film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Sexy Killer

Fiche     Critique    Acheter le DVD / BluRay

pub

Réalisateur de deux comédies americanpiennes de bas étage, Miguel Marti s’attaque aujourd’hui au genre aux côtés du scénariste Paco Cabezas. Même si ce dernier a déjà livré un Les Disparus sombre et honnête, le duo n’est pas des plus étincelants à la vue des premières images de ce Sexy Killer. Jouant sur tous les fronts, le métrage brasse de nombreux sous-genres et se truffe de clins d’œil sur un air déjanté et coloré. A vouloir trop en faire, la pilule s’avère difficile à avaler et Sexy Killer se transforme en un pot pourri de 100 min qui peine à convaincre. Faussement racoleurs avec leur serial killeuse sexy, les compères ne misent pas tout sur cet aspect et s’efforcent de proposer une plus-value, pour le sympathique comme pour le pire.

 

 

En jetant un œil à la jaquette et après avoir lu le pitch, on aurait pu s’attendre à du déballage de décolleté et des gros plans de postérieurs en pagaille. Certes, le quota minimal est respecté mais cet aspect est rapidement relayé au second plan pour laisser place à une approche plus fantaisiste et sanguinolente. Barbara est une étudiante fashion victim et serial killeuse à ses heures perdues. Sévissant sur le campus, elle donne du fil à retordre aux enquêteurs. Un jour, deux étudiants inventent malgré eux un sérum s’avérant réveiller les morts. Les victimes de Barbara reviennent ainsi à la vie et sont bien décidées à prendre leur revanche. L’utilisation de la femme fatale n’est pas tout neuf dans le cinéma de genre et cache le plus souvent une inconsistance scénaristique accrue – bien que parfois plaisante –, mais ici, la pellicule a bien compris que l’on ne peut pas miser entièrement là-dessus si l’on souhaite livrer un tant soit peu de substance. Premier exemple dans le choix de son héroïne au physique avantageux mais au visage assez particulier qui l’empêche d’être cataloguée comme bimbo de service.  Dans un sens, le résumé se révèle légèrement trompeur. Annonçant une structure scénaristique plutôt classique, Sexy Killer n’en fait rien et part dans tous les sens en survolant chaque élément avancé sans jamais s’y attarder. Du slasher pur au film de zombies, le périple perd rapidement pied.

 

 

La première partie – d’environ une heure – est centrée sur les méfaits de Barbara, perpétrant ses meurtres les uns après les autres. L’héroïne se profile comme une indomptable, ni pute, ni soumise. Cet aspect vient être accentué par le parti pris de narration – totalement sans intérêt – où la protagoniste rencontre un automobiliste belliqueux auquel elle décide de raconter son histoire, agrémentant son récit de quelques inoffensives tortures sur son interlocuteur, ou encore lorsque celle-ci s’adresse directement au spectateur pour créer une certaine proximité avec ce dernier, proximité dont la pertinence reste encore obscure. Dans ce premier segment, si de rares mises à mort s’avèrent inventives, le tout laisse une impression de fouillis total, lassant et saoulant le spectateur jusqu’au point de non retour. Ne sachant jamais où poser leur baluchon, Miguel Marti et Paco Cabezas en font des caisses et enchaînent les séquences sans se soucier d’une quelconque fluidité, préférant aligner les blagues potaches sans concession. Un humour digne des mauvaises suites d’American Pie qui semble être recyclé des précédents métrages du réalisateur. Si tous les gags volent au ras des paquerettes, il faut reconnaître que le bodycount s’offre une place de choix, les cadavres s’empilant les uns après les autres et l’hémoglobine éclaboussant l’assemblée sans pour autant sombrer dans le gore outrancier. Volontairement excessif et sur joué pour tenter d’insuffler un esprit burlesque, Sexy Killer ne réussit que par son inconsistance et sa maladresse ambiante.

 

 

Essayant d’étoffer son personnage principal en lui greffant quelques sentiments à travers un ersatz d’histoire d’amour, les géniteurs ne font que mettre sur pied un fond ennuyeux et sans intérêt. Déjà plongé dans un ennui profond, le spectateur profite de quelques soubresauts dans un final mettant en scène la résurrection des victimes de Barbara. Bien que les zombies viennent relever – très – légèrement le niveau, Sexy Killer ne parvient jamais à garder la tête haute, étant beaucoup trop chaotique et rarement drôle. Pour les plus soucieux du contenu, on dénote également une critique furtive du consumérisme et de l’aspect superficiel de la mode, prétexte à digression sans grande portée. Malgré tous les défauts du métrage, la réalisation s’en sort plutôt bien, la photographie livre un esprit loufoque et coloré à travers différentes ambiances et des décors fantaisistes bien travaillés, de quoi affirmer sa propre personnalité, aussi peu charismatique soit-elle. Les quelques fans peu exigeants pourront s’occuper en comptant les nombreux clins d’œil et références dont se pare la pellicule – pas des plus fins, il faut l’avouer –, mais toute la bonne volonté manifeste dont font part les deux compères ne suffit pas à toucher le public.

 

 

Si la bonne humeur est le maître mot de ce Sexy Killer, elle n’est malheureusement pas à son avantage. Les sensibles à l’humour boutonneux peu astucieux pourront peut-être y trouver leur compte mais le manque de cohérence à tous les niveaux nuit considérablement au film. Ce n’est pas avec Sexy Killer que les mégères trouveront leur étendard.

Auteur : TIBO

Critique vue 5709 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 74+48

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction