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Critique Shining

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Shining, le film, aura au moins déçu une personne. Seule incursion de Stanley Kubrick dans l'horreur, Shining se profile comme l’un des plus terrifiants métrages qui soient mais se distingue du roman dont il est adapté de telle manière que son réalisateur se mettra à dos l'auteur de Simetierre et La Ligne Verte. Pourtant fidèle à l'intrigue, Kubrick préférera se concentrer sur le personnage de Jack Torrance incarné par Jack Nicholson, plutôt que sur celui de son fils médium, Danny. Les dons de l’enfant, fort présents dans le roman, sont ici réduits à la portion congrue quand bien même leur importance se révélera capitale vers la fin du métrage. Bref, que vous ayez lu le livre ou non, Shining de Stanley Kubrick reste encore à ce jour une perle dans son genre, tant le soin et le talent apporté font la différence. Shining est une œuvre séminale qui laissera des traces sur le cinéma à venir. On pense notamment à David Lynch par l'utilisation de la musique et du son, éléments de premier plan ici tout comme dans le cinéma de Lynch post DuneBlue Velvet, Twin Peaks, Lost Highway –.

 

 

Jack Torrance, ancien professeur et alcoolique au comportement violent, accepte de garder l'hôtel Overlook, perdu en pleine montagne. Coupé du monde pendant six longs mois d'un hiver rude, ce dernier est accompagné de sa femme Wendy et de leur fils Danny, qui possède un don de médium. Sans avoir encore posé un pied dans l'hôtel, Danny va entrevoir quelques visions d'horreur le prévenant de ce qui les attends, lui et ses parents, une fois installés là-haut. Les semaines passent et les événements étranges s'accumulent tandis que Jack semble perdre pied. A moins que ce soit l'hôtel le responsable ? Kubrick a tout compris au genre. Menant son récit d'une main ferme, allant droit à l'essentiel, il ne laisse rien au hasard. Chaque séquence, chaque plan doit nous mener quelque part. Et il ne s'agit pas d'accumulation de scènes sans queue ni tête. Au contraire. Dès la séquence où Danny entrevoit ce qui les attend à l'hôtel, on sent que le film ne va se laisser plomber par des scènes inutiles et sans intérêt. Faisant monter la tension de manière indéniable, elles ont en plus l'originalité d'être quasiment découpées en trois, à l’instar du nombre de personnes logeant à l'Overlook. Celles avec Jack le montrent de plus en plus dérangé ou perdu dans ses pensées. Celles avec Wendy nous servent de lien avec la réalité, car elle n'est pas affectée de manière directe par ces phénomènes qui frappent sa famille. Danny, lui, représente l'innocence, et semble intéresser ce ou ceux qui hantent l'hôtel – la relation avec l’enfant est moins ambiguë dans le livre –. Il est le fil conducteur, celui qui nous amène à entrevoir le cauchemar derrière la beauté des lieux.

 

 

Kubrick livre avec Shining l’un de ses travaux les plus aboutis, révélant au passage la toute jeune steadicam, caméra qui permet d'effectuer des travellings fluides à l'aide d'un bras articulé fixé sur le cameraman. La grande importance de cette caméra permet des séquences de toute beauté, au rythme millimétré et carré, telles la promenade dans le labyrinthe ou les tours en kart à pédale de Dany. Des scènes qui permettent de délivrer de purs moments de terreur, Kubrick filmant presque tout en pleine lumière, fait rare dans le genre. Ce dernier permet ainsi aux acteurs  – et surtout ce cabotin de Nicholson – de jouer une partition des plus saisissantes. Il faut rajouter à cette mélodie parfaite le complément idéal, la bande son. Qu’il s’agisse de la musique ou des bruitages, le tout confère une ambiance étrange au film, et on ne sera pas étonné d'apprendre que Lynch ait pu trouver là une source d'inspiration, même inconsciente. En effet, la musique se veut sombre, lugubre, et envoûtante à la fois, sans effets d'esbroufe ou d'envolées lyriques. Le générique somptueux – si on excepte l'horrible lettrage du titre – met immédiatement dans l'ambiance. Kubrick est connu pour livrer des films assez froids émotionnellement, et Shining ne déroge pas à la règle. Il occulte délibérément de son scénario les séquences anodines du livre – le nid de guêpes, les déplacements en ville – pour mieux se concentrer sur la lente transformation et l’enfermement progressif – au propre comme au figuré – des protagonistes. Le ton est glaçant, tendu et ne lâchera pas le spectateur qui s'y laisse prendre jusqu'au générique final. Ce dernier s’ouvre d’ailleurs après une fin très différente dans sa conception de celle du roman de Stephen King : ici l'hôtel n'explose pas.

 

 

Mise en scène au cordeau, scénario rentre dedans et tendu, bande son au diapason, et acteurs presque tous parfaits. En effet, si Shelley Duvall joue bien la femme dominée, peureuse et docile, son hystérie frôle parfois le ridicule parfois. Un petit point noir, que  certains pourront justifier par un excès de réalisme... Qui dit Shining dit Kubrick, mais également Jack Nicholson, qui nous offre rien de moins que la prestation de sa carrière. Toujours inquiétant même dans ses moments calmes et dans les moments où il lâche prise sur la réalité, il parvient à dérouter avec un unique regard évocateur. Possession ? Folie ? A chacun de voir, Kubrick ne donnant pas toutes les clés. Quoi qu'il en soit, les presque deux heures du métrage passent comme un coup de vent, offrant un spectacle déroutant et violent – l'ascenseur qui saigne, le massacre des jumelles, l'apparition de Grady couvert de sang –.

 

 

Shining est souvent cité comme une des œuvres les plus marquantes du cinéma,  et pas seulement d'horreur. Si Kubrick nous gratifie d'un de ses meilleurs films, c'est parce qu'il a su adapter le roman de Stephen King à sa sauce, en insistant essentiellement sur l'enfermement des personnages – dont le directeur de l'hôtel parle en début de film – plutôt que sur l'aspect fantastique – exit les buis vivants ou les cauchemars de Danny –. En effet, si King assure sur papier, l'outrance ne sied guère à ses adaptations, les plus réussies étant sobres et ne gardant que l'essence de l'œuvre. On en vient presque à regretter que Kubrick n'ait pas réitéré dans le genre – même si certains passages de Eyes Wide Shut s'en approchent – tant son talent éclate encore une fois de plus à l'écran.

Auteur : TONTON

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