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Critique Starry Eyes

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Kevin Kolsch et Dennis Widmyer se lancent avec Starry Eyes dans l’aventure du long-métrage. Artistes multi-casquettes, les deux cinéastes sont des artisans de la débrouille. Une approche du cinéma probablement inhérente à leurs expériences respectives sur plusieurs courts-métrages fauchés, sur lesquels ils assureront les postes de réalisateurs, scénaristes, monteurs, directeurs photo, acteurs et producteurs. Financé par plusieurs studios indépendants pour ce premier film, les deux cinéastes adaptent une nouvelle fois un de leur script. Bizarroïde, extrêmement osé et techniquement très exigeant, Starry Eyes est une véritable étrangeté cinématographique. Une expérience déroutante souvent rebutante, parfois hypnotisante.

 

 

Kolsch et Widmyer font dans le cinéma sensitif, jusqu’en boutiste et résolument hors-normes. Starry Eyes se profile de ce fait comme un œuvre assez particulière, et vient grossir les rangs des métrages presque expérimentaux pour lesquels l’ambiance se profile en élément moteur. Le script témoigne ici d’une véritable simplicité, les deux réalisateurs épurant au maximum leur trame narrative afin d’exfolier tout effet ou construction facile. Alexandra Essoe se glisse dans la peau de Sarah, une jeune femme installée à Hollywood afin de faire carrière dans le cinéma. Cette dernière va pourtant de casting en désillusion, et occupe un poste de serveuse dans un fast-food ringard. Lorsqu’elle est recontactée par Astraeus Productions, Sarah pense enfin tenir le rôle qui lui ouvrira la voie du succès. Le dirigeant du studio va progressivement l’entrainer dans une spirale cauchemardesque. Si Kolsch et Widmyer amorcent avec Starry Eyes un semblant de message sur le star-system ainsi que sur la quête de la célébrité, leur travail n’affiche pas véritablement de fond critique. Les deux compères utilisent en effet uniquement les perversités et dérives de l’industrie hollywoodienne en toile de fond idéale afin de matérialiser la descente aux enfers d’un personnage qui s’abandonne physiquement et moralement à un objectif purement utopiste.

 

 

Kolsch et Widmyer abordent la « fin » de l’innocence avec une impressionnante rigueur artistique. Starry Eyes est un très beau film. Baigné dans les clairs-obscurs envoutants, le métrage s’habille d’un climax intéressant. Une ambiance que les deux cinéastes imposent en usant d’un style certes très arty – sobriété de la réalisation, musique synthétique rétro - mais plutôt accrocheur. Starry Eyes est une œuvre très posée, poisseuse, ultra-sombre. Kolsch et Widmyer installent ici une atmosphère vénéneuse et dérangeante, et laissent progressivement évoluer le désespoir de leur protagoniste vers un comportement si extrême qu’il en devient assurément douloureux. Passée malgré elle sous le joug d’une étrange secte, la jeune Sarah devient l’instrument d’une hallucinante explosion de violence. Bien qu’utilisé avec parcimonie, le gore est ici véritablement dérangeant, presque insoutenable. Starry Eyes sombre en effet à plusieurs reprises dans des séquences d’une extrême brutalité, parfois à l’extrême limite de la gratuité. Si le film ne fait certes jamais dans le torture-porn, cette déferlante de rouge reste contestable. D’autant plus que le scénario s’avère relativement paresseux et sans réelle ambition.

 

 

Starry Eyes ne raconte en effet rien de bien intéressant. Le film patauge de ce fait dans un certain marasme et tourne à vide pendant près d’une heure, ce dernier multipliant inutilement les scènes « stylisées » à la Sofia Coppola et les remises en question redondantes de son personnage principal sans véritablement avancer. Starry Eyes se veut radical, sans concessions, mais en oublie de raconter une histoire, de se doter d’un suspense. Les enjeux dramatiques sont bien brossés, mais le film se montre poussif et mal équilibré malgré un coup d’accélérateur final qui s’impose en réveil coup de poing. L’implication de la prometteuse Alexandra Essoe est néanmoins totale. L’actrice incarne ici une personnalité complexe qui mue lentement de l’apprentie actrice candide à une « entité » maléfique incontrôlable, transformation physique et mentale que cette dernière retranscrit avec une rare justesse.

 

 

Starry Eyes est un « essai » cinématographique noir et tordu, intéressant sur certains aspects, maladroit sur d’autres. Si l’ensemble témoigne d’une incroyable sensibilité artistique, la relative vacuité de son script l’empêche de s’imposer en indispensable de l’horreur indé. Relativement hermétique et torpillé par d’handicapantes longueurs, le métrage est à réserver à un public averti.

 

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