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Critique Snowpiercer, Le Transperceneige

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Le coréen Bong Joon Ho a le vent en poupe. Auteur de bizarreries cinématographiques des plus étonnantes – Memories of Murder, The Host –, cet auteur multi-facette est parvenu à obtenir les louanges des aficionados d’une certaine forme de cinéma de l’étrange. Tout comme l’approbation d’un public bobo qui se plait désormais à clamer haut et fort que le cinéaste renouvelle « enfin » le genre. Adoubé par la critique avant-même sa sortie, Snowpiercer, Le Transperceneige représente un sérieux défi pour le cinéaste. Malgré l’enjeu international, Joon Ho aborde pourtant cette adaptation de la bande-dessinée de Jean-Marc Rochette, Benjamin Legrand et Jacques Lob de manière résolument anti-conventionnelle. Une quasi-habitude pour le réalisateur, qui livre ici un film particulier, différent et sans concessions.

 

 

La  possibilité d’une terre ravagée par une nature devenue rebelle est un sujet usité jusqu’à la corde pas les post-apo récents, des blockbusters – Le Jour d’Après, 2012 – aux œuvres indépendantes davantage centrées sur l’humain que les effets spéciaux – Hell, le récent The Colony –. En transposant à l’écran le travail des trois auteurs français, Bong Joon Ho offre cependant un angle inédit au registre. Décimée par une nouvelle ère glaciaire amenée par des calculs scientifiques hasardeux, l’humanité doit ici sa survie à un train gigantesque et ultramoderne. Tournant depuis dix-sept ans autour du globe, le Snowpiercer offre un écosystème interne complexe et s’autoalimente depuis les premiers jours de la catastrophe. Au sein de cette structure de métal vrombissante, la hiérarchie des classes s’est recrée sur les mêmes fondements que la société disparue. Souffrant de malnutrition et de la promiscuité, les déshérités de « l’arrière » décident de mener une révolte et s’engagent alors dans une course contre la montre afin de remonter vers les premiers wagons. Avec Snowpiercer, Le Transperceneige, Bong Joon Ho affiche un script hautement explosif. Malgré tout le potentiel de son sujet, ce dernier reste pourtant relativement modeste dans ses ambitions de gigantisme. Radicalement éloigné de toute notion de blockbuster, le métrage se risque dans une fusion osée entre film d’auteur intimiste et spectacle futuriste détonnant. S’il ne renie aucunement l’action burinée et les images parfois dantesques, Bong Joon Ho privilégie une impressionnante sensibilité, souvent teintée d’une profonde noirceur.

 

 

Snowpiercer, Le Transperceneige est une œuvre sombre, aliénante, hypnotisante. Bong Joon Ho semble en effet se jouer continuellement des codes habituels. N’insistant pas outre-mesure sur la violence, celui-ci atténue la brutalité ambiante par un humour souvent déroutant. Le film affiche en effet un petit chapelet de séquences complètement barrées, sporadiquement disséminées de ci et là afin d’imposer quelques « faux » moments de relâchements dans une bobine qui carbure furieusement. Car si Joon Ho prend le risque d’être incompris par une partie du public, désireux de trouver dans son travail un simple divertissement pétaradant, ces séquences restent extrêmement corrosives et critiques envers la société actuelle. Adoptant pour l’occasion un second degré grand-guignolesque particulièrement marqué, Snowpiercer, Le Transperceneige tire à boulets rouges sur l’individualisme, la surconsommation et plus globalement notre indifférence face aux dérapages constants d’un monde qui semble dérailler. Le message est certes abordé avec habilité, mais  Bong Joon Ho livre de ce fait un métrage qui semble parfois partir dans tous les sens. Le cinéaste retombe certes sur ces pattes, mais en abandonnera sans aucun doute certains sur le bord des rails.

 

 

Sur la forme, Snowpiercer, Le Transperceneige est une sacrée claque visuelle. Bong Joon Ho maitrise son art à la perfection, et transcende ici un budget confortable mais néanmoins limité afin de livrer une œuvre d’une extrême beauté. Usant avec parcimonie de prouesses esthétiques, le coréen en renforce inévitablement l’impact, la quête vers l’avant du train offrant son lot d’images déboulonnantes. Dommage que le réalisateur n’ait pas eu l’occasion de bénéficier d’un format scope qui aurait assurément décuplé la puissance des ses plans. Carton plein également en ce qui concerne le casting. Réunissant des acteurs de tous horizons et cultures, Joon Ho reconstitue entre les murs une humanité bigarrée, crédible dans son unité et sa cohabitation. Chapeau bas.

 

 

Snowpiercer, Le Transperceneige est un très bon film. Rythmiquement bien mené, esthétiquement impressionnant, le métrage est également relativement complexe. Si les fanatiques de bobines post-apocalyptiques y verront un réel renouveau, le grand public pourra présenter des difficultés à en saisir toutes les infimes subtilités. L’expérience s’avère cependant unique et mérite amplement un visionnage attentif.

 

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