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Critique Source Code

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Bien que bénéficiant d’appuis non négligeables – il est le fils de David Bowie –, Duncan Jones mène sa carrière avec une rare honnêteté. Réalisateur discret et avant tout motivé par des intérêts purement artistiques, le cinéaste aura monté son premier long-métrage dans une indépendance totale. Non sans avoir fait ses armes dans les milieux moins prestigieux de la publicité et autres projets vidéo de commandes. Longuement mûri et bricolé avec des moyens limités, son premier long, Moon, conserve de ce fait une âme en partie absente des derniers blockbusters faussement estampillés sous la bannière Science-Fiction – la crétine saga Transformers et son esbroufe pyrotechnique en tête de liste –.  Rattaché au projet en pleine phase de pré-production, Jones livre avec Source Code un second essai tout aussi remarquable. Certes davantage artisan que véritable créateur de l’œuvre – ce dernier n’ayant pas officié sur l’écriture –, le cinéaste adapte avec brio une idée parfaitement casse-gueule. A la clé, un métrage brillant et remarquablement mené.

 

 

En soit, Source Code ne propose rien de foncièrement novateur. Usité jusqu’à la corde au cours des deux dernières décennies, le concept de voyage dans le temps – Retour vers le Futur, Un Jour sans Fin, la franchise Star Trek – restait depuis quelques temps l’apanage des productions vidéo du dimanche après-midi. En installant son développement sur l’histoire de Colter Stevens, militaire chargé de remonter huit minutes en arrière dans la mémoire d’un défunt afin de démasquer le responsable d’un attentat, Duncan Jones se risque au genre avec un certain aplomb. Car bien qu’intéressant sur le papier, le phénomène de boucle temporelle n’en reste pas moins relativement risqué. Condamné à shooter à plusieurs reprises les fameux derniers instants précédant l’explosion, le cinéaste se frotte à un risque de répétitivité accrue. Suffisamment habile dans son approche du projet, Jones profite cependant d’un synopsis astucieux pour contourner le problème avec une incroyable maestria. Mieux, Source Code s’autorise une palanquée de rebondissements saisissants, pourtant parsemés au fil d’événements partiellement déjà dévoilés. Finement ciselé, le métrage dévoile son contenant avec une parcimonie maitrisée, égrenant au fur et à mesure des minutes des éléments de réponses parfaitement calibrés. Le scénario de Source Code tient ses promesses et fulmine à l’occasion d’un final aussi explosif qu’audacieux.

 

 

Rondement mené, Source Code se profile en anti-thèse parfaite du film de Science-Fiction Américain. Doté d’un script consistant et accrocheur, le métrage de Jones mise davantage sur le fond que sur la forme, ici relativement classique. Petit film – financièrement parlant – à l’esthétique résolument nineties, Source Code exfolie de son habillage toute notion de pétarade récurrente et autre abus de technologie. Si l’ensemble conserve une indiscutable affiliation au registre fantastique, Duncan Jones en contourne les codes et les clichés pour livrer une œuvre basée sur ses personnages et son déroulé scénaristique. Une audace à contre-courant de la tendance actuelle, plus prompte à miser sur un usage abusif d’une 3D purement gadget, mais un choix autrement plus passionnant. Le mystère cultivé autour du personnage de Colter Stevens ainsi que sur les possibilités offertes par le fameux Source Code offrent au métrage un impressionnant crescendo rythmique, renforcé par une approche technique et artistique relativement soignée.

 

 

Si Source Code ne possède pas le côté clinquant des super-productions modernes, Duncan Jones livre une œuvre aboutie et agréablement emballé. Désireux d’habiller son travail d’une certaine sobriété, le cinéaste laisse de côté plans tarabiscotés et le montage ultra-cut au profit d’une lisibilité appréciable. Bien troussé, bénéficiant d’effets spéciaux convaincants à défaut d’être ébouriffants, Source Code ne pèche que par l’absence d’un format Scope pourtant mérité. Dommage. Jones se rattrape néanmoins sur sa direction d’acteurs, impeccable sur tous les points. Doté d’une distribution discrète mais talentueuse – Vera Esther Fermiga, Michelle Monaghan –, Source Code s’appuie majoritairement sur le charisme d’un Jake Gyllenhaal plutôt inspiré. Loin des gros budgets majoritairement décérébrés dans lesquels l’acteur avait l’habitude d’évoluer – Le Jour d’Après, Prince of Persia –, ce dernier témoigne d’un réel talent derrière sa belle gueule de jeune premier. Une performance remarquable et accordée à son implication, ce dernier ayant lui-même convaincu Duncan Jones de rejoindre le projet.

 

 

Débarquant en pleine suprématie d’une « technologie relief » gommant le fond au profit des explosions et autres idioties visuelles, Source Code se présente en bouffée d’air frais. Un vrai moment de cinéma fantastique, intelligent et original. Un film sans défaut notable, amené à prouver que le septième art reste une affaire de cœur plus que de fric. Immanquable.

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