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Critique Survival Of The Dead

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Si son ancien compagnon d’armes Dario Argento creuse désormais plus bas que terre, Georges A. Romero semble définitivement mieux tenir aux affres du temps. Investigateur d’un pan entier du registre horrifique – La Nuit des Morts-Vivants, réalisé en 1968 -, le cinéaste poursuit sa quête « des Morts » (six films à ce jour) contre vents et marrés, ne portant que peu d’attention à des moyens constamment amputés. L’injustement boudé Land Of The Dead – Le Territoire des Morts restera à ce titre son unique œuvre de commande, Romero s’étant réorienté manu-militari vers une conception quasi-entièrement indépendante. En résulte une distribution chaotique, Survival Of The Dead souffrant aujourd’hui encore d’avantage que son prédécesseur en se voyant purement et simplement privé de salles obscures au sein de l’hexagone. Regrettable, tant le métrage s’avère supérieur au mitigé Diary Of The Dead – Chroniques des Morts-Vivants.

 

 

En partie soutenus par une branche du public plus prompte au pignolage sur tout produit labélisé Romero plutôt qu’à en reconnaitre les aspects perfectibles, les deux précédents opus de la saga des morts restaient pourtant plus maladroits que leurs ainés dans leur approche de la critique sociale. Certes moins pénible à visionner qu’une majeure partie de métrage adoptant le même schéma, le concept de « docu-vérité » de Diary Of The Dead – Chroniques des Morts-Vivants l’éloignait de plus radicalement de la saga, le film tranchant net toute cohérence avec ses prédécesseurs en adoptant une forme hybride et en présentant des ambitions artistiques clairement revues à la baisse. Budget restreint oblige, Survival Of The Dead s’inscrit dans le même esprit minimaliste, mais abandonne heureusement l’emballage volontairement amateur auparavant lié à une analyse grossière de notre propension à dévoiler sur la toile les moindres parcelles de nos vies, et marque un certain retour à la conception originelle du cinéma de Romero. Survival Of The Dead reste malgré tout et pour la première fois dans la saga lié à son prédécesseur, le réalisateur enchainant les événements de son film sur ceux de Diary Of The Dead – Chroniques des Morts-Vivants en amenant le groupe de bidasses sur-armé au cœur de son récit. Exilés sur une île perdue, les quelques survivants à l’épidémie zombiesque cultivent ici l’espoir d’échapper à la contamination. Peine perdue, l’endroit se trouvant partiellement peuplé d’agriculteurs bouseux et avides de chair fraiche. Simple et direct, le script du cinéaste se débarrasse enfin des boursouflures faussement intellos des deux derniers opus en date pour évacuer quasi-intégralement tout aspect contestataire inutile.

 

 

Reste un simple portrait de l’individualisme humain, dans le cas présent très bien mis en image par l’incessante rivalité opposant les deux principales familles installées sur l’île. L’occasion pour Romero de marteler une nouvelle fois que l’homme reste encore la plus grande menace pour lui-même, loin devant les catastrophes engendrées par la nature. Lucide et réaliste, mais d’avantage prétexte à dynamiter l’histoire qu’à véritablement engendrer une prise de conscience chez le spectateur. Le réalisateur ayant épuisé les sujets actuels avec deux métrages qui ne retrouvaient à aucun moment la force de frappe de la trilogie initiale La Nuit des Morts Vivants / Zombie / Le Jour des Morts-Vivants, ce dernier laisse partiellement de côté sa vision du monde pour se concentrer avant tout sur l’efficacité. Et force est de constater que son dernier-né s’avère plutôt redoutable dans le registre. Condensé sur une petite heure et demie menée tambour battant, Survival Of The Dead bastonne sec et multiplie les scènes de dézinguage tous azimuts dès les premières bobines. Plus surprenant, le tout s’épaule d’un second degré relativement discret mais parfaitement employé. Romero teinte son œuvre d’un humour omniprésent, malin et très bien accordée à la noirceur apposée en marque de fabrique sur la saga des Morts. Jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveaux procédés de mises à mort, le réalisateur laisse exploser ses cadavres ambulants de façon saugrenues – extincteurs ou encore fusées de détresses sont ici utilisées en armes de dernier recours – et prend soin de pimenter les dialogues, souvent mordants. Si Romero ne retrouve jamais la puissance brute de ses premiers travaux, ces choix font de Survival Of The Dead un divertissement haut de gamme et radicalement éloigné de la norme, et compensent la relative pauvreté visuelle de l’entreprise. 

 

 

Fun et efficace, Survival Of The Dead s’approche au plus près de La Nuit des Morts-Vivants en ce qui concerne sa conception. Trois misérables décors campagnards, une poignée d’acteurs non professionnels, un petit chapelet d’effets bricolés avec trois bouts de ficelle, en avant les histoires. A l’instar de Diary Of The Dead – Chroniques des Morts-Vivants, Romero livre un film furieusement indépendant, mais s’avère ici plus habile à dissimuler les manquements budgétaires. Si les acteurs se montrent comme par le passé très convaincants, les prestations de chacun démontrant encore une fois du talent dont Romero sait faire preuve pour diriger ses interprètes dans l’adversité la plus totale, les carences de financement en matière d’effets spéciaux se montrent globalement mieux maquillées que pour Diary Of The Dead – Chroniques des Morts-Vivants. Si l’ensemble reste loin du soin esthétique apporté à Land Of The Dead – supporté façon maousse-costaud par la major Universal – et ne manque pas de faire appel à des CGI parfois grossiers et dignes d’un téléfilm de luxe, le tout garde un certain charme. Dommage cependant d’avoir opté pour le tout numérique, là ou un projet comme Planet Terror avait su prouver que les trucages mécaniques maison pouvaient encore s’avérer adaptés.

 

 

Sans s’imposer en indispensable, Survival Of The Dead est un zombie-flick qui remplit convenablement son rôle. Pas prise de tête pour un sou, agréablement rythmé, le dernier-né de papy Romero – 70 années au compteur – tient bien la route et évite soigneusement la ringardise. Un sixième volet appréciable et sans prétentions.

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