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Critique Stake Land

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Monté sur des financements indépendants, Stake Land n’a rien du projet grand-public. Campagne de promotion minime voire inexistante, réalisateur obscur – ce dernier ayant uniquement le méconnu Mulberry Street à son actif – et casting constitué d’inconnus, le métrage de Jim Mickle ne connaitra qu’une sortie limitée à quelques salles sur le territoire Américain. Ce qui ne l’empêchera pas de se tailler une excellente réputation en festivals, ce dernier ayant notamment décroché la mention spéciale du jury à l’occasion du Festival international du Film Fantastique de Neuchâtel.  Car bien que nanti de moyens limités, Stake Land parvient à transcender son micro-budget pour s’imposer comme un métrage à l’approche artistique particulièrement soignée. 

 

 

Stake Land installe son développement sur un pitch simple. Ravagée par une épidémie de vampirisme, la terre n’est plus qu’un chaos politique et économique. Un monde dévasté sur lequel survivent quelques rares rescapés, regroupés en clans bien souvent plus carnassiers que les créatures qu’ils combattent. Perdus au cœur de cette terre hostile, un enfant et un homme traversent le pays à la recherche de New Eden, ville prétendue imprenable par les créatures de l’ombre. Difficile de renouveler le genre. Mickel conçoit son projet sans en avoir la prétention. Efficace, son déroulé emprunte de ci et là, sans pour autant se profiler en banale récusée du registre post-apocalyptique. Stake Land n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’aspect atypique de La Route – notamment dans la fausse relation père-fils installée dès ses premières séquences – le travail de Jim Mickel s’avérant tout aussi habille à marier les genres.  Du post-nuke traditionnel, Stake Land ne garde en fil rouge que l’esthétique de désolation. Exfolié d’une quelconque volonté de lorgner sur l’actionner bas de plafond, Stake Land privilégie l’installation progressive d’une réelle intensité dramatique. Un choix qui consolide le côté road-movie d’un métrage incroyablement sombre et poignant.

 

 

Jim Mickle ne fait pas de compromis. Dépourvu d’ambitions purement mercantiles – l’indépendance des ses producteurs lui offrant une totale liberté –, Stake Land ne sombre à aucun moment dans les clichés inhérents au genre. Glauque et cruel, le métrage s’habille d’un rythme volontairement asthmatique, mais néanmoins indispensable à l’installation de l’ambiance. Exit les traditionnelles séquences d’exterminations, Stake Land ne s’abandonne dans le gore qu’avec parcimonie. L’objectif de Mickle est clairement ailleurs. Car si les vampires restent ici responsables de la quasi-extinction de l’espèce humaine, ce dernier brosse ses goules comme des êtres stupides, lents et dénués de personnalités propres. Stake Land impose un autre type de menace : l’homme. Bien plus meurtrier pour lui-même que les bestioles qui hantent occasionnellement les lieux, l’être conscient se rend responsable de sa propre destruction. L’occasion pour Mickle d’esquisser un triste bilan d’un individualisme terriblement actuel. Dommage que le « méchant » récurrent n’occupe qu’une place minime dans le développement, ce dernier relayant majoritairement la critique sociale avancée par le métrage – croyances fanatiques, rejet de la différence –.

 

 

Si Stake Land ne témoigne jamais d’une violence purement gratuite, le métrage reste excessivement douloureux. Mickle ne s’interdit aucune barrière, et barde son travail d’un noir d’encre. Viscérale et parfois relativement graphique, la brutalité dont témoigne Stake Land fait véritablement mal. Un sentiment renforcé par l’approche visuelle de Jim Mickle, qui capture des images à l’éclairage clair-obscur parfaitement maitrisé. Emballé dans un beau scope, le métrage aurait incontestablement gagné à être découvert sur grand écran, tant ce dernier parvient à outrepasser ses modestes moyens pour imposer une série de tableaux soigneusement travaillés. Si la constitution du casting ne brille enfin pas par sa renommée, la direction d’acteur s’avère relativement correcte. La mignonne Danielle Harris – Halloween 4, 5 ainsi que les remakes de Zombie, Urban Legend – se fend d’ailleurs d’une très bonne prestation malgré le peu de dialogues dont se voit doté son personnage. 

 

 

Sans témoigner d’une grande originalité, Stake Land parvient à captiver par son approche artistique ainsi qu’une intensité dramatique à fleur de peau. Jim Mickle signe avec ce second long une œuvre perturbante et ultra-personnelle dont le seul « défaut » reste son maque de prétention commerciale. Une intégrité remarquable qui empêche malheureusement cette excellente copie de bénéficier d’une distribution correcte. Triste époque.

 

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