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Critique Shuttle

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Présenté cette année au festival de Gerardmer dans la sélection Inédits vidéos, Shuttle est le premier long métrage d’Edward Anderson, scénariste de Flawless. On y retrouve notamment Peyton List (Smallville), Cameron Goodman (Rise), l’inquiétant écossais Tony Curran, que l’on a pu voir dans Underworld : Evolution ou encore Cullen Douglas, un abonné des séries TV. Avec Shuttle, Edward Anderson empreinte des sentiers battus, on peut penser notamment à Hostel, laissant augurer une pellicule révélant une impression de déjà vu. Mais il n’en est rien, Shuttle sait se démarquer sous plusieurs facettes se gratifiant d’une bonne dose d’originalité.

 

 

 

Shuttle nous livre un pitch simplissime dont l’absence de cachet pourrait en repousser plus d’un. Mel et Jules rentrent des caraïbes et doivent prendre une navette pour rentrer chez elles, direction Los Angeles. Sous une pluie battante, lorsque la première se renseigne sur les tarifs, la seconde se voit proposer un trajet pour moitié prix par un chauffeur d’apparence banale. Une fois montées à bord avec quelques passagers, l’enfer ne fait que commencer. Tout d’abord, la photographie est très réussie et nous plonge d’entrée dans une atmosphère glauque et inquiétante. Les éclairages sont peu nombreux et quand ceux-ci sont présents, ce n’est que dans le but de nous immerger dans un environnement aseptisé. Les plans sont bien choisis, pas de shakycam ou de cadrage foireux, l’action se suit naturellement, chose pas toujours évidente chez certaines productions récentes. Une fois dans le bus, le film prend une toute autre tournure et le malaise commence à se faire sentir. Tony Curran nous fait part d’une performance posée et obscure. La psychologie de son personnage est très bien travaillée et se dévoile un peu plus à chacun de ses agissements. Un vilain méthodique avec un sens de l’improvisation aigu face auquel nos protagonistes vont devoir se dépasser s’ils veulent tenter de survivre. Shuttle nous mène rapidement au premier twist qui, bien qu’il soit clairement exposé comme tel, surgit d’une manière inattendue et brutale.

 

 

Edward Anderson se différencie grâce à un métrage inventif dans lequel aucun détail n’est laissé au hasard. Au fur et à mesure de l’avancement, la situation des personnages ne fait qu’empirer. Un des points forts du film est la relation qu’entretiennent ces personnages entre eux, celle-ci évolue constamment et nous fait bien prendre conscience qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Oubliez les bimbos sans cervelle, nos deux héroïnes se révèlent bien plus matures qu’elles en ont l’air et se profilent petit à petit comme de vraies survivantes. Le rapport de force bascule constamment et nos gentils protagonistes ne sont pas les seuls à devoir se défendre. Les motivations de notre vilain restent volontairement confuses et aucun de ses agissements ne laisse présager ses réelles intentions. Un bus comme unique élément de décor pourrait vite virer à l’ennui, mais le scénario y remédie parfaitement, les passagers auront régulièrement droit à des arrêts pour le moins étranges qui vont provoquer chez eux une désorientation, appuyant un peu plus la tension présente. Outre ces interruptions, le bus recèle de nombreuses particularités qui vont se manifester au fur et à mesure de la progression de l’histoire. Cette première partie est truffée de rebondissements et nous tient en haleine grâce à une mise en scène implacable.

 

 

Le réalisateur a préféré mettre l’accent sur une violence psychologique plutôt que sur des scènes gores et c’est exactement là où il fallait appuyer. L’horreur de la situation ne se trouve aucunement dans la dégradation physique ou la mort des personnages mais bien dans ce qu’ils sont entrain de subir psychologiquement dans une confusion totale. Ce qui leur arrive suite à l’embarquement n’est que la conséquence de leurs actes et non celle du sadisme du chauffeur. Là où le film est pertinent, c’est que le sort s’acharne sur Mel et Jules sans aucune raison, de ce fait, aucun élément ne nous permet de deviner pourquoi et pourquoi elles. De nombreux scénarios se doivent et parfois même s’obligent à se justifier face au sort que subissent les protagonistes. Shuttle ne s’excuse à aucun moment, ça arrive, c’est tout. Malgré des personnages crédibles et travaillés, leurs actes apparaissent parfois stupides et on peut se demander s’ils ne sont pas légèrement masochistes sur les bords. Le plus gros défaut de Shuttle est sa seconde partie. Une fois arrivé à bon port, on commence à se douter des intentions de notre bad guy sans pour autant en être totalement sûr, la progression tourne un peu en rond jusqu’à la finale qui va remettre en question les manœuvres du chauffeur. Le film traîne un peu la patte, le rythme s’enlise et les scènes se rallongent inutilement. La tension s’efface presque totalement et ce qui se déroule devant nos yeux n’est là que pour retarder l’inévitable aboutissement du métrage durant lequel ce à quoi on vient d’assister prend tout son sens.

 

 

Shuttle n’est pas parfait mais a le mérite d’être percutant et imaginatif. Ce premier long métrage laisse présager qu’Edward Anderson est un réalisateur à suivre. C’est une œuvre qui n’est pas totalement aboutie, mais on se doit cependant de saluer l’inventivité du scénario, l’efficacité de la réalisation mais aussi la performance des acteurs. Si on vous propose un trajet à moitié prix, vous savez ce qui vous reste à faire, sortez la monnaie, tournez les talons et payez le prix fort.

Auteur : TIBO

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