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Critique Shark 3D

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2011. David R. Ellis livre sa vision de la Sharkeploitation avec près de vingt ans de retard. Mouvement involontairement déclenché par Steven Spielberg et son brillant Les Dents de la Mer, le sous-genre reste quasi-intégralement constitué de navets ultra-Z mal-fagotés. Petite exception, Peur Bleue avait su à la fin des nineties miser sur les progrès techniques pour s’imposer comme un bon divertissement aux ambitions pop-corn bien maitrisées. Une orientation également adoptée par le travail d’Ellis, renommé Shark 3D afin de tenter une affiliation bancale au succès du remake de Piranha du frenchy Alexandra Aja. Réalisateur intéressant dans son développement de la franchise Destination Finale et par la suite rodé aux b-movie crétinisants – Des Serpents dans l’Avion –, David R. Ellis livre pourtant une copie relativement anecdotique. Et ce même en matière de déconne.

 

 

« Burger Bikini Party ! ». L’affiche annonce clairement la couleur. Ou du moins essaye. Le synopsis initial déroulait pourtant tous les éléments propices à lorgner vers un petit bis fun et jouissif. Une bande d’adolescents crétins gagne une petite île privée afin de passer week-end défonce à l’Américaine. A peine arrivés, le footballeur vedette et musclé se fait bouloter un bras à l’occasion d’une séance de ski nautique. Relativement médiocre, le pitch n’essaye pas de délayer la sauce. David R. Ellis déroule son métrage sans véritable temps mort, ce dernier n’ayant pas de véritable contexte à installer. Tant mieux. Dépouillé de matière grise, Shark 3D relègue les bavardages et autres études psychologiques aux abonnés absents. Le film ne présente pas d’autres prétentions que celle de se profiler en métrage du dimanche soir, le développement restant par la suite ultra-convenu et bardé des clichés habituels – les téléphones ne captent pas, dommage –. Personnages stéréotypés à l’extrême, suspens inexistant, situation attendues, love-story pourrave, Shark 3D se cantonne parfaitement dans son rôle de film de survie. David R. Ellis se contrefiche visiblement de ses personnages, malgré une ridicule tentative d’imposer une petite ribambelle de bad-guys minables en grands responsables de l’apparition des bestioles dans la région. Rednecks invétérés, les « méchants » de Shark 3D s’avèrent relativement fendards tant ils présentent la gueule de l’emploi : moustaches d’un autre temps, hygiène déplorable, balafres bien visibles. Cerise sur le gâteau, le pseudo-cerveau de l’affaire écoute du heavy-metal.

 

 

Cette ribambelle de bouseux décérébrés apporte une vision bien manichéenne au traitement de Shark 3D. Sans surprise, les adolescents débilo-responsables – l’intello de service trouve une place logique au sein de cette étude primaire de la jeunesse Américaine – contrastent merveilleusement avec le look has-been des tough-guys du bayou. Muscles suintants, pimbêches nanties d’anatomies à damner un saint – Sara Paxton tourne l’intégralité du métrage en bikini –, l’incursion des jeunes citadins branchés reste uniquement prétexte à justifier quelques séquences de viande hachée. Alléchant. Sauf que David R. Ellis ne parvient pas véritablement à titiller l’excitomètre. Très loin du fun déjanté d’un Piranha 3D, le cinéaste se fend d’un teen-movie insipide et résolument chiant. Très timidement gore, Shark 3D en vient même à reléguer ses requins au second plan, voire à présenter ses séquences de carnage hors-champ afin de ne pas trop choquer l’assistance. Déjà peu nombreuses, les mises à mort sont rapidement torchées, la jeunesse hype s’avérant systématiquement ingérée en quelques coups de mâchoires. Reste un film plein de vide, meublé par des requins sauteurs – les bons des bestioles hors de l’eau restent particulièrement ridicules – qui dézinguent sans effusion de sang. Inutile dans ce contexte d’espérer les traditionnels effeuillages de rigueur, les naïdes de Shark 3D n’ôtent le haut que dos à la caméra. Frustrant.

 

 

Bien consensuel dans le fond, Shark 3D adopte parallèlement une réalisation passe-partout. Déjà doté d’une esthétique téléfilm plutôt dégueu, le métrage de David R. Ellis se voit comprimé dans un format 1.85 assez cheap. Le cinéaste emballe le tout avec le même manque d’inspiration que son scénario. Plans foireux, requins visuellement nazes, effets de ralentis / accélérés dignes des pires comédies, Shark 3D cumule les tares. Bien que doté d’un budget bien plus confortable qu’une majeure partie de films mettant en scène des prédateurs aquatiques – le furieux Rogue, autrement plus intéressant –,  le métrage s’avère techniquement médiocre. Le tout gagne quelques gallons par son casting, juste convenable. Difficile pour les acteurs de s’imposer au vu de la médiocrité des personnages dépeints. Dustin Milligan – Destination Finale 3 – s’en sort malgré tout avec les honneurs, face à une Sara Paxton complètement à l’ouest. Dommage pour la jeune actrice, pourtant excellente dans le remake de La Dernière Maison sur la Gauche.

 

 

Shark 3D n’a rien du film désagréable ou dérangeant. Mieux, le travail de David R. Ellis se laisse engloutir d’une traite et sans véritable bâillement. L’ensemble reste juste incroyablement commun et insignifiant. Un casse-dalle cinématographique gentiment raté.

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