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Critique Suck

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Principalement acteur de télévision, le canadien Rob Stefaniuk n’en est pas à sa première réalisation puisqu’il a déjà mis sur pied un court en 2003 puis une comédie faiblarde l’année d’après, Phil the Alien. Il revient aujourd’hui avec une comédie semi-musical vampirique intitulée Suck, regroupant notamment quelques stars du rock comme Alice Cooper, Iggy Pop, Henry Rollins, Dimitri Coats, Alex Lifeson mais aussi Moby, ou encore des acteurs tels que Malcolm McDowell (Orange Mécanique, Halloween 2) et Dave Foley. Bref, une belle brochette d’interprètes apportant des arguments de vente solides, pas besoin de plus pour attirer les distributeurs. On est donc en droit de se demander si la présence de ces personnalités est un gage de qualité minimum ou tout simplement un joli paquet vide à l’intérieur. Du rock, des vampires et une tripotée de stars pour une comédie décomplexée ?

 

 

Si on reste dans les clichés les plus notables, vampirisme et rock’n’roll sont deux thèmes finalement assez proches sous certains aspects. Ils se sont rencontrés à plusieurs reprises par le passé (Phantom of the Paradise, Les Prédateurs…etc.) et on retrouve dans Suck quelques éléments analogues comme la vie nocturne, les accoutrements exubérants (Alice Cooper, Marc Bolan, David Bowie…), les addictions aux drogues/sang, un univers sombre où le sentiment d’invincibilité ne se fait pas rare …etc. Même si l’on ne peut en aucun cas assimiler la totalité du monde du rock’n’roll à cette seule vision et si celle-ci peut paraître restrictive, c’est dans cette direction que s’engouffre Suck, à l’image de la période révolue des années 70-80 où rock et horreur se côtoyaient sur le ton de l’humour – Rock’n’roll Nightmare, The Horror Picture Show, Kiss Contre les Fantômes…etc. Le film met en scène un groupe de rock raté, The Winners, en manque d’énergie et faisant la tournée des bars sans réel succès. Un soir, la bassiste rentre avec un vampire et c’est alors que l’avenir du groupe va basculer. Suck est donc une sorte de road movie teinté de fantastique où le mythe de Faust s’y voit détourner pour mettre en scène une bande de jeunes prêts à vendre leurs âmes pour accéder à la célébrité, tout comme les vieux bluesman des années 30, Tommy et Robert Johnson en tête dont le Crossroads de ce dernier est utilisé à juste titre dans le film. Même si l’on retrouve quelques métrages sympathiques, tous genres confondus, le rock et le cinéma n’ont franchement pas toujours fait bon ménage et Suck fait malheureusement partie de cette grande majorité.

 

 

Ce qui est au moins honnête, c’est que la pellicule ne se prend jamais au sérieux et assume totalement cet esprit kitsch et caricatural. Des ralentis en quantité généreuse, des lumières flashy en présence des vampires, une ambiance coincée entre le gothisme et le glam, le méchant vampire à l’allure raffinée et nonchalante, le maquillage blanc et les yeux rouges, le chasseur de vampires avec arbalète et cache-œil ainsi que de nombreux éléments apportant une certaine inoffensivité récréative. Malheureusement, celle-ci est bien loin de rattraper le manque de fougue et le caractère bancal du métrage. Si le côté burlesque tente de se rapprocher d’un style britannique à l’image de Shaun of the Dead, Lesbian Vampire Killers, ou Doghouse le comique de situation peine a fonctionner pour ne livrer que de brefs moments d’intérêt rarement réussis. Suck se limite finalement à une succession de gags potaches sans grand impact arrachant quelques sourires en coin. Rob Stefaniuk s’accorde une micro satire du show-biz à travers ce groupe prêt à vendre son âme pour accéder au succès et devant en assumer les conséquences, mais on s’en tape royalement et l’intérêt n’est pas là – à supposer qu’il y en ait un. Cette transformation va agir comme un véritable élixir sur le public, hypnotisé par chaque prestation des Winners. Qui dit vampires, dit buveurs de sang, ce sera donc leur entourage proche ou éloigné qui en fera les frais.

 

 

En terme de gore, Suck s’en sort plutôt bien et nous offre son lot d’hémoglobine sans cependant tomber dans l’éclaboussement outrancier, ce qui n’aurait peut être pas été plus mal vu le manque de sérieux dont se pare le métrage. Des mises à mort plus ou moins fun sans grande imagination, excepté un sympathique suçage de sang version soda. Autre bémol, une absence de rythme récurrent engendré, non pas par des scènes de parlotte inutiles, mais par un enchaînement de séquences bancal livrant un métrage en dents de scie, bâillements à l’appui. Techniquement, Rob Stefaniuk et son équipe s’en sortent bien et livrent une pellicule plutôt maîtrisée. Les fans de rock y trouveront de nombreux clins d’œil et références sympathiques en plus d’y voir quelques grands monsieurs, et pas pour des caméos, mais de vrais seconds rôles. Si la bande son compte quelques morceaux punchy signés par des talents incontestés, ceux composés par Rob Stefaniuk et John Kastner ne sont franchement pas terribles et se dirigent plus vers un style emo foireux que rock’n’roll décomplexé. Pour une pellicule au casting aussi imposant rendant hommage au rock, la déception est un peu amer. Côté casting, que ce soit le groupe – dont le chanteur est le réalisateur lui-même – ou les guest stars, chacun offre une performance tout à fait honnête et s’impose à sa manière. On dénote cependant quelques potentiels non exploités comme celui du génial Malcolm McDowell dans le rôle d’Eddie Van Helsing, chasseur de vampires souhaitant venger sa bien aimée. Un personnage incongru qui se limite à des apparitions tronquées et des blagues légères.

 

 

On est heureusement bien loin d’un Vampires Suck, mais Suck n’est rien de plus qu’une comédie horrifique mollassonne qui ne fera rougir personne, montée cependant avec humilité. Beaucoup trop banale pour marquer les esprits, la pellicule se contente du strict minimum et mise sur son côté kitsh, bon enfant et son casting pour le moins solide pour nous livrer une gourmandise dénuée de saveur, vite avalée, vite oubliée.

Auteur : TIBO

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