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Critique Sin City : j'ai tué pour elle

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Sin City avait occupé pendant de nombreuses semaines la file de tête du box office. Respectueusement adapté par le trio Robert Rodriguez, Quentin Tarantino et Franck Miller himself, le comic-book le plus sombre et déglingué de ces dernières années trouvait dans ce premier film un reflet quasiment parfait. Annoncé à de multiples reprises et éternellement repoussé pour d’obscures raisons financières, Sin City : j’ai tué pour elle aura pourtant sombré pendant près d’une décennie dans un le development hell. La quasi-majorité de l’équipe à l’origine du premier volet rempile aujourd’hui pour un nouveau segment qui s’articule autour de l’une des historiettes les plus passionnantes de l’œuvre littéraire de référence. Une nouvelle fois secondé par Miller, le mexicain le plus bad-ass de tous les temps s’impose ici en artisan complet – Rodriguez signe la réalisation, supervise le scénario, assure le montage et l’habillement sonore – et livre un film ultra-buriné, beau à en pleurer et nettement plus cohérent que son prédécesseur.

 

 

Rien n’a changé à Sin City, berceau du vice et de la corruption. Rodriguez et Miller tirent des lignes scénaristiques dans la directe continuité du métrage initial, œuvre dense et parfois foutraque, et en profitent pour en corriger les scories. L’approche se veut formellement similaire, mais  Sin City : j’ai tué pour elle affiche une trame générale moins éparse. L’ensemble reste en effet segmenté et articulé autour d’histoires courtes, mais le film parvient à greffer à son déroulé des liens solides et intéressants entre ses différents « chapitres ». Les deux co-auteurs usent du personnage de Marv et du bar de Nancy pour raccrocher toutes leurs idées, ces deux éléments centraux restant communs aux trois grands récits. Johnny, joueur de poker virtuose, arrive à Sin City avec l’intention de défier la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy est pour sa part manipulé par la redoutable Ava Lord, une ex aux plans diaboliques. De son côté, la strip-teaseuse Nancy Callahan a sombré dans l’alcoolisme depuis le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Tous ces personnages brisés, parfois violents, vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City.

 

 

Le chapitre tiré du comic-book J’ai tué pour elle occupe sans surprise une place centrale, et se profile comme la partie la plus efficace du film. Politiquement incorrect, violent à souhait, ce court-métrage dans le long affiche une rythmique soutenue et un déroulé rigoureusement fidèle à la version papier. Rodriguez et Miller ne modifient en effet la trame du comic-book que pour greffer de ci et là du liant avec les autres mini-épisodes, rajouts globalement subtils et bien trouvés. Ambiance sombre et ultra-sexy – Eva Green, vénéneuse, se livre totalement –, action pétaradante, rebondissements à la chaine, J’ai tué pour elle présente toutes les qualités du revenge-movie seventies, le tout habillé d’une approche artistique redoutablement travaillée. Sublime. Totalement inédits, les deux autres histoires sont légèrement moins passionnantes, mais parviennent à raccrocher les événements de ce second opus à ceux du film précédent. Malgré la multitude de personnages, Rodriguez et Miller rédigent un script habile reposant à part égale sur chaque protagoniste, sans pour autant s’articuler autour d’une formule classique héros / anti-héros. Sin City : j’ai tué pour elle se profile de ce fait comme un métrage imprévisible, certes étrangement structuré mais fluide et jamais dénué de fil conducteur. L’atmosphère résolument noire et violente est envoutante, presque hypnotisante, et impose au film un climax redoutablement efficace dès les premières séquences. Du grand art.

 

 

Sin City : j’ai tué pour elle est un redoutable tour de force technique. Usant sans parcimonie des couleurs sombres, le travail graphique superposé aux images réelles fait une nouvelle fois de l’œuvre un produit hybride et anti-conformiste par excellence. Le montage est extrêmement subtil, rapide mais parfaitement lisible, et le film use d’images « dessinées » pour cartooniser une violence très présente mais jamais gratuite. Si l’esthétique du métrage s’avère incroyablement léchée, Rodriguez et Miller atténuent pourtant étrangement la puissance de leurs cadrages en optant pour un format 1.85 là où un scope large et généreux aurait été plus approprié. Un choix probablement relatif à l’ajout du traditionnel gadget relief, qui n’apporte rien de plus au film. Dommage. Carton plein cependant côté casting. La majeure partie des acteurs déjà connus rempilent avec une motivation inchangée – Jessica Alba est parfaite – alors que les nouveaux intervenants s’investissent souvent corps et âme. On pourra certes regretter le personnage un peu inutile interprété par le talentueux Joseph Gordon-Levitt ou encore le place limitée laissée à l’hilarant Christopher Lloyd – le cultissime Doc Brown –, qui  donne ici naissance à une courte séquence bardée d’humour noir.

 

 

Froidement accueilli par la critique, Sin City : j’ai tué pour elle fait pourtant preuve d’une belle intégrité dans le traitement de la bande-dessinée de Frank Miller et d'un soin formel artistiquement poussé. Le « ride » supervisé par Rodriguez est fascinant, dangereux, explosif. Un polar semi-ciné semi-BD emballé dans un écrin luxueux, tout juste handicapé par deux-trois longueurs. Une expérience inévitable.

 

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