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Critique Soeurs de Sang

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Certains films ne laissent que peu de place au doute. Remake discret d’un métrage tout aussi méconnu distribué dans les années 80, Sœurs de Sang - Sorority Row dans sa version originale - sort dans une indifférence totale et cumule à son actif réalisateur inconnu, acteurs de seconde zone et bande-annonce relativement calamiteuse. Seul détail notable dans la constitution du casting, la présence de la fille de Bruce Willis, sauveur interplanétaire de l’univers, ainsi que d’une Carrie Fischer - Leia dans la première trilogie Star Wars - quasi-méconnaissable. Des guests-stars qui ne sauvent en rien le premier long de Stewart Hendler du naufrage. Calibré teenager et racoleur au possible, Sœurs de Sang débarque dans les salles obscures avec près de douze ans de retard.

 

 

Dévoilé au cours de l’année 1996, Scream avait relancé pour quelques mois un mouvement « slasher pour adolescent » de manière plutôt ingénieuse, à défaut de révéler des travers véritablement originaux. Exception faîte de quelques sorties notables, le revival n’aura pourtant engendré qu’une ribambelle de copies délavées et sans grand intérêt. Si le réalisateur et les différents participants au projet Sœurs de Sang sont excusables, leur travail donnant lieu à des rémunérations variables, l’attitude des producteurs de ce slasher ringard demeure plus difficilement compréhensible. Sœurs de Sang pose en effet ses fondations sur un synopsis faisandé au plagiat à peine dissimulé. Difficile de ne pas évoquer le sympathique Souviens-Toi… L’été Dernier lorsque les scénaristes s’aventurent dans une histoire de tueuse revancharde surgie des limbes suite à un décès accidentel au cours d’un jeu idiot. Rajoutons à cet accablant constat l’attitude irrationnelle de pseudo-amies qui décideront fissa de larguer le cadavre dans le premier puits venu, le tout avec un aplomb qui en dit long sur l’étude de la psychologie des personnages opérée en amont du tournage. Sœurs de Sang est en ce sens une pure déclinaison du slasher de bas-étage : con, sans originalité, mal fagoté et nanti d’un scénario fumeux, unique prétexte à enquiller les tueries perpétuées par un psycho-killer mystérieux et incroyablement extralucide. Dans la plus grande tradition du genre, ce dernier s’infiltre dans les soirées arrosées sans éveiller le moindre soupçon, massacre les innocents avec une discrétion toute relative et dévoile son identité à l’occasion d’un twist final censé transcender le script par des motivations psychotiques débridées. Essai manqué. Et de loin.

 

 

Sœurs de Sang cultive les aberrations et s’évertue à brasser les pires clichés du genre avec un panache certain. Très Américain dans la forme comme dans le fond, le métrage de Stewart Hendler dresse un catalogue social risible de la faune adolescente. Les mœurs débridées des étudiants présentés par Sœurs de Sang s’éloignent de toute notion de réalité, les protagonistes féminines siliconées et grimées comme des caricatures de mannequins ne manquant jamais d’organiser des fiestas bigger than life dans des logements étudiants - les fameuses confréries - outrageusement luxueuses. L’occasion pour Hendler de capturer sous tous les plans imaginables l’anatomie parfaite d’une ribambelle d’étudiantes plus promptes à se déshabiller à la moindre occasion qu’à potasser leurs écrits philosophiques. Sœurs de Sang ne s’embarrasse clairement pas de détours et se dresse presque en parfaite propagande de l’american way of life : chaque acteur, jusqu’au moindre figurant, présente les proportions typiques du modèle de beauté imposé par les médias actuels. Beaux, musclés, luisants, aguicheurs, les corps s’ébrouent dans cette navrante chronique de la jeunesse dorée comme dans le pire des clips de gangsta-rap. Un tableau parfait à peine entaché par la présence du protagoniste psychotique de service, qui s’évertue à ne décimer que les moins méritants, éternels personnages lubriques ayant recalés toute notion de fidélité ou de sobriété aux figures les plus héroïques du métrage. Les meurtres s’avèrent pourtant être l’unique point positif du film de Stewart Hendler. Très loin de la mention PG-13 attendue, Sœurs de Sang fait preuve d’une violence frontale mais jamais malsaine, le métrage témoignant même d’un certain fun à travers une imposante série de dézinguages azimutés et inattendus. Une non-retenue qui joue définitivement en faveur du capital-sympathie du film, qui s’affuble malgré sa médiocrité de quelques séquences attachantes et brutales à souhait.

 

 

S’il parvient à ces quelques occasions à se détacher de son image de slasher périmé, Sœurs de Sang s’entache parallèlement d’un casting de bas-étage et d’une réalisation proprette et sans aucune ambition. Maquillé en téléfilm de luxe, le métrage de Hendler s’affuble au moins d’une lisibilité parfaite et presque étonnante pour un produit si mercantile. Monté avec un certain soin, avare en shaky-cam et autres séquences épileptiques, habillé d’une direction photo claire et agréable, Sœurs de Sang comble habillement son manque de cachet par une technique bien affutée mais ne parvient malheureusement pas à faire abstraction des pitoyables performances livrés par ses différents protagonistes. Aucun intervenant n’est crédible, à commencer par l’horripilante brochette de dindes aux caractères versatiles dessinés sur des contours grossiers au possible. Si Rumer Willis s’en sort un peu mieux que la moyenne,  ses camarades de jeu se montrent risibles dans toute interprétation un tant soit peu dramatique. La scène enquillée sur la mort accidentelle de la « future revenante » s'avère à ce titre horriblement mauvaise, les actrices muant subitement d’une panique mal simulée à un aplomb à se débarrasser du corps absolument incompatible avec les profonds liens d’amitiés censés les unir. Has been sur toute la ligne, Carrie Fischer cachetonne pour sa part de son côté et mime la femme forte prête à en découdre avec le talent d’un Steven Seagal des grands jours. Totalement bâclée voire inexistante, la direction d’acteurs inscrit définitivement Sœurs de Sang du côté des pires nanards du septième art.

 

 

Inutile et involontairement burlesque, Sœurs de Sang ne se laisse regarder que pour son petit empilement de séquences gentiment gores mais assurément délirantes. Un divertissement raté qui assure pourtant le spectacle par son incroyable médiocrité. Le slasher adolescent semble définitivement enterré plus bas que terre.

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