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Critique Star Wars : Episode VI - Le Retour du Jedi

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Si L'Empire contre-attaque est considéré à ce jour comme le pilier central de la trilogie originale de Star Wars et le meilleur épisode des deux trilogies, Le Retour du Jedi reste pour beaucoup comme le faux pas historique de Lucas. Pourtant aussi réussi visuellement que son prédécesseur - si ce n'est plus -, il n'en reste pas moins problématique - voire schizophrénique - sur le fond et préfigure déjà de tous les excès numériques et thématiques de la prélogie à venir. Ewok, quoi.

 

 

Même s'il ne réalise pas Le Retour du Jedi, George Lucas s'implique néanmoins de manière plus poussée que sur le précédent épisode, en coécrivant cette fois-ci le scénario avec son ami Lawrence Kasdan. Dès lors, des choix cruciaux doivent être faits concernant l'orientation à donner à cette suite. Très tôt, les divergences éclatent : Gary Kurtz, le producteur et proche collaborateur de Lucas depuis American Graffiti souhaite prolonger la tournure sombre qu'avait prise L'Empire contre-attaque en embrassant à bras le corps la portée tragique des héros de cette saga. Dans le draft de ce qui s'appelait alors La Revanche du Jedi, on apprend que Luke quittait ses camarades à la fin du film : Leia, qui ne devait pas être la sœur de Luke, était couronnée reine et partait s’isoler dans son royaume, quant à Dark Vador, il essayait de convaincre son fils de renverser l'empire et de s'accaparer les rennes du pouvoir. Ce n'est pas du gout de Lucas qui pense que le ton doit être plus léger et joyeux et que tous les personnages devront achever leurs quêtes et clore tous les conflits. Cette divergence des points de vue résultera du divorce artistique entre Kurtz et Lucas, le premier partant produire à la place une autre fresque SF, Dark Crystal. Le choix de Lucas est pourtant tout à fait logique, surtout s'agissant du chapitre final de la saga. Mais c'est dans l'exécution que ces bonnes intentions volent en éclats. 

 

 

Le premier tiers de Le Retour du Jedi maintient bien l'illusion et s'ouvre sur un Luke Skywalker enfin badass, en mission de sauvetage de son ami Solo. Tout de noir vêtu, la mine blasée, on sait qu'il revient de loin et on est agréablement surpris de voir Mark Hamill rompre enfin avec son personnage trop lisse et fade. Toute l'opération de sauvetage dans l'antre de Jabba the Huth est un vrai bon moment de cinéma, décoiffant, bien troussé et visuellement abouti, avec en prime la révélation de la princesse Leïa en bikini galactique qui imprimera la rétine des cinéphiles pour les décennies à venir. Tout s'annonce donc plutôt bien, jusqu'à la disparition de Yoda, moment fort de la saga. A partir de là, le film devient schizophrène à souhait et sa trame va se scinder en deux parties succinctes : Luke ira  accomplir sa destinée et régler un différend en suspens avec son père alors que Leïa et Han devront faire du baby-sitting pour une tripotée de peluches surexcitées. Là où le périple du premier est empreint de gravitas et distille une tension croissante jusqu'à la confrontation finale avec l'empereur - grandiose dans tous les sens du terme -, celui ayant trait à la planète Endor atteint des profondeurs abyssales de niaiserie et de n'importe n'Ewok. 

 

 

Envolé le souffle épique et le ton adulte du précédent opus, Le Retour du Jedi saute à pieds joints dans le divertissement familial, voire enfantin, et du coup, on comprend mieux le départ de Gary Kurtz. Alors qu'il ne devrait être qu'un comic relief, l'épisode Endor prend beaucoup trop d'importance, et du coup annihile complètement les saillies épiques  et les enjeux dramatiques déroulées en parallèles lors des combats titanesques censés mettre fin à l'étoile de la mort. Comment croire une seconde qu'une poignée de nains poilus mette en déroute l'armée la plus cruelle de l'empire simplement à coups de pierres et de cris stridents ? Comment accepter cette conclusion en happy end où tout le monde se fait la bise autour d'un feu de camp avec Ewoks à la platine? Pas évident, pas évident du tout. Et pourtant le frisson était là et les morceaux de bravoures ne manquaient pas dans cet épisode qui ne sait décidément pas sur quel pied danser. Il convient ici de saluer la travail plus qu'honorable de Richard Marquand engagé par Lucas à la réalisation. Technicien solide mais sans grande personnalité, il s'avère être l'homme idéal pour ce qu'avait Lucas en tête. Heureusement que l’affrontement entre Luke Skywalker et Dark Vador tient toutes ses promesses tant sur le plan cinématographique que romanesque. Ce troisième acte est donc celui de Luke, embrassant enfin toute la portée mythologique de son personnage, où l'humain triomphe sur la machine et le spirituel sur le matériel. On ne peut hélas pas en dire autant pour les personnages de Leïa - inexistante - et surtout de Han Solo, qui perd totalement de la superbe et de l'ambivalence qu'il avait acquise lors de l'épisode précédent.

 

 

Le Retour du Jedi est donc le chapitre final d'une trilogie fondatrice à la thématique richissime et à l'esthétique jamais égalée jusque là. Offrant des conclusions satisfaisantes aux enjeux établis depuis le début, il n'évite pas pour autant le piège de la surenchère et cristallise tous les démons et excès à venir de son géniteur.  

 

Auteur : ATEF

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