extrêmement drôle et novateur, le métrage se profile par ailleurs comme un très beau et respectueux « détournement » d’une formule slasher qui a fait les beaux jours du cinoche horrifique américain. Les nostalgiques des eighties apprécieront. Les autres aussi.

 

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