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Critique Splice

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Certains réalisateurs se révèlent via leur premier film puis ne donne plus signe de vie, prouvant ainsi que cela relevait vraisemblablement du coup de chance. Vincenzo Natali aurait pu être un de ceux-là. Car après une réussite instantanément culte – Cube- Natali sombra un peu dans l’oubli, noyé dans le succès phénoménal de son film. Car, en dépit d’un Cypher assez réussi mais  peu marquant, et un Nothing intriguant pour les adeptes de pellicules étranges, Natali ne renouvela pas l’exploit de Cube. Jusqu’au film qui nous concerne aujourd’hui, une œuvre sombre, efficace et ambitieuse, proche du cinéma de Cronenberg, et qui mérite une séance de rattrapage après son relatif bide commercial. Ce film, c’est Splice, et c’est assurément un des tous meilleurs de l’année écoulée.

 

 

Clive et Elsa forment un couple un peu exceptionnel. Tous les deux travaillent main dans la main comme biologistes et ont réussi à créer deux animaux hybrides de plusieurs espèces, en combinant différents ADN. Mais, alors qu’ils sont freinés dans leurs recherches par leur supérieur hiérarchique, ils décident en secret de combiner l’ADN humain à ceux des animaux et donnent ainsi naissance à une créature hybride. Mais les émotions humaines vont alors prendre le pas sur le caractère scientifique et révéler ainsi la vraie personnalité de Clive et Elsa. Résumé sommairement, on constate que le pitch du film n’est pas fondamentalement original. Là où Natali fait toute la différence, c’est d’abord en ne digressant pas de ce pitch. Car crions le haut et fort,  Splice est un film de monstre et qui traite du rapport entre le créateur et sa créature, et si originalité il doit y avoir, elle se situe dans le fait que le créateur est un couple et que les deux personnes qui forment ce couple vont devoir gérer une créature finalement bien plus humaine que l’on aurait pu le croire. Sa croissance ultra rapide et son éveil au monde rythment le film et conforte le spectateur pour mieux le surprendre par la suite, et curieusement en n’éludant pas le côté malsain que les relations entre la créature et ses géniteurs peuvent engendrer, notamment au niveau sexuel. Et donc, le scénario, s’il suit une trame assez classique, révèle son lot de surprises, notamment via la créature, prénommée Dren et qui va, un peu à la manière d’un enfant, s’imposer dans le couple au point d’en provoquer presque la rupture, mais là c’est déjà trop en dévoiler.

 

 

Splice est avant tout un film à la fois hors du temps et dans son temps. Dans son temps car les avancées scientifiques et la soif de connaissance sont à la base même du film. Hors du temps car le film se centre dans son déroulement surtout sur les émotions des personnages et leur évolution. Et c’est l’atout essentiel pour ce genre de film où les personnages et leurs interactions sont ce qui va ou pas nous faire croire à ce qui pourrait sembler de prime abord incroyable, ce qui est le cas là. Le personnage de Dren est le cœur du film et celui qui provoque les réactions et les actions des protagonistes. Qu’elle soit à l’écran ou pas, on ressent sa présence et le film est une réussite également à ce niveau-là, en nous faisant croire à l’existence de cette créature plus humaine que les humains, en dépit des apparences. Mais n’allez pas croire que Splice se résume à une version ciné des Sims ou de Black and white. Non, le film se veut effrayant et les rares débordements de violence –et de gore- sont maîtrisés et choquants.

 

 

Les acteurs se devaient d’être exemplaires pour nous faire croire à l’histoire de Splice. Et c’est bien entendu le cas. Pour une fois que je pense du bien d’Adrien Brody, je le dis ! Il est très bon ici, plus à son aise que dans le mauvais Predators. A ses côtés, Sarah Polley est, dans un rôle complexe et ambiguë, superbe de présence et de froideur. Mais la palme revient sans contexte à la française Delphine Chaneac qui interprète la créature, Dren, et qui est tour à tour fragile, féroce ou sensuelle, semblant souvent danser au lieu de marcher,  le tout sous une expression limite enfantine qui confine au malsain. Baignée par une photographie qui donne un aspect parfois clinique au film, la réalisation de Natali démontre qu’il n’y a pas besoin de trop en faire pour bien faire, et sous ses  airs classiques, elle se pare de plans magnifiques, notamment dans la séquence finale qui se déroule dans des bois de nuit. Enfin, comment ne pas citer les effets spéciaux qui donnent vie à Dren, que ce soit numériquement quand elle vient de naître ou classiquement pour faire de Delphine Chaneac un monstre crédible ? Impossible, tant leur réussite éblouit le film et participe à sa crédibilité.

 

 

Splice signe le grand retour de Natali et on peut regretter que malgré son très bon accueil critique, le film n’est pas eu un retentissement plus grand, tant il fait partie de ses œuvres devenues rares sur grand écran, au même titre que The box ou La route. Des films ou les émotions ne sont pas reléguées au second plan et où l’horreur révèle l’être et dévoile le vrai derrière les apparences. Car dans Splice, le monstre n’est pas nécessairement celui que l’on croit. Et si cela n’est guère original, c’est fait de telle manière que le plaisir de suivre Natali dans son univers personnel est bel et bien présent. Alors faites honneur à l’un des meilleurs films de 2010 et courez acheter le DVD – ou le BLU RAY !

Auteur : TONTON

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