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Critique Sweet Home

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Sweet Home de la société Filmax est sorti en 2014 et il est le premier film de Rafa Martinez sous l’étroite surveillance des producteurs de REC. Le film s’ouvre sur un texte ancré dans la société espagnole actuelle et socialement explicite : « Chaque année en Espagne, il y a plus de 500 000 expulsions. 85% se passent dans le calme, 13% par la force et 2% en utilisant d’autres méthodes ». À partir de ce constat, Rafa Martinez décide de créer un scénario sur ces 2% restants dans le style Home Invasion - comprenez un huit clos oppressant - basculant dans le Slasher - comprenez... un film avec un assassin pas content dedans -.

 

 

Ce petit texte est le seul synopsis qui sera présenté au public dans les différents médias comme sur internet et les réseaux sociaux. Nous n’en saurons donc pas plus avant de rentrer de plein-pied dans l’action trépidante de ce long métrage. Ainsi, nous allons suivre notre héroïne Alice - Ingrid García Jonsson -, ancienne architecte réalisant à présent des expertises d’immeubles. Le soir de l’anniversaire de son petit ami - Bruno Sevilla -, elle décide d’emprunter les clefs d’un bâtiment quasiment vidé de ses occupants pour organiser une soirée à moindres frais. Mais un groupe de déménageurs de l'extrême est bien décidé à déloger les derniers habitants grâce à des méthodes peu orthodoxes. Aux commandes de sa camera, notre réalisateur soigne son métrage, mais derrière lui, les producteurs comptent bien injecter leur indécrottable « cartes de visite » REC. Une fois de plus, nous nous retrouvons donc dans un immeuble décrépit de Barcelone, avec son escalier central en colimaçon ainsi que ses différents appartements s’ouvrant tous sur de multiples décors lugubres et réalistes. Cette grande bâtisse devient alors une prison pour les personnages. Sweet Home est un premier métrage soigné de bout en bout, mais notre réalisateur fait aussi preuve d’une certaine expérience de la camera, d’un désir de sublimer chaque recoin de son décor. Plans larges en cinémascope, cadrages posés loin du contemplatif ou du soporifique, le tout emballé dans des couleurs audacieuses et terriblement efficaces. Le choix délibéré du rouge criard des néons de l'extérieur traversant les fenêtres semble maculer les intérieurs de taches de sang. Les ocres poisseux sont mélangés au brouillard et au flou orangé. Sans nous inonder de couleurs qui brûlent la rétine, il sait les disposer par touches, telle l’ébauche gouachée d’une toile malsaine.

 

 

Là ou un scénario léger comme celui de Sweet Home aurait pu être développé tout au long du métrage, Rafa Martinez fait le choix de le révéler au bout d’un quart d’heure. Ainsi, les trois quarts du film se déroulent dans une situation de fuite perpétuelle, les personnages étant bloqués dans l'immeuble avec trois prédateurs assoiffés de sang collés à leurs fesses. Les fesses étant la meilleure partie et seul intérêt de l'actrice principale. En effet, ce couple reste l’un des points faibles de la première partie de Sweet Home. Leur amour transpire à l’image, leur complicité cimente leur relation et les accompagnera jusque dans les méandres de l’enfer. Mais bien souvent, on à la triste impression de se retrouver devant « les sous doués et l’assassin ». Les assaillants sont aux nombres de trois, ils s’éliminent presque tout seuls. Le dernier se verra même aveuglé et totalement immobilisé. Mais les principaux protagonistes choisissent de s’asseoir patiemment à ses côtés à quelques centimètres de lui, du moins le temps qu’il appelle des renforts. À aucun moment ils ne feront preuve d’un minimum de jugeote et le spectateur ne pourra s’empêcher de crier dans sa tête ou même à gorge déployée : « mais il en reste qu’un, il peut plus bouger et il est aveugle depuis dix minutes... Mais putain DEFONCE LE VITE ! » Ils n’en feront rien, faisant fi de la réflexion fort pertinente, même si un tantinet vulgaire de ce spectateur effronté. Ils indiqueront même l’endroit précis où ils se trouvent, de peur certainement que le nouveau meurtrier ne se perde dans les rues de Barcelone. En même temps, cet événement permettra au véritable assassin d’entrer en scène et de nettoyer toute cette pagaille. Cette première partie est totalement ratée et gâche même le plaisir ressenti vis-à-vis du traitement de l’image. Heureusement, un basculement brusque s’opère dans la deuxième partie.

 

 

Dés l’entrée en scène du nettoyeur, le ton change et la pluie qui s’abat sur cet immeuble en sera l’élément déclencheur. La caméra devient plus nerveuse, les couleurs se transforment en bleu et noir pour nous plonger dans une action non-stop des plus jouissives. La tension est maintenue à son comble jusqu’à la fin du métrage et il faut avouer que le résultat est à la hauteur des espérances. Tout à coup, des éléments gores s’invitent dans Sweet Home, nous rappelant par moment la trilogie Hostel d'Eli Roth. Le seul – léger – problème vient d’un contraste mal maîtrisé. Lorsqu’une mort violente survient brusquement dans une gigantesque gerbe de sang assez peu réaliste, le spectateur se marre devant cet effet brutal et gore. Car telle est la vocation du gore in fine. Mais lorsqu’elle est suivie d’un élément dramatique, d’une détresse immense, le spectateur n’est alors pas touché et ne compatit en rien au chagrin des personnages. À trop vouloir en faire, le ralisateur oppose des genres au lieu de les lier entre eux, ce qui perturbe la lecture de son métrage et de son propos. Sans vraiment gâcher cette seconde partie, c’est un paradoxe qui empêchera l’amateur de sensations fortes de se plonger totalement dans le rythme effréné du film. Le nettoyeur reste l’élément le plus réussi du film, traité admirablement tel un Jason Voorhees de la saga Vendredi 13 avec le même goût pour les morts violentes, mais l'efficacité en moins.

 

 

Sweet Home présente les mêmes points négatifs que l’ensemble des premiers longs métrages réalisés par des passionnés frustrés de ne pouvoir exprimer leur art jusque là. Trop généreux, rempli d’un trop-plein de références, il peut parfois perdre en route certains spectateurs. Dans le making of, le réalisateur cite Mimic et Massacre à la tronçonneuse 2 et ajoute : « Sweet Home est un collage de ce qui nous plaît ». Il s’agit surtout d’un grand cri d’amour au genre cinématographique de l’horreur et de l’épouvante. Rafa Martinez fait preuve d’une grande maîtrise de la caméra et il sera intéressant de suivre ses futurs projets.

Auteur : MARC D'OC

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