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Critique Suicide Squad

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DC / Warner ne sait plus sur quel pied danser. Engagé sur le tard dans la création de son univers cinématographique interconnecté, le studio affiche quelques difficultés à l'allumage. Man of Steel et Batman v. Superman : l'Aube de la Justice ont été tièdement reçus par la critique, et les chiffres au box-office se sont avérés décevants. Initialement confiée à Zack Snyder, réalisateur prodige biberonné au clip-vidéo, la direction artistique du DCU est de ce fait désormais conjointement chapeautée par Geoff Johns, grand manitou du divertissement papier et maitre à penser du relaunch des comics DC via l’excellent Flashpoint. Un temps envisagés sous la forme de fresques sombres et épiques, les projets DC / Warner semblent de ce fait partiellement repensés afin de capter plus aisément le grand public. Suicide Squad, victime de reshootings tardifs, semble être la première victime de cet étrange changement de cap.

 

 

Sur le papier, Suicide Squad, antithèse parfaite de la Justice League articulée autour des antagonistes DC, s'impose comme le parfait fantasme de geek. D'autant plus que le catalogue de l'éditeur regorge de personnages aux styles hallucinants, notamment dans les rangs des méchants de seconde zone. Alors que les précédents films labellisés DC se sont évertués à n'utiliser que les figures les plus connues de ce bestiaire abominable, David Ayer met en scène une clique de super-vilains plus obscurs mais néanmoins croustillants. Ce dernier puise pour ce faire dans les différents arcs narratifs des comics et rassemble Deadshot, Harley Queen, Killer Croc, Captain Boomerang, Slipknot et El Diablo. Charge au bidasse Rick Flag et à Katana d’encadrer l'équipe. Précédé par une campagne marketing proprement hallucinante, le film aura judicieusement conservé une certaine part de mystère vis-à-vis de son contenu, notamment en ce qui concerne les rôles de l'Enchanteresse et du Joker. Le concept est néanmoins bien connu des aficionados : recrutés de force par une agence gouvernementale ultra-secrète, les membres de la Task Force X se voient confier une série de missions particulièrement dangereuses. Toute désobéissance se solde par l'explosion d'une nano-bombe située dans leur nuque. En route Simone. Le scénar’ d’Ayer ne révolutionne en rien l’esprit de l’œuvre papier. C’est ultra-léger, bardé de fusillades et de répliques nanardesques. Bref, Suicide Squad fait dans le bis décérébré à gros budget. Probablement contraint par la politique aléatoire de la Warner en matière de ligne directrice, Ayer peine pourtant à injecter dans son travail une véritable cohérence.

 

 

Visiblement pensé dans la même optique noire que Batman v. Superman, Suicide Squad aura connu des réécritures de dernière minute. La Warner souhaite un produit plus fun, plus déjanté, moins premier degré. Deadpool est assurément passé par là. Le studio pousse la bêtise jusqu’à embaucher les monteurs de la première bande-annonce, vidéo un brin mensongère qui a cependant conquis la geekosphère, afin de retravailler le métrage en profondeur. En résulte un divertissement bancal au possible, introduit de manière complètement grotesque puis versant abruptement dans ce qu’il aurait du être : un métrage gentiment bourrin mais handicapé par une narration bordélique. Les trente premières minutes sont presque hors-sujet : Ayer habille ses séquences d’effets cartoonesques nazbroques, de couleurs fluos absolument dégueulasses, de vannes pouet-pouet tellement mal écrites qu’elles retombent systématiquement à plat. Le tout mené par une voix-off – Amanda Waller, responsable de l’agence Argus – chargée de présenter les protagonistes « à la cool ». L’exercice est souvent bâclé et à côté de la plaque. La seconde partie n’est guère plus réjouissante. Le cinéaste tente maladroitement d’humaniser ses super-salopards, de brosser des sentiments, le début d’une amitié. Ce qui fonctionne pour une bande de boy-scouts prêt à se sacrifier pour la survie de la planète sonne pourtant faux dans le cas présent. Les mercenaires de la Suicide Squad sont des raclures de bidet, point. Des individus violents aux méthodes radicales, surement pas des potes de galère qui se tapent une bière en exposant leurs névroses. Déjà articulé autour d’un synopsis con-con – ce qui n’est en soit pas un défaut –, le traitement des personnages torpille définitivement toutes les intentions bad-ass et délirantes du projet. Suicide Squad reste désespérément sage, globalement bien rythmé et bourré de gunfights sympatiques mais jamais vraiment furieux. L’ensemble aurait assurément gagné à pousser le bouchon aussi loin que possible en matière de violence et de vulgarité, à oser taper dans le Rated-R. Dommage.

 

 

Tout n’est pourtant pas à jeter dans ce Suicide Squad. Si certains protagonistes sont dénaturés ou torchés n’importe comment – le semblant de dramaturgie introduit via la paternité de Deadshot ruine instantanément l’aura du perso –, le binôme Harley Quinn / Joker fonctionne correctement malgré un temps de présence limité pour le bouffon bling-bling. Mieux, l’inquiétante Enchanteresse, grande absente de la campagne promo, se profile comme le gros point fort du métrage. Cara Delevingne, « it-girl » à la médiatisation abusive, s’en sort d’ailleurs avec les honneurs en matérialisant avec justesse l’aspect schizo de cette sorcière à double personnalité. Une fois exfoliée des effets pénibles chargés de rappeler aux ignares qu’on est ici dans une adaptation de comic-book, la réalisation de David Ayer s’avère par ailleurs plus que correcte. Le cinéaste cède occasionnellement à quelques facilités stylistiques, à un montage un poil trop brouillon ou à une surcharge d’effets kitsch, mais l’ensemble tient la route. On ne peut pas en dire autant de la musique, qui alterne constamment entre instrumentaux d’excellente facture et morceaux de rap boom-boom relous. Argh.

 

 

Attendu avec une certaine fébrilité, Suicide Squad est malheureusement très loin du divertissement subversif et nerveux que le public était en mesure d’attendre. L’adaptation n’avait rien de foncièrement casse-tête, mais DC / Warner se prend une nouvelle fois les pieds dans le tapis en peinant à assumer une direction artistique claire et efficace. Le film reste amusant à défaut d’être vraiment fun, mais mieux vaudra se tourner vers la version papier ou du côté de l’anime Assaut sur Arkham pour se payer une vraie bonne tranche de Suicide Squad.

 

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