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Critique Space Time : L'ultime Odyssée

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« Le cœur d'un homme trouve le moyen de s'éteindre quand il ne comprend pas la raison. C'est ce qui explique, que la nature a toujours été une source d'inspiration. Tout à une finalité. Il y a certaines choses que nous ne voyons pas ». Voila le genre de tirade qui condense, en un minimum de mots, l'idée générale de Space Time – Love en version originale – de William Eubank. Une idée simple, un concept presque naïf du « sens de la vie », voire un rattachement instinctif à certaines valeurs essentielles parfois mises de coté. D’emblée le genre « Space Opéra » est assumé, appuyé par une bande originale signée par AvA – Angels and Airwaves – et leur « Space-Rock » très caractéristique. C'est à travers cette collaboration que Space Time prend une tout autre dimension. Les membres de Ava sont très représentatifs du milieu pop-rock actuel, avec des musiciens venant de différents groupes prestigieux, comme le batteur de Offspring et Rocket from the Crypt, le bassiste de The Distillers ou encore Tom Delonge, guitariste des Blink 182 et fondateur de ce même groupe. Au final tout cela donne des images sublimées par des mélodies épurées et une musique offrant un support de choix à cette histoire. Il est important d'insister la dessus, car les dialogues sont rares et les ambiances primordiales. Et pour cause.

 

 

Nous sommes en 2039, Lee Miller est astronaute et il vient d'être envoyé en orbite autour de la terre, à bord d'une station spatiale. Suite à une panne générale, il est coupé de tout contact avec la planète bleue et ne peux donc plus rentrer chez lui. La découverte d'un journal intime, caché dans l'appareil, le plonge lentement dans les méandres du temps et de la folie. Différentes ambiances sont donc présentes dans ce métrage. Certaines décrivant des scènes de la guerre de sécession en 1864, à travers un régiment de soldat acculé par l'ennemi et prèt à mourir dans une dernière charge héroïque. Les filtres sont légèrement flous, relevant la couleur ocre à la manière de Jean Pierre Jeunet sur Un long dimanche de fiançailles. Malheureusement un excès de ralentis sur un seul et même mouvement ou une simple action vient gâcher le rythme. Comme la matière noire dans l'espace, les défauts sont omniprésents, mais quasiment imperceptibles. Par exemple, le film ne se déroule que sur trois décors – l'intérieur du satellite, le devant d'une tranchée et des intérieurs de bâtiment lugubre déjà existant – mais filmés sous tellement d'angles différents qu'ils ne deviennent jamais lassants. Autre exemple, le manque d’apesanteur dans l’habitacle de la navette compensé par une pressurisation permanente de celle-ci ou des rotations de sens du cadrage à 90° ou 180°, ce qui évite des dépenses superflues sur le budget final de la production. Une autre catégorie d'ambiance intervient sous la forme de monologue et / ou extraits de vie, qui découpent anarchiquement le déroulement chronologique du métrage. Elles sont filmées en noir et blanc et avec un grain de caméra de surveillance ou de webcam bon marché. Elles nous font découvrir les réflexions profondes d'un jeune militaire fraîchement rentré d'un conflit, d'un retraité désabusé ou d'un père de famille soucieux de ses réflexes paternels. Pour finir le dernier type est celui qui traite de la trame principale du film, donc de ce Robinson Crusoé intersidéral. La comparaison avec 2001 l’odyssée de l'espace nous vient immédiatement à l'esprit et on ne peut qu'être admiratif devant le résultat final.

 

 

L'intérieur exigu de la station spatiale  nous inonde d'un sentiment de claustrophobie propice à la psychose qui se met insidieusement en place. L'infiniment petit piégé dans l'infiniment grand en quelque sorte. Les mouvements sont lents, contemplatifs mais loin d'être soporifiques, car rythmés par la bande originale d’Angels and Airwaves, mais aussi par les activités rébarbatives, relatives à la vie dans cet environnement. La peur de l’abandon et de l’impossibilité de rentrer sur terre laissent place à la nécessité vitale de l’interaction humaine au sens large du terme. Le personnage principal se perd alors dans cette solitude, communiquant avec des voies s’extirpant de sa tête ou un personnage créé à partir d'une photo trouvée, d'un souvenir furtif ou du fameux journal découvert à bord.

