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Critique Tesis

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« Meilleur nouveau réalisateur, meilleure révélation masculine, meilleur son, meilleur montage et meilleur direction de production ». Tesis aura raflé cinq Goyas – l’équivalent espagnol des César – l’année de sa sortie. Une consécration méritée, qui propulsera Alejandro Amenábar parmi les cinéastes à suivre. Malgré son jeune âge – 23 ans –, celui-ci livre avec ce premier long-métrage une œuvre parfaitement ambiancée, d’autant plus maitrisée qu’elle s’articule autour d’une thématique casse-gueule ici abordée avec une réelle sensibilité. Si le film pourra paraitre aujourd’hui légèrement daté et moins ambitieux que certains de ses travaux suivants – Ouvre les Yeux consacrera le talent du jeune réalisateur deux ans plus tard –, le lifting offert par les éditions Carlotta Films à l’occasion d’une nouvelle sortie vidéo offre un jour nouveau sur un film assurément culte.

 

 

L’existence d’un éventuel marché du « snuff movie » reste à la fin des nineties ignorée du grand public. Joel Schumacher abordera cette « légende urbaine » en livrant à peine deux ans plus tard un 8 mm au budget bien gonflé mais à l’approche racoleuse mi-figue mi-raisin. Le sujet reste certes similaire, mais Tesis évite pour sa part soigneusement toute facilité scénaristique ou visuelle. Angela, le protagoniste principale, est étudiante en communication et prépare une thèse sur la violence audiovisuelle. Habilement, Amenábar brosse ce personnage timide et maladroit comme un miroir de sa propre personne. A l’époque inscrit dans un cursus universitaire en science de l’image, ce dernier évite en effet volontiers les amphithéâtres pour se concentrer sur des courts-métrages dont les sujets évolueront progressivement vers la trame narrative de Tesis, œuvre vénéneuse dénonçant notre fascination pour la brutalité et le vice. Le reste n’est que pure fiction. Angela demande à l'un de ses professeurs d’extraire de la vidéothèque de la faculté des films violents. Le conférencier découvre alors une cache secrète renfermant des snuffs, vidéos amateurs sur lesquelles des femmes sont torturées et tuées devant l’objectif, et décède en visionnant l’enregistrement. Angela décide alors de mener l’enquête, aidée dans ses investigