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Critique Spring

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Le film de genre est souvent perçu par les ayatollahs du septième art comme un truc de sous-cinéma au mieux gentiment décalé ou fun, au pire moche et inutilement violent. Cette vague est pourtant bien plus qu’un simple art du divertissement facile et mercantile. Véritable pierre angulaire d’un mouvement de « contre culture », le cinéma de genre est à l’image ce que le punk peut être à la musique : une façon d’exacerber la portée et la puissance du message, qu’il soit critique – le travail « zombiesque » mené par Romero sur plusieurs décennies – ou plus simplement dramatique. Articulé sous une forme assez similaire au fantastique Honeymoon, Spring se présente comme une romance horrifique d’un noir d’encre. Un pur film d’amour, littéralement transcendé par la singularité de ses personnages.

 

 

Justin Benson et Aaron Moorhead sont deux cinéastes indépendants qui ont fait leurs armes sur une bonne série de courts avant d’unir leurs efforts pour réaliser Resolution, un thriller bizarroïde remarqué en festivals. Spring, leur nouveau métrage, aura pour sa part récolté le prix du public à l’occasion du Paris International Film Festival. Le film arrive pourtant après deux films intimistes qui ont récemment secoué le microcosme horrifique sur une thématique proche : Under The Skin et le plus confidentiel Honeymoon. Spring parvient pourtant aisément à tirer son épingle du jeu, en affichant notamment une atmosphère bien particulière, moins oppressante mais toute aussi envoutante. Benson et Moorhead déroulent poutant un synopsis assez conventionnel, simplicité qui laisse le champ libre à une construction complexe et passionnante des protagonistes et de leurs interactions. Evan est un jeune américain sans le sou qui a abandonné ses études afin de porter assistance à sa mère mourante. Lorsqu'elle s’éteint, ce dernier s’envole pour l’Italie sur un coup de tête. Son parcours l’amène dans un petit village situé sur la côté, où il fait la rencontre de Louise. Evan en tombe éperdument amoureux, sans se douter que Louise est victime d’une bien étrange malédiction. Sombre et diablement élégant, Spring ose presque la relecture du mythe de La Belle et la Bête en inversant les rôles ainsi qu'en adaptant le ton à un public en quête d’expérience cinématographique troublante, originale et sensitive. Le film touche en plein cœur.

 

 

Spring n’a cependant rien d’un film facile d’accès. Extrêmement glauque, le métrage vire presque vers le cinéma expérimental en osant la fusion de genres considérés comme antagonistes. Inspiré par l’univers d’auteurs comme Lovecraft et Kafka, Spring fait preuve d’une impressionnante audace en associant la somptuosité des paysages – essentiels à la mise en place du climax – à l’aspect repoussant de sa créature, gorgone noctambule et mystérieuse au comportement involontairement carnassier. Justin Benson et Aaron Moorhead parviennent pourtant à faire émerger une réelle beauté et de l’espoir brut de ce profond monument de noirceur. Les deux compères brossent ici deux portraits d’humains cabossés, au bord de la rupture. Ensemble, les deux amants entament une reconstruction, une « mue » physique et psychologique que le métrage matérialise à travers de multiples séquences d’une rare intensité dramatique. Bien que relativement mesurée sur le plan rythmique, l’œuvre hypnotise durablement. A condition cependant de se laisser « happer » par son ambiance mystique et sombrement poétique.

 

 

Justin Benson et Aaron Moorhead s'affranchissent d'une copie artistiquement très soignée. Doté d’un micro-budget, Spring témoigne par conséquent d’une approche esthétique sèche et proche du cinéma-vérité, parfois déstabilisante mais jamais négligée. Le binôme emballe ses séquences dans la dynamique, en abusant presque des plans instables et des mouvements rapides. Le tout évite cependant majestueusement l'illisibilité, Moorhead et Benson imaginant par ailleurs les plans comme de véritables tableaux en usant d’éclairages naturels absolument somptueux. Superbe. La direction d’acteurs est également aux petits oignons. Lou Taylor Pucci et Nadia Hilker – touchée par la grâce – dépeignent deux jeunes individus dont la passion fusionnelle transpire littéralement à l’écran. Les personnages secondaires en deviennent de ce fait presque anecdotiques, pour ne pas dire inutiles.

 

 

Spring n’est pas une œuvre parfaite, et affiche bien quelques longueurs de ci et là. La remarquable performance des acteurs ainsi que la sensibilité affichée dans le traitement de cette romance morbide en fait pourtant l’un des films les plus étonnants du moment. Somptueux sur le plan visuel, incroyablement intense sur le fond, le travail de Justin Benson et Aaron Moorhead se profile comme une petite pépite de cinéma indé’. Indispensable.

 

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