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Critique Star Trek : Sans Limites

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A la fin de l'ère The Next Generation, Star Trek compte par moins de six séries télévisées pour plus de sept-cent épisodes, dix long-métrages et un univers étendu constitué d'une centaine de romans et comics. De quoi rebuter les néophytes, les derniers films distribués en salles obscures ne prenant de plus jamais le temps de resituer les événements / personnages. Lors de son arrivée derrière la caméra, le réalisateur prodige J. J. Abrams se voit presque contraint d'amorcer un reboot en usant d’un ressort scénaristique malin. Articulé autour d’un saut dans le passé de Spock, l’élément déclencheur de Star Trek 2009 efface donc l’historique de la franchise et permet au cinéaste de dérouler une « réalité alternative » neuve et accessible. S’il enchaine rapidement sur Star Trek Into Darkness, Abrams n’aura malheureusement d’autre choix que de laisser le commandement de son bébé afin de pouvoir se concentrer sur le très attendu Episode VII du frère-ennemi Star Wars. Victime d’un véritable jeu de chaises musicales à la réalisation ainsi que de réécritures / reshootings tardifs, Star Trek : Sans Limites se profile malheureusement comme le volet le plus bancal de la nouvelle série.

 

 

Les exécutifs de la Paramount ont la pression. Alors qu’ils avaient le champ libre lors du relaunch, Star Wars est depuis venu s’imposer en concurrent indétrônable sur le registre SF grand public. Disney / LucasFilms déroule en effet une logique « serial » impitoyable et s’est assuré de l’occupation de tous les créneaux de noël pour les cinq prochaines années. Impossible donc pour le studio d’envisager une sortie trop rapprochée pour ce Beyond / Sans Limites, qui doit par ailleurs relever le défi de se passer d’Abrams tout en confirmant les espoirs placés dans la nouvelle équipe du vaisseau USS Enterprise. Le projet aura pourtant cumulé les pépins lors de sa gestation. Scénariste des deux précédents volets, Roberto Orci est renouvelé sur le script et confirmé à la direction. Ce dernier se retire pourtant totalement quelques mois plus tard sans exposer les raisons de son départ. Rien de bien étonnant puisque le bougre reste producteur. Le début du tournage étant imminent, Simon Pegg himself remanie le scénario en profondeur et Justin Lin – Fast & Furious 4 à 6 – prend pour sa part la barre du navire en perdition. Le report de sortie n’étant pas envisageable, Star Trek : Sans Limites amorce ses premiers coups de manivelle sans scénario définitif, ce qui donnera par la suite lieu à quelques reshootings de ci et là. Difficile dès lors d’attendre autre chose qu’un pur film de producteurs. Assez peu ambitieux, Star Trek : Sans Limites s’apparente en effet davantage à un long-épisode de série TV qu’à un projet véritablement personnel. Catapulté « yes-man » sur la chose, Justin Lin opte pour une approche grand spectacle un brin poudre aux yeux. En ce sens, ce troisième opus fait le job sans jamais trahir l’esprit Star Trek, mais en oublie malheureusement l’essentiel. Dépourvu de véritable climax, d’enjeux dramatique voire d’une quelconque tension, le métrage semble pédaler à vide.

 

 

Si l’on pouvait reprocher à Into Darkness de multiplier les séquences de couloirs – la majorité du film se déroulait dans l’espace –, Star Trek : Sans Limites privilégie pour sa part l’exploration terrestre. En mission aux confins de la galaxie, l’USS Enterprise, toujours dirigé par James T. Kirk,  se porte ici volontaire pour porter secours à un équipage égaré dans une nébuleuse inconnue. La mission de sauvetage est de courte durée. Attaqué par une espèce belliqueuse, le vaisseau se crashe sur la planète la plus proche. Sans possibilité de contact avec l’extérieur, Kirk et son équipe ne vont pouvoir compter que sur eux-mêmes afin de s’extirper du piège dans lequel ils sont tombés. Simple et classique, le scénar’ de Star Trek : Sans Limites use des grands poncifs habituels de la série. Peuplé de bestioles bizarroïdes, le film est ultra-coloré, fun et visuellement époustouflant. Point de Klingons voire de Borgs dans l’affaire, mais une nouvelle race d’extraterrestre qui remplissent à peu de choses près la même fonction : détruire la fédération. Justin Lin et ses scénaristes ne prennent jamais véritablement le temps de s’attarder sur le pourquoi du comment – même si ce dernier avance un semblant d’explication foireuse à l’occasion du run final –, ni même de creuser l’origine de l’arme fatale « perdue depuis des millénaires » sur laquelle le grand méchant veut faire main basse. Déjà bardé de raccourcis faciles et de grosses ficelles, Star Trek : Sans Limites néglige parallèlement complètement ses personnages. Le métrage n’apporte en effet rien de plus que son prédécesseur en ce qui concerne leur évolution : Lin esquisse tout juste un tumulte amoureux entre Spock et Uhura, l’homosexualité de Sulu ou encore les doutes de Kirk. C’est peu et souvent creux. Pire, l’ensemble ne s’habille d’aucun suspense et ne parvient de ce fait jamais à installer un climax notable. Justin Lin rechigne en effet à placer ses protagonistes principaux en situation de danger, et ce malgré l’hécatombe maousse constatée au sein des effectifs de l’USS Enterprise et la présence d’un méchant aux pouvoirs vampiriques plutôt flippants.

 

 

Visiblement peu soucieux de la dramaturgie, Justin Lin se cantonne à ce qu’il sait faire de mieux : du pur entertainment à l’américaine. Son film explose par tous les pores : dans l’espace, sur terre, au cœur d’une imposante station spatiale. Le réalisateur ne laisse de ce fait quasi-aucun temps mort se glisser dans sa construction narrative, qui a défaut de s’avérer surprenante accumule avec brio les idées efficaces de séquences pop-corn. La rythmique soutenue du film profite de plus de la technicité affutée de son géniteur. Transfuge de Fast & Furious, Justin Lin s’envoie pour la première fois en l’air mais conserve son goût prononcé pour le cinéma pétaradant, nerveux mais relativement lisible bien que l'on puisse lui repprocher une certaine surenchère d’effets numériques. Le film affiche par ailleurs quelques pointes d’humour perdues dans ce fatras d’explosions en tous genres – la touche Simon Pegg, probablement –. Standard mais divertissant. Côté casting, rien de trop neuf. Les anciens protagonistes sont désormais bien installés, les nouveaux ne feront certainement qu’un passage éclair. Le Docteur Carol Marcus, qui se profilait pourtant comme le « love interest » de Kirk dans Into Darkness, disparait carrément de l’équation sans être évoquée. Lin est là pour faire de l’action et se contrefiche grandement du reste, point. Dommage.

 

 

Spectaculaire mais assez vain, Star Trek : Sans Limites n’est qu’un film de plus. L’ensemble se laisse facilement regarder et remplit plutôt bien son rôle de divertissement estival à gros budget / petites ambitions. On était pourtant en mesure d’en attendre un peu plus, ne serait-ce qu’au vu des formidables possibilités offertes par l’univers Star Trek. Une semi-réussite. Ou une semi-déception, c’est selon.

 

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