film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Spring Breakers

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Harmony Korine souhaitait réaliser un film avec des filles cagoulées en bikini. Partant de cette étrange idée, le cinéaste déroule avec Spring Breakers une expérimentation cinématographique menée par un casting explosif. Car le principal atout du métrage reste bien de rassembler quatre naïades aux formes vertigineuses, aspect très largement mis en avant par une campagne de promotion aguicheuse et quasi-mensongère. De Spring Break, il n’est que rapidement question dans le métrage de Korine, ce dernier préférant s’affranchir d’une bobine si « indé » dans l’approche qu’elle en devient rapidement incompréhensible. Ou inintéressante. A moins que l’ensemble ne soit plus simplement habillé d’un abyssal vide scénaristique.

 

 

L’euphorie alcoolisée du Spring Break. Le rêve pour tout adolescent frustré, fantasmant à longueur de journée sur les images proposées par les nombreux documentaires qui se seront penchés sur le sujet. Installer ses fondations au cœur de la fête la plus extrême de la vie estudiantine américaine reste en soit un point de départ plutôt intéressant. Harmony Korine y jette une bande d’adolescentes sculpturales, mais résolument paumées. Pour financer leurs soirées de débauche, ces dernières braquent un fast-food craspec et filent droit vers la Floride. Ramassées par la police locale lors d’une fête apocalyptique dans une chambre d’hôtel, les filles sont libérées par le malfrat Alien, qui va les initier au frisson du grand banditisme et de l’argent facile. Sans surprise, le quatuor va se mettre à déconner plein tube. Et ce jusqu’à l’autodestruction. Toute la difficulté reste ici d’interpréter les intentions véritables du cinéaste. Le tout laisse un temps penser que Spring Breakers matérialise la volonté d’imager le passage entre deux périodes de la vie, mais Harmony Korine approche la complexité du sujet avec une brutalité si démesurée qu’elle en parait surréaliste. Si l’expérience des drogues, de la sexualité débridée ou encore des délits mineurs reste typiquement lié au cheminement hors de l'adolescence, le réalisateur plonge rapidement ses jeunes muses dans un enfer dont elles ne semblent que partiellement avoir conscience. Le message, ou la simple moralité, reste de ce fait particulièrement difficile à percevoir, d’autant plus lorsque le métrage témoigne d’un machisme incessant.

 

 

Avec Spring Breakers, Harmony Korine dresse un bien triste portrait de la femme. Certes indépendantes et sans complexes, ses sirènes se voient souvent reléguées au rang de putes sans cervelles, bien que celles-ci conservent un certain pouvoir sur le mâle dominant de l’affaire – James Franco, méconnaissable –. Spring Breakers ne raconte rien de bien intéressant – une rivalité entre deux gangs –, et la présence des questionnements métaphysiques de ses quatre pépées en maillot de bain n’ajoute aucune valeur ajoutée. Korine bourrine de manière incessante,  oubliant au passage toute notion de sensibilité, voire même de narration, au profit d’effets de styles multiples et parfois gonflants. Violent, politique incorrect jusqu'à l'overdose, Spring Breakers cherche probablement à choquer la mère de famille, sous des faux airs d’œuvre pop-art et flashy. Le côté arty, certes plutôt agréable, ne comble pourtant pas le besoin de ressentir une émotion ou un frisson, éventuellement érotique dans le cas présent. Chose dont Spring Breakers n’arrive même pas à s’affranchir, Harmony Korine filmant la nudité avec une vulgarité crasse. Dommage pour son casting, qui brille véritablement.

 

 

Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine livrent en effet ici de belles performances. A contre emploi total, celles-ci s’affranchissent définitivement de leurs images de petites filles sages, et incarnent un quatuor de nanas aux personnalités souvent troubles, voire cabossées. En ce qui concerne le plan technique, Spring Breakers s’avère tout aussi impeccable. Harmony Korine possède un véritable sens de l’esthétique et s’affranchit d’une belle palanqué d’images à la colorimétrie hallucinée, le cinéaste matérialisant avec brio un trip sous extasie. Sur sa forme la plus stricte, Spring Breakers se profile comme un clip déjanté et quasi-addictif, le métrage brûlant la rétine et atomisant les oreilles de son dubstep d’une écrasante efficacité. Trendy au possible, l’ensemble s’inscrit de ce fait parfaitement dans son époque. Il reste d’autant plus regrettable que Korine mette tout ce talent artistique au service d’une simple pulsion visant à imprimer sur pellicule un maximum de culs et de nichons.

 

 

Pseudo film d'auteur trash, Spring Breakers reste une œuvre ultra-racoleuse et sans véritable objectif. Un Projet X friqué, certes bien plus soigné en ce qui concerne l’habillage mais tout aussi anecdotique et inutile. De l’esbroufe commerciale pure et simple. Poubelle.

 

Auteur :

Critique vue 6961 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 89+33

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction