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Critique Sulfures

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« Que faire si vous avez invité un tueur en série en vacances ». En une piètre tagline, Sulfures – hasardeuse traduction du Don’t Let Him In originel – annonce d’emblée la couleur. Le métrage de Kelly Smith, jeune inconnu enregistré comme « negative cutter » au sein de l’encyclopédie du cinéma online, ne fait pas dans la dentelle. Inutile de cherche une quelconque originalité dans ce pur métrage du dimanche soir, visiblement bricolé avec trois bouts de ficelles par un cinéaste au talent encore contestable. Micro-budget, casting de seconde zone et planning de tournage serré confèrent à ce produit vidéo une dimension ultra-Z bien sentie. De quoi se fendre la gueule, le résultat final ne jouissant clairement et sans surprise d’aucune véritable qualité artistique.

 

 

Kelly Smith présente un casier bien chargé. Artisan appliqué sur bon nombre de productions reconnues – en vrac, Bons Baisers de Bruges, The Queen ou How to Loose Friends and Alienate People –, ce dernier opère ses premiers pas en tant que réalisateur avec une indépendance totale. Financé par des studios inconnus, Smith injecte même dans son métrage une partie de fonds propres. Une détermination certes relativement appréciable, mais qui n’empêche pourtant pas à Sulfures de témoigner d’un côté totalement impersonnel. Fade et déjà-vu, le script du métrage s’impose comme un ramassis de clichés passés au shaker torture-porn. A mi-chemin entre ce dernier et le slasher typé eighties, Sulfures recase pour la énième fois une histoire de fou des bois qui déglingue du touriste de la ville. Le tout dans une ambiance champêtre de rigueur, histoire de coucher sur pellicules quelques séquences de poursuites entre les fourrés. A la rigueur. Le principal souci du métrage est malheureusement de calquer l’ensemble de son contenu sur la qualité de son pitch initial. En résulte un gloubi-boulga cinématographique en forme de cataclysme d’une rare médiocrité.

 

 

Non content de servir un pitch bas du plafond, Sulfures carbure en pilotage automatique. Rien n’est crédible dans ce morceau de péloche proprement dégueulasse, l'ensemble cumulant les incohérences par paquets. A commencer par un développement des personnages fleurant le je-m’en-foutisme à plein nez. Jeu de chaises musicales entre les psychopathes, protagonistes d’une affligeante débilité, caricatures navrantes – le flic « so english » à la dégaine minable et au discours faisandé –, Sulfures dresse un impressionnant panel de protagonistes difficilement crédibles. Un constat d’autant plus notable que ces derniers se voient desservis par des lignes de dialogues d’une nullité crasse. Le tout garde au moins le mérite de divertir, tant les revers de situations et autres tentatives de twists sonnent faux. Avec seulement 76 minutes au compteur, Kelly Smith ne se soucie pas vraiment de la bêtise de son script, et se contente de fusiller tout le monde à un rythme effréné. Bien que dénué de climax,  de tension ou d’enjeu dramatique, Sulfures garde au moins le mérite d’éviter de sombrer dans un développement chiantissime.

 

 

Techniquement, Sulfures est à l’avenant. Déjà inintéressant dans le fond, le travail de Kelly Smith témoigne d’une réalisation de clochard. Emballé dans un format 1.85 ignoble, le métrage cumule les plans nazes – les multiples focus sur les machettes – et ne vise guère plus haut que l’esthétique propre au téléfilm allemand des seventies. Direction photo à gerber, cadrages hésitants, maquillages très moyens – les effusions de sang, complètement irréelles – inscrivent définitivement l’ensemble dans un registre Z de bas niveau.  Certes rétro dans son approche, Sulfures témoigne d’une furieuse propension à sombrer dans le has-been le plus total. A l’image des acteurs, interchangeables et complètement à côté de la plaque. Le serial-killer s’avère même involontairement drôle dans son interprétation de la folie, composée à grand renfort de bave et autres regards de gogol. Ultime. A noter que Gordon Alexander a joué dans un certain Sucker Punch. Mais que celui-ci n’a rien à voir avec la décharge d’adrénaline de Zack Snyder. Sacré argument commercial.

 

 

Vite consommé, vite oublié. Sulfures se limite à la déclinaison cheap du menu Mac Do qu’aurait pu représenter un slasher digne de ce nom. Kelly Smith livre ici un film tellement risible qu’il en devient génial. Avis aux amateurs. 

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