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Critique Sucker Punch

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En a peine quelques années d’activité, Zack Snyder a redéfini le film de genre. Artiste complet et polyvalent – le cinéaste assure parallèlement les postes de scénariste et producteur –, ce dernier s’est fait spécialiste des défis techniques et artistiques en tous genres. Jeté sur le devant de la scène par un furibond 300 aux indénombrables retouches numériques, Snyder s’était à l’époque révélé comme un enfant turbulent et  partiellement hostile à un modèle hollywoodien jusqu’ici en vigueur. Intransigeant et nourri aux images épileptiques, le réalisateur livre aujourd’hui un métrage en forme d’ultime master-piece. Parfaitement mené, Sucker Punch sonne comme un aboutissement pour l’un des esprits les plus fertiles de ces dernières années.

 

 

Nouvelle manne des studios Américains – le carton de Watchmen, roman graphique réputé inadaptable –, le cinéma de Snyder prend avec Sucker Punch un tournant résolument nouveau. Bien qu’appuyé par une promotion maousse-costaud, son dernier métrage se profile comme une œuvre personnelle aux contours ultra-codifiés. Sous-jacente depuis le relativement conventionnel L’Armée des Morts, la créativité débridée du réalisateur s’aventure désormais vers des terrains aux frontières nébuleuses. En témoigne un pitch initial explosif, dressé en introduction à un développement aux ramifications complexes et tentaculaires. Majoritairement déroulé d’un l’esprit de son héroïne principale, Sucker Punch narre les pérégrinations burinées de cinq pépées à la gâchette facile. En quête d’objets censés leur offrir une utopique liberté, le groupe traverse des étendues hallucinées et fantasques. L’occasion pour Snyder de livrer un film aux limites indéfinies, le cinéaste floutant toute notion de rêve ou de réalité au profit d’un métrage à l’approche complètement barrée. Inutile de chercher dans le travail de Snyder une structure lisible et définie. Le tout s’aborde comme un bordel organisé. Un putain de trip hallucinatoire bourré de références savoureuses, mais pourtant intégralement issues d’une sous-culture particulièrement riche et passionnante.

 

 

En résulte une relative inaccessibilité, d’autant plus pour tout corps étranger au mouvement geek dans toute sa diversité. Probablement frustré sur ses précédents travaux, Snyder explose toute barrière. Sucker Punch bastonne avec une incroyable propension à explorer les domaines les plus variés. Heroïc-fantasy, post-apo, manga, science-fiction, le cinéaste bouffe à tous les râteliers avec une maestria presque insolente. Un patchwork d’influences d’une cohérence pourtant assez étonnante, Sucker Punch profitant de son aspect purement fantasmagorique pour associer les idées les plus antagonistes. Doté d’une rythmique férocement maintenue, le métrage mise sur un feu d’artifice quasi-ininterrompu, l’approche stylistique de Snyder renforçant encore davantage le côté « beat’em all » d’un ensemble qui ne baisse jamais les armes. Dénué de toute séquence de bla-bla superflue, Sucker Punch enquille les gun-fights et autres bastons anthologiques jusqu’à une quasi-overdose d’images pétaradantes. Furieux et pourtant savamment dosé avec une précision chirurgicale, le cinéaste instaurant de ci et là les respirations nécessaires.

 

 

Emballé dans une remarquable esthétique claire-obscure, Sucker Punch témoigne d’une temporalité indéfinie. Si l’ensemble s’habille plus globalement d’un look rétro, Snyder profite de toutes les fioritures technologiques à sa portée. Beau à en tomber, son travail use et abuse de ralentis et d’effets de style hallucinants. Dégueulant d’apports numériques en tous genres, Sucker Punch reste pourtant shooté avec un quasi-classicisme. Loin des séquences à la testostérone incompréhensibles, le réalisateur livre un métrage lisible malgré son hyper-activité permanente. Un savoir-faire et un contrôle de tous les instants qui se répercute dans une direction d’acteurs irréprochable. Bien que constitué de newcomers aux casiers plutôt light, le casting de Sucker Punch impose un chapelet de furies aux revendications castratrices. Accédant à son premier véritable rôle d’envergure, Emily Browning – Les Intrus, Nuits de Terreur – incarne un personnage à la fois trouble et passionnant, blindé de références sous-jacentes – le manga Blood, The last Vampire en tête de liste –. Dévoué à son art avec une inébranlable passion, Zack Snyder soigne sa musique en forme de cerise sur le gâteau. Réorchestrant d’indéboulonnables classiques de la pop-musique, le cinéaste martèle la puissance de ces images d’une bande-son furieuse et assourdissante, la bande-originale atteignant des sommets au travers d’un « Army Of Me » – Bjork – épique.

 

 

Complètement allumé, furieusement original, Sucker Punch pose son emprunte avec fracas au sein d’un registre fantastique plutôt timoré depuis la sortie du surprenant Matrix. Artisan timbré au service d’un cinéma nouvelle-génération, Zack Snyder signe un très grand film, d’autant plus remarquable que ce dernier adopte un habillage anti-conformiste au possible. « Fermez les yeux. Libérez-vous l'esprit ».

 

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kagaetis 13-07-2011
Bonne surprise! Effectivement ce n'est pas un film pour tout le monde. Moi qui m'attendais à me faire un film d'action sexy, je suis heureux d'etre tombé sur un film assez différent.
Le malaise que procure les thèmes abordés et la fin du film m'ont bien plu.
J'ai bien aimé le remix de Sweet Dreams avec le plan sur le nom de l'asile "Lennox". Je me suis demandé si le clin d'oeil était volontaire...
Behlian 09-04-2011
Il faut concevoir Sucker Punch comme ce qu'il est: un voyage et une expérience et à ce titre, la comparaison avec le brillant Inception est loin d'être déplacée. Et oui, comme quoi (et ce même si j'ai adoré Avatar), on peut faire des films captivant et complétement immersifs sans avoir besoin de la 3D...

Alonzo 03-04-2011
film excellent!!! A voir!!
Pôlhskjï 03-04-2011
Soyons clair, Sucker Punch n'est pas un film grand public, si vous comptez voir un film d'action simpliste avec pour fond une pseudo-référence à Alice aux Pays des Merveilles (avec des mitraillettes!), passez votre chemin.
Zach Snyder signe ici une oeuvre magistrale, on se perd dans les méandres de l'esprit de l'héroine, ce film joue avec vos émotions, du malaise (les 5 premières minutes) à la résignation (entrée dans l'asile) en passant par le dégout (la lobotomisation) et la montée d'adrénaline (les mondes imaginaires/fantasmes), on ne peut rester de marbre devant ce monument artistique.
Snyder nous montre ce qu'il veut bien nous montrer, il nous trompe, nous balade, la violence de l'asile est transformée en scène baroque d'une maison close, les viols nous sont montrés comme les "danses" de Baby Doll, l'héroïne n'est pas vraiment celle que l'on croie...
Une fois le film fini et la claque visuelle (et sonore avec le remake de Sweet Dream tout simplement formidable) encaissée, une autre claque vous secoue le cerveau, celle du scénario menant à plusieurs interprétations toutes aussi géniales les unes que les autres.
Bravo à Zack Snyder, ce mec est un timbré, un fou... bref un génie et son film est à la hauteur de son imagination apparemment sans limite.
Chris 02-04-2011
Même si le scénario reste très inconsistant, il est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait, puisque, comme pour Inception, plusieurs interprétations sont possibles. baby Doll n'est pas forcément l'héroïne du film. Plus d'explications ici :
http://oblikon.net/dossiers/sucker-punch-analyse-et-explications/

 

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