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Critique Hysteria : Le Miroir de la Folie

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The  Machinist laissait présager une carrière brillante à Brad Anderson. Cinéaste habille dans la mise en place d’un climax bizarroïde et intriguant, ce dernier sera pourtant resté relativement discret, voire décevant – le bancal et anecdotique L’Empire des Ombres –. Cachetonnant ces dernières années sur des épisodes de séries diverses, Anderson aura un temps été pressenti sur une séquelle de Paranormal Activity. Si l’annonce pouvait sembler étonnante au vu de l’approche hautement personnelle et originale de ses longs précédents, la candidature du réalisateur semble avoir été définitivement écartée. Anderson persiste pourtant dans le genre et signe avec Hysteria : Le Miroir de la Folie un énigmatique huis-clôt regorgeant de twists efficaces. Bien qu’associant une remarquable rigueur formelle à une certaine science du suspense, le film s’avère imparfait.

 

 

Précédemment connu sous le nom d’Eliza Graves et de Stonehearst Asylum en version originale, Hysteria : Le Miroir de la Folie est adapté d’un écrit d’Edgar Allan Poe. Brad Anderson extrait avec une insolente maestria l’esprit sombre et oppressant du romancier américain. L’intrigue du métrage déroule en effet tous les éléments nécessaires à la construction d’une ambiance tendue, brumeuse et délicieusement rétro. Hysteria : Le Miroir de la Folie se déroule à la fin de l’ère victorienne, époque de toutes les expérimentations et découvertes scientifiques. Des années notamment marquées par d’importantes recherches sur la psychologie humaine, médecine de l’esprit qui s’abandonnera à de nombreux errements avant d’en arriver à sa conception moderne. Envoyé par l’université d’Oxford, Edward Newgate se présente aux grilles de l’asile Stonehearst avec l’intention d’y réaliser un stage pratique. Le jeune diplômé constate alors que l’établissement fonctionne sans règles précises, et que certains membres de l’équipe soignante soutiennent des théories pour le moins avant-gardistes. Newgate va par ailleurs rapidement tomber sous le charme d’Eliza Graves, une patiente moins dérangée qu’il n’y parait. Adepte des jeux de masques et des crescendos dans la construction rythmique, Anderson s’abandonne une nouvelle fois dans un développement riche en mystères et retournements. L’exercice est certes très bien mené, mais manque malheureusement souvent de consistance.

 

 

Hysteria : Le Miroir de la Folie cultive une certaine filiation avec Shutter Island – lien matérialisé à l’écran par la présence de Ben Kingsley, directeur d’établissement dans les deux métrages –, mais n’en reproduit que partiellement la puissance. Brad Anderson construit son script en adaptant The System of Doctor Tarr and Professor Fether, une courte nouvelle de Poe. Si l’histoire en elle-même est plutôt intéressante, le cinéaste allonge inutilement la sauce et impose d’handicapantes longueurs à son récit, qui présente un véritable « ventre mou » avant de s’engager dans le rush final. Certains enjeux dramatiques se voient par ailleurs dynamités par des révélations prématurées, les masques tombant dès le premier tiers du métrage. Le métrage patine donc à plusieurs reprises, le métrage manquant franchement de matière et peinant parfois à relancer son intrigue. Pire, certains retournements s’avèrent faciles, voire complètement improbables – la déchéance soudaine du « fou » en chef –. Le climax n’en souffre heureusement que partiellement mais n’atteint pas les sommets attendus. Dommage.

 

 

Hysteria : Le Miroir de la Folie compense ses faiblesses scénaristiques par d’impressionnantes qualités techniques. L’approche artistique d’Anderson se montre extrêmement soignée, l’époque victorienne dans laquelle le métrage s’enracine offrant à ce dernier l’opportunité de livrer un produit stylisé « hammer ». Capturé dans un scope généreux, le film bénéficie d’une direction photo qui joue constamment des clairs-obscurs avec brio. L’atmosphère du film, oppressante à souhait, est calibrée aux petits oignons. Cette dernière explose littéralement à l’occasion d’un final halluciné, sur lequel Anderson témoigne pleinement de ses talents en matière de direction d’acteurs. Le casting réuni pour ce Hysteria : Le Miroir de la Folie est en effet plutôt alléchant. Le face à face Jim Sturgess / Ben Kingsley est parfait, les deux comparses interprétant avec maestria des personnages complexes, passionants et bardés de faux-semblants. Les rôles de seconds couteux sont par ailleurs assurés avec le plus grand sérieux, notamment par Kate Beckinsale et le très bon Michael Caine, qui restera cependant sous-employé.

 

 

Hysteria : Le Miroir de la Folie n’est pas la claque attendue, mais se profile malgré tout comme un bon moment de cinéma à suspense. Le film aurait gagné à être amputé de quelques séquences monotones et ennuyeuses. En l’état, le métrage présente un climax satisfaisant mais victime de cruelles baisses de régime qui en affectent la portée. L’ensemble reste bien tenu, esthétiquement très poussé mais dispensable.

 

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