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Critique Super

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Notamment connu pour avoir écrit et co-réalisé Tromeo & Juliet de la firme Troma, James Gunn a fait son retour dans le genre en livrant sur grand écran Horribilis en 2006. Métrage indépendant et au succès mitigé, le cinéaste faisait pourtant preuve d’un humour percutant et d’une mise en scène efficace. Il revient aujourd’hui avec un super-héros – thème qu’il a déjà abordé avec la comédie The Specials – répondant au nom de The Crimson Bolt. Super n’est ni une version cheap de Kick-Ass, ni une version trash de Defendor, mais un métrage singulier qui porte un œil neuf sur le genre. Les super-héros tels qu’on les connaît aujourd’hui ne sont plus.

 

 

 

Ecrit en 2002, bien avant Kick-Ass ou Defendor, James Gunn avait déjà la volonté de traiter le thème des super-héros différemment. Aujourd’hui, malgré que la machine hollywoodienne nous assène de blockbusters sur le genre – notamment avec The Avengers et tous ses prédécesseurs (Thor, Captain America, Iron Man 2 et autres) –, le public semble lassé. Le succès de Kick-Ass a montré l’intérêt pour les super-héros plus « humains » et un peu losers, des gens comme tout le monde. Super s’intéresse à Frank D’Arbo, un quidam qui voit sa femme partir et dépérir sous l’influence d’un gros dealer. C’est alors qu’il décide de se créer un personnage, The Crimson Bolt, pour combattre le crime et récupérer sa femme des griffes du vilain. En lisant le synopsis, la comparaison avec Kick-Ass est inévitable. Le métrage a beau avoir été écrit avant, l’œil du spectateur est attentif aujourd’hui, et c’est peut-être l’un des seuls défauts de Super : arriver après la bataille. Cependant, si les grandes lignes se font du coude à coude, James Gunn parvient à s’écarter de son modèle involontaire en proposant quelque chose de beaucoup plus ancré dans la réalité, politiquement incorrect et volontiers dramatique.

 

 

Définitivement adressé à un public adulte, Super ne dégage en rien l’héroïsme tel qu’on a l’habitude de nous le montrer. Un loser méconnu, pathétique, sans fortune particulière ni pouvoirs et au physique ingrat, rien de conventionnel là-dedans. C’est ça ce que nous propose Super : qu’est-ce qui fait de nous un super-héros ? Une question que James Gunn fait transparaître dans la mise en scène de son protagoniste. On s'interroge donc sur la nature des agissements de Frank et notamment sur sa santé mentale. Quand Dave Lizewski voulait ressembler aux héros de ses comics pour mettre un peu de piment dans sa vie, Frank n’y connaît pas grand-chose et semble répondre à une volonté divine. Est-il un psychopathe ? Un pervers qui harcèle sa femme ? Qu’est-ce qui fait de nous un super-héros plutôt qu’un vengeur dérangé ? Est-ce que mettre un masque nous donne le droit de faire notre propre justice ? Ce sont des questions que l’on ne se pose pas face à un Superman ou un Batman. Ils déboulent dans leur super costume, ils sont cools, mais quelle est leur légitimité ? Le protagoniste de Super jongle entre ses différents masques – celui qu’il arbore dans la vie de tous les jours pour cacher sa vraie nature, et celui de The Crimson Bolt pour révéler sa vraie personnalité – et tente de trouver ses marques en suivant les règles qu’il s’est fixé.

 

 

Tout est question de moralité, de bien et de mal. Et les limites sont beaucoup plus difficiles à délimiter que ce que veulent nous faire croire les films de super-héros traditionnels. Voilà pour le fond. Quant à la forme, James Gunn nous offre tout son talent sur pellicule. Le rythme est soutenu et on ne s’ennuie jamais une seule seconde. C’est simple, il se passe toujours quelque chose. On rit, on grince des dents et on vit l’aventure de ce personnage presque comme les autres en acceptant aussi bien ses défauts que ses qualités. De la violence, il y en a. Débutant avec une clé à molette pour tabasser les vilains, c’est avec un vrai arsenal fait maison que The Crimson Bolt va devoir faire face à ses ennemis. James Gunn n’hésite pas à montrer les choses inscrivant ainsi son long métrage dans une certaine logique de réalisme. A ses côtés, une jeune fan de comics-books – Ellen Page, aussi hallucinante que tête-à-claque –. Un side-kick – qui se surnomme Boltie – qui n’en a que pour la baston, complètement déjantée. En face, un dealer megalo et amoral – excellent Kevin Bacon –. Super fait donc appel à toute une panoplie de personnages haut en couleurs aidant à révéler le vrai Crimson Bolt, et tape sur tous les travers moraux de la société américaine sans aucune retenue. L’histoire de cet homme marque un contraste radical avec son environnement, d’une morosité déconcertante. Au sein de ce casting 3 étoiles, on se doit de saluer la performance de Rainn Wilson, dont le jeu corporel est tout simplement excellent.

 

 

A ne ranger dans aucune case, Super est un film qui peut se vanter d’être affublé d’adjectifs aussi diverses que variés : violent, incorrigible, mélancolique, drôle, provocant, subversif, délirant ou tout simplement divertissant. Même s’il arrive un peu tard et malgré un budget serré, le film de James Gunn apporte un souffle nouveau et ne fait pas de son film de super-héros un simple film de super-héros. Beware, crime !

Auteur : TIBO

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