 

 

Il a été avancé par des scientifiques que la fréquence – son, conversations, musiques, bruits, émissions de signal radio, H.F, etc... – reste piégée dans l'atmosphère autour de la terre de par son impossibilité à se propager dans un espace sans air. Lee Miller, dans sa souffrance sans bornes, deviendrait il un récepteur de ces fréquences? Un hygiaphone pour la mémoire collective d'une l’humanité ? Il semble bien en fait que ce personnage soit là comme témoin ou plutôt comme gardien de ces souvenirs. La guerre devient centre névralgique de l’œuvre et l'amour se dénonce comme étant la conséquence. Nous sommes alors plongés dans un questionnement permanent sur l’existence et le sens de la vie. L'idée de base est très naïve, voir suintante de démagogie et son traitement aurait pu être similaire, mais ce n'est pas le cas. Car sans le préciser, mais tout en le suggérant, le mot d'ordre s'impose de lui même. Loin d'être directif, il offre au spectateur la possibilité d'articuler sa propre hypothèse.

 

 

Arrivé au terme de ce voyage dans le temps et la mémoire, on se rend compte que le titre original Love est bien plus adapté au métrage que sa traduction française. Romanesque et philosophique à la fois, il est basé sur un concept léger, mais bien exploité. Véritable hommage détourné au cinéma de Stanley Kubrick – voir les dernières scènes dans un style Eyes Wide Shut –, ou bien encore à celui de Mamoru Oshii – Ghost in the Shell, Avalon –, William Eubank évite l'œuvre prétentieuse. Sans s'imposer comme une référence, il arrive à nous offrir une expérience intéressante, à narguer l'ennui, puis à ouvrir les portes d'un questionnement plus personnel. Le sens profond du récit ne se découvre que dans les dernières minutes – pendant le générique de fin – ne nous laissant pas dans une incompréhension totale. Sans trop se prendre la tête, Space Time est une œuvre intelligente, qui évite les aspects négatifs récurant à ce genre de thématique, le tout saupoudré d'une bande originale hypnotique et soignée.

Auteur : MARC D'OC

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Combien font : 58-23

Votre réponse :

Jacques 25-02-2018
Bien qu'adepte du genre, j'ai trouvė ce film (dans le dėsordre) soporifique, inintėressant, incompréhensible, barbant, chiant. N'est pas Kubrick qui veut. Seul point positif, l'esthėtique. Dur de tenir jusqu'au bout...
ghislain db 10-05-2016
IL semble évident que ce film peut être lassant pour beaucoup, mais les amateurs comprendront rapidement la splendeur du film. Tellement de thèmes crutial et fondamental sont évoqués dans ce film qu'on pourrait s'y perdre: la solitude, l'amour, la folie, le mystère...
ils sont tous d'une importante majeur et abordés sous différents angles.
Mais la ou le film surprend, c'est au niveau de la mise en scène. L'astronaute seul dans sa station est mit en parallèle à un capitaine de la guerre de secetion. ce qui donne lieu à de magnifiques images et ralentis sur cette periode de l'histoire trop peu vu au cinema. mais se parallèle nous montre qu'à chaque étapes de l'humanité l'homme ne doit pas être seul.

JuliMad 08-01-2014
Je suis d'habitude extrêmement bon public, et j'apprécie les films recherchés, mais ce film est totalement indigeste.

Vous le dites hypnotique, je le trouve plutôt soporifique.

Sous prétexte de faire passer un message se voulant profond (alors qu'il est d'un simplisme affligeant), ce film nous noie sous une interminable suite de séquences souvent déconnectées les unes des autres et d'une inconsistance déconcertante.

Le fait de placer cette réflexion philosophique dans un cadre spatial ne sert qu'à entretenir la confusion avec 2001 (alors qu'il ne tient absolument pas la comparaison ne serait-ce qu'un instant).

Cela ne m'est jamais arrivé avant, mais j'ai du m'y reprendre à 3 fois pour voir ce film jusqu'au bout. Je me suis en effet effondré de sommeil avant la fin de mes 2 premiers visionnages.

Bref, un film lent, creux, pénible et une véritable épreuve mentale pour tenir éveillé jusqu'au bout -> A déconseiller absolument.
Nico 06-06-2013
Mouais, on peut aussi considérer que ce film est un hommage à maître Stupalachi, qui savait se f. de la g. du monde comme personne.
Au menu: des phrases creuses qui donnent l'impression qu'on fait de la philosophie.
Des images, certes soignées, qui partent dans tous les sens.
Une intrigue tellement "énigmatique" qu'elle en devient limpide. "Bon sang mais c'est bien sûr, le nordiste, c'est un vaisseau qu'il a trouvé."
Et à la fin, l'amouuur zet puis regardez-vous les uns les autres en sortant. Hein.

 

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