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Critique Taken 3

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Luc Besson est passé expert dans la production d’œuvres de commande stéréotypées. Olivier Megaton semble pour sa part suivre tranquillement le même chemin. Intégré à l’écurie EuropaCorp depuis ses débuts, le cinéaste avait pourtant livré avec La Sirène Rouge une intéressante adaptation d’un roman de Maurice G. Dantec, auteur sombre et tarabiscoté par excellence. La suite sera moins brillante. Abonné aux projets maousses et aux franchises à succès, Megaton conserve malgré tout un style, une marque de fabrique. Celle d’un faiseur doué, capable d’emballer de belles séquences d’action avec un certain panache. Avec Taken 3, le réalisateur se risque à une réécriture des codes de la saga mais manque partiellement son objectif.

 

 

Liam Neeson avait déclaré à qui veut l’entendre qu’il en avait terminé avec l’ex-agent spécial Bryan Mills. Artificiellement prolongée par un second volet parfaitement stylisé mais honteusement calqué sur le métrage initial, l’histoire ne semblait donner lieu à aucune digression supplémentaire. Rien n’est impossible pour Besson, qui s’affranchit ici d’un concept limité et parvient à entrainer Neeson dans un ultime run. Taken 3 marque donc un certain « renouveau » pour la franchise, le métrage de Megaton exfoliant le ressort scénaristique principal justifiant à lui seul le titre du film : le kidnapping. Ouf. Besson et Megaton déroulent en lieu et place une intrigue classique de film policier, et posent par la même occasion une accroche plutôt intéressante, presque culotée au vu de l’aspect résolument grand public du métrage. Alors que son second mariage sombre progressivement dans l’abyme, l’ex-épouse de Mills est assassinée dans son appartement. Sans grande surprise, tout semble accuser le fringuant retraité. Ce dernier se carapate et décide de mener l’enquête seul. Traqué par l’inspecteur Dotzler, Mills va devoir agir rapidement afin de retrouver les véritables coupables et protéger sa fille. Here we go again. De prime abord simple et efficace, le scénario de ce Taken 3 s’avère étonnamment plus malin qu’il n’y parait. Besson témoigne en effet d’un léger effort d’écriture, et articule son intrigue comme une enquête émaillée de retournements souvent sympathiques, parfois franchement tirés par les cheveux. Le spectateur en fera son affaire.

 

 

Contrairement aux opus précédents, Taken 3 se montre un peu plus poussé sur le plan narratif. Besson et Megaton n’hésitent certes jamais à lorgner vers le n’importe-nawak le plus total afin de multiplier les cliffhangers – le « véritable » méchant, invraisemblable –, mais le film fonctionne plus ou moins. Ces derniers échouent pourtant à insuffler dans leur produit ce qui fait la substantifique moelle de l’actioner pétaradant : de la tension et de l’adrénaline. Le film est en effet incroyablement mou, paresseux, torpillé par une avalanche de bons sentiments lourdauds – la fille de Mills, qui ne sert à rien sinon casser l’action –. S’il affiche bien ses inévitables saillies burinées, le travail de Megaton reste dépourvu d’enjeux dramatiques, de fusillades suffisamment bandantes ou d’explosions qui impriment durablement la rétine. Le cinéaste déballe sa matière en pilotage automatique, sans générosité ni audace. Neeson n’est en effet jamais en danger et dézingue des malfrats qui n’impriment aucune présence sur la bobine. C’est notamment le cas de l’antagoniste prétendu, brossé comme une caricature de mafieux has-been. Déjà doté d’un facies plus comique que véritablement brutal, le gonz’ se fait de plus dérouiller en slip blanc dans un pseudo-final assourdissant mais franchement nazbroque. Ridicule. Le flic lancé à la poursuite de tout ce petit monde est franchement inutile et se prend des bananes sur toute la longueur. Ce qui ne l’empêchera pas d’annoncer dans la séquence finale qu’il avait tout capté depuis le début. Tordant.

 

 

Le pire reste la qualité très contestable de la réal’ de Megaton. D’ordinaire plutôt à l’aise sur ce genre de produits purement pop-corn, le cinéaste vire ici dans l’illisibilité la plus totale. L’action est brouillonne, souvent propice à une avalanche de plans délirants empilés sur une rythmique mitraillette. Le format scope permet certes à Mégaton de capturer une petite série d’images impressionnantes, mais l’ultra-cut épileptique utilisé dès que le synopsis s’énerve fatigue. Taken 3 ne brillera par ailleurs à aucun moment de par son casting. Neeson semble lessivé et cachetonne tranquille, la pétillante Famke Janssen passe à peine dans le champ et Forest Whitaker écope d’un rôle nullissime. Le spectateur pourra au moins profiter des jolies courbes de Maggie Grace, irritante mais bien gaulée. C’est déjà ça.

 

 

Taken 3 est le volet de plus bancal d’une franchise déjà dispensable. Le métrage reste plus ou moins divertissant et fait preuve d'une intrigue pas dégueu, mais peine à s’imposer comme un bis suffisamment fracassant pour marquer les esprits. Du cinéma fast-food, sans couilles ni ambitions. Hop, au suivant.

 

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