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Critique Sex Addict

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Frank Henenlotter, c’est un peu un mélange entre Abel Ferrara (Driller Killer) et John Waters (Multiple Maniacs). Auteur de Frères De Sang et de ses suites, d’Elmer le Remue-méninges ou encore de Frankenhooker, Henenlotter s’est imposé dans l’art du burlesque et du mauvais goût. Des œuvres toutes plus délirantes les unes que les autres. Après plus de quinze ans d’absence, son dernier bébé en date est donc Sex Addict, un mélange entre comique, érotisme et déviance dont l’intérêt du visionnement se résume à un enchaînement de séquences extravagantes mais gentillettes. Un film cheap sans prétention.

 

 

 

Pourtant porteur d’un scénario sympathique munit d’un potentiel d’exploitation sans fin, Henenlotter nous livre une pellicule certes fantaisiste mais malheureusement qui ne saisie pas toutes les opportunités qui s’offrent à lui.  Sex Addict met en scène deux personnages génétiquement différents, un homme et une femme, malheureux et déchirés par le fardeau qu’ils doivent assumés. Jennifer est munie de sept clitoris et est condamnée à satisfaire son désir charnel. Batz,  lui, arbore un pénis absolument gigantesque qui n’en fait qu’à sa tête et qu’il se doit de rassasier s’il veut avoir la paix. L’histoire de ces deux êtres est racontée parallèlement et ceux-ci finissent par se rencontrer. Un pitch pour le moins pas banal, un pitch vers lequel on ne peut pas ou ne doit pas se tourner si l’on ne compte pas aller jusqu’au bout des choses et toucher le spectateur. Malheureusement, Frank Henenlotter ne va pas au bout des choses et se contente d'un enchaînement de gags. La première partie du film est pourtant plutôt bien ficelée. Celle-ci est centrée sur Jennifer, un être envers lequel les sentiments de dégoût, non pas à cause de sa déformation mais à l’encontre de ses actes, et de pitié s’entremêlent. Une femme qui doit assumer sa différence et dont le traumatisme du premier amour a radicalement changé sa personnalité, condamnée à inclure le sexe dans sa vie, non pas comme un plaisir, mais comme une drogue, une nécessité, un besoin vital. Les hommes font office d’objets sexuels et finissent la plupart du temps le crâne fracassé. Sans cesse tiraillée entre la satisfaction de liberté et le désir d’affection, Jennifer se bat pour trouver sa voie.

 

 

Outre ses sept clitoris, Jennifer a la particularité de souffrir d’hypermétabolisme et ses organes reproducteurs fonctionnent donc à un rythme accéléré. En conséquence, quand une femme ordinaire met neuf mois à accoucher, Jennifer se retrouve avec un bébé dans les mains seulement deux heures plus tard. Des progénitures hideuses qui n’ont pas le temps de se construire et qui vont finir illico presto aux ordures. Afin de contribuer à l’absurde la situation, Jennifer désire ses grossesses dans le seul but de se procurer encore plus de plaisir quand elles sortent de son ventre. Pendant longtemps à la recherche d’une explication rationnelle, Jennifer se convainc qu’elle a été créée pour une seule raison : Dieu veut la baiser. Frank Henenlotter introduit un aspect divin à travers la quête de Dieu dans une situation totalement déviante. Du côté de Batz, le mal être est plus profond, plus perceptible. On pourrait le définir comme une sorte de Dr. Jekyll (lui) et M. Hyde (son pénis). Bien que son pénis fasse partie intégrante de son corps, celui-ci est doté d’une personnalité propre et ils peuvent donc communiquer entre eux. Batz ne vit que pour satisfaire son côté sombre usant de nombreuses drogues et s’étant même fabriqué une imposante machine à se masturber. Bien que ces deux protagonistes tendent vers le même objectif de satisfaction sexuelle, les deux personnalités s’opposent radicalement, le ying et le yang, le bien et le mal. D’un côté, Jennifer est une personne beaucoup plus épanouie, misandrogyne, égoïste et meurtrière tandis que Batz est un homme plus introverti, timide, inoffensif voire attentionné. Deux être qui vont finalement se rencontrer et se compléter.

 

 

Côté casting, on ne retrouve pas de stars, un métrage tel que Sex Addict n’attire pas forcément les foules. Ce n’est pas un problème puisque Frank Henenlotter a plutôt l’habitude de se tourner vers des têtes moins connues. Les protagonistes répondent aux noms de Charlee Danielson et d’Anthony Sneed pour leur première expérience cinématographique. On retrouve également le rappeur R.A. Thorburn, qui aussi producteur du film, ou encore l’actrice porno Jelena Jensen pour une scène cocasse sous la douche. Le déroulement du métrage n’a pas de trame réelle et n’est qu’un enchaînement de séquences absurdes et burlesques arrachant heureusement quelques sourires : séance photos avec des rappeurs qui lèche le visage de femmes arborant un masque en forme de vagin, un pénis qui s’introduit dans les maisons pour se taper les bimbos résidantes, une séance de masturbation à l’aide d’une machine concoctée spécialement pour çà et ainsi de suite. L’intérêt du métrage peut se trouver dans un plaisir coupable à suivre une fausse romance entre deux individus atypiques reflétant les affres de la sexualité contemporaine. Après toutes ces années, Frank Henenlotter a réussi à conserver et à insuffler son état d’esprit et sa vision des choses mais aurait bien eu besoin d’un coup de pied aux fesses pour réveiller sa fougue d’antan.

 

 

Le CV plutôt solide de Frank Henenlotter laissait présager une œuvre radicalement jubilatoire mais s’en suit un divertissement hônnete difficile à accepter face au potentiel certain d’un tel script et d’un tel talent derrière la caméra. Plus destiné aux amateurs d’érotisme qu’aux spectateurs à la recherche de sensations fortes, Sex Addict est une pellicule que l’on peut adorer ou détester mais il faut lui reconnaître une certaine originalité.

Auteur : TIBO

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