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Critique Shutter Island

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Certains cinéastes n’ont plus rien à prouver. Ils se contentent juste de nous transmettre le plaisir qu’ils ont à tourner, qu’on y soit réceptif ou pas. Scorcese est probablement – avec Eastwood et Spielberg - un de ceux pour qui tourner un film est plus qu’un travail tant ses derniers films font preuve d’une jubilation étonnante pour un réalisateur dont la carrière s’étire sur plusieurs décennies et à qui l’on doit de multiples chefs d’œuvre tels Les Affranchis, Raging Bull ou Taxi Driver. Mais Scorcese aura rarement abordé  l’horreur – si ce n’est via le final dantesque de son remake de Les Nerfs à Vif - et si aujourd’hui, il se plie à l’exercice, c’est pour mieux nous surprendre. Ici point d’extravagance ou de folie douce comme le personnage de De Niro dans le film sus cité.  Shutter Island, sous couvert d’intrigue policière, est  sombre, tendu et au final bien plus qu’un banal thriller. Il se range aux côtés de prédécesseurs aussi illustres que Seven ou Le Silence des Agneaux, films donnant un visage humain à l’horreur, tout en s’en éloignant, grâce à la touche Scorcese en somme.

 

 

1954. Au large de Boston se trouve une île nommée Shutter Island où trône un hôpital psychiatrique pour malades sévèrement atteints. Le Marshall Teddy Daniels – veuf suite à la mort de sa femme dans un incendie  - et son nouveau  coéquipier Chuck Aule ont pour enquête la disparition d’une patiente de l’hôpital, Rachel Solando, évanouie littéralement dans la nature. Les deux policiers vont découvrir que l’île recèle de mystères encore plus grands tandis qu’une tempête fait rage, empêchant toute communication avec l’extérieur. Scorcese, en adaptant le très noir roman de Dennis Lehane, y a sans doute vu un nouveau moyen d’explorer les tréfonds de l’âme humaine, comme il aime si souvent faire  – remember Les Nerfs à Vif ou le méconnu A Tombeau Ouvert, et c’est  sans retenue aucune qu’il nous entraîne dans une enquête glauque, où la folie irrigue les esprits et où les faits et les souvenirs sont volatiles et glissent entre les doigts du personnage incarné par Di Caprio. Scorcese crée une ambiance lugubre dès le début du film, avec tout ce qu’il faut pour que l’on comprenne bien que sur l’île, seuls les méandres obscurs de l’âme seront à l’honneur.  Brouillard, cauchemars, personnages ambigus – Le médecin joué par Max Von sydow, d’origine allemande, qui rappelle à Teddy à ses traumatismes de soldat libérateur de camps de la mort - flashs du passé. Tout concourt à une claustrophobie permanente qui prendra tout son sens lors de la révélation finale, qui sans en révéler la teneur, est bien amenée et se fond dans le film sans que cela en fasse un twist basique du genre de ceux dont on nous abreuve régulièrement depuis Sixième Sens de Shyamalan. L’environnement joue un rôle essentiel dans cet aspect du film et aussi bien le cadre – une île, sans échappatoire - que la topologie des lieux – falaises, murailles, grillages - renforcent cette sensation d’être captif dans cet enfer.

 

 

Ne comptez pas prendre une respiration ou vous relâcher durant Shutter Island, Scorcese ne laissant à aucun moment la tension retomber, l’augmentant même lors d’une scène formidable, où, à l’aide d’allumettes, Di Caprio se fraye un chemin dans l’obscurité du plus dangereux des bâtiments de l’asile. Là, Scorcese en démontre à bon nombre de spécialistes de l’horreur et se rapproche du face à face Hannibal Lecter – Clarice Starling du  Silence des Agneaux. Il prouve avec ce film – comme s’il en était besoin – qu’il est un des meilleurs metteurs en scène actuels et qu’il sait s’adapter à n’importe quel sujet. Le scénario s’éloigne assez peu du roman, si ce n’est que les énigmes dont ce dernier est parsemé sont mises de côté car peu cinégéniques. Il  reprend essentiellement la base de l’intrigue et en renforce l’aspect visuel, et sous des airs classiques, possède suffisamment de rebondissements et de scènes géniales pour se distinguer du lot. Sans oublier le soin apporté aux détails, qui prendront leur importance à un moment ou un autre de l’intrigue, telles les cigarettes que fument le héros ou ses hallucinations.

 

 

Scorcese sait bien s’entourer et Shutter Island ne déroge pas à la règle. Il y retrouve son nouvel acteur fétiche, qui après notamment Gangs of New-York ou Les Infiltrés, démontre encore une fois tout le talent dont il est capable avec ce personnage de flic au bord du rouleau, victime de traumas qui nous valent certaines des meilleures scènes du film – l’exécution des nazis entre autre. A ses côtés, Michelle Williams – oui celle de Dawson, dans un rôle difficile s’en sort très bien, ce qui est un peu moins le cas de Ben Kingsley. La musique, qui comme d’habitude chez Scorcese est essentielle, accompagne admirablement les moments d’angoisse du film et est l’œuvre de différents artistes. Signalons à nouveau l’importance des décors que l’on doit à Dante Ferretti, et qui sont pour beaucoup dans la réussite artistique du film.

 

 

Shutter Island est une œuvre dont on ne ressort pas le cœur léger, mais plutôt une de celles qui vous l’étreint de manière insidieuse, surprenante, de par la nature même de l’intrigue et surtout de son dénouement, auquel il est difficile de rester insensible. Encore une fois, Scorcese réussit un tour de force, et explore de fort belle manière l’esprit humain et ses recoins obscurs. Aussi, laissez-vous guider et ayez toujours en tête que dans Shutter Island, la vérité se pare d’atours peu glorieux.

Auteur : TONTON

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