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Critique Stargate, la porte des étoiles

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En matière de création artistique, le nom de Roland Emmerich n'évoque aujourd'hui plus que démesure et néant du propos. Réalisés avec un certain savoir-faire et débordants d’effets spéciaux colossaux, les derniers témoignages cinématographiques - 2012, Le jour d'après - du réalisateur gravitent autour d’un  thème récurrent et souvent dressé en unique prétexte à de nombreuses fresques de destructions massives. Roland Emmerich n’a pourtant pas toujours été l’artisan de déclinaisons apocalyptiques à l’américaine. Sa seconde réalisation marquée d’un pur cachet hollywoodien - Emmerich mettra précédemment en boite le très musclé Universal Soldiers - se présente aujourd’hui en première pierre d’un univers décliné depuis de très nombreuses année pour les besoins du petit écran à travers les séries SG-1, Atlantis et Universe.

 

 

Stargate – La Porte des Etoiles se présente aujourd’hui, près de quinze années après sa sortie initiale, comme un intéressant cas d’étude. Alors que bons nombre d’adaptations télévisuelles de long-métrages se perdent dans des travers pompeux et artificiellement prolongés - The Crow : Stairway To Heaven ou Terminator TSCC - et n’outrepassent rarement les deux saisons de test, le monde mis en place par Stargate présente une longévité hors-norme et tend avec les années à se rapprocher du phénomène Star Trek sur petit écran. Si les scénarios des séries présentent des ramifications autrement plus complexes que Stargate – La Porte des Etoiles, la richesse de ces programmes viennent pourtant avant tout prendre racine dans l’excellente idée de base de ce premier film. Bien que le principe initial se montre simple, il n’en reste pas moins ouvert à toutes les possibilités et permet à Emmerich de poser sur pellicule un film de science-fiction résolument atypique. Découvert en égypte au cours des années 20, un étrange anneau de pierre permet ainsi au gouvernement américain d’ouvrir une porte sur un monde inconnu situé aux confins de la galaxie. Une équipe secondée par le professeur Daniel Jackson, scientifique ayant décodé le cartouche accompagnement la porte des étoiles, ne tarde pas à s’y engager. Comme convenu et dans la plus grande tradition du genre, cette dernière se trouve dans l’incapacité de reprendre le chemin inverse. Si le postulat dénote d’un certain classicisme et ne fait jamais preuve d’une véritable originalité, la grande force de Stargate – La Porte des Etoiles repose sur l’esthétique de l’œuvre, mélange habille et passionnant de science-fiction et de mythologie égyptienne.

 

 

En opérant ce pari osé, Roland Emmerich débouche sur un film relativement hors-normes. Contre toute attente, les horizons découverts par l’équipe du colonel O’Neill ne débordent en effet pas d’un modernisme délirant. Les habitants d’Abydoss présentent même un retard technologique particulièrement marqué, et exception faîte de quelques créatures inconnues les soldats se retrouvent prisonniers d’un passé révolu. Stargate emprunte néanmoins un tournant résolument SF avec l’apparition d’un alien cruel, protagoniste usurpant sur Abydoss l’identité d’un dieu afin d’asservir le peuple, et dont les actions mégalomaniaque n’auront pas été sans incidence sur notre propre monde. Le lien avec l’histoire réelle de l’Égypte est ici remarquablement tissé,  tout comme la fusion entre technologie et architecture archaïque. Plus qu’un scénario se fondant dans la plus pure tradition américaine l’éternel manichéisme de ses protagonistes, c’est l’esthétique détonante de Stargate – La Porte des Etoiles qui lui confère tout son cachet. Loin de l’aspect clinquant des grandes odyssées spatiales, chaque décor, costume ou vaisseau témoigne ici d’un assemblage d’éléments archaïques et permet à Stargate – La Porte des Etoiles de se détacher des idées préconçues inhérentes au registre cinématographique dans lequel il vient pourtant se classer. A l’instar d’une grande fresque historique, un soin tout particulier a été apporté aux détails afin de permettre au synopsis du film de s’inscrire de façon cohérente dans la genèse du monde moderne. Malgré de nombreux clichés - l’inévitable histoire d’amour -, la pellicule de Roland Emmerich parvient de ce fait éviter les effets spéciaux incessants pour instaurer en contrepartie une richesse visuelle presque inédite. Les quelques trucages - en particuliers au cours des séquences finales - et vaisseaux matérialisés en images de synthèses n’en restent cependant pas moins impressionnants, en particulier le croiseur du faux-dieu Râ.

 

 

Stargate – La Porte des Etoiles fonctionne d’autant plus qu’il fait par ailleurs preuve d’une mise en boite typiquement américaine. Roland Emmerich shoote le tout avec l’efficacité dont il témoignera par la suite en jouant de la difficulté SFX avec une totale maitrise. Militaires oblige, le jeu d’acteur de certains protagonistes n’évite pas les mimiques lassantes du style « je suis un gros dur macho », mais la présence du charismatique Kurt Russel - Jack O’ Neill - associée au loufoque James Spader - Daniel Jackson - suffit à instaurer un duo explosif basé qur une opposition des caractères bien trouvée. On pourra reprocher à Stargate – La Porte des Etoiles un certain manque de rythme, le développement présentait malgré les qualités du métrage quelques occasionnelles longueurs. Une critique qui s’estompera cependant légèrement une fois passées les découvertes de Jackson sur l’origine de la civilisation égyptienne, le film d’Emmerich multipliant les séquences d’actions et les inévitables effets graphiques afin de mettre en scène les confrontations avec le tyrannique Râ. Le score composé par David Arnold est par ailleurs de toute beauté, et mêle une grandiloquence et un aspect mystique illustrant à merveille les images de Roland Emmerich. Ce dernier dévoile d’ailleurs toute sa grandeur instrumentale à travers un générique simple mais suffisamment efficace et intriguant vis à vis des événements qui vont suivre. Une bande originale à l’image de l’œuvre qu’elle accompagne.

 

 

Sans se positionner en classique de la Science-Fiction, Stargate – La Porte des Etoiles instaure un univers inattendu et se positionne en honnête prélude aux excellentes prolongations de scénario dont témoignera la série SG-1. Dommage de constater que le succès de cette habile expérimentation artistique sera le déclencheur de la déchéance d’un Roland Emmerich désormais plus prompt à témoigner à travers ses long-métrages d’un patriotisme nauséabond. 

 

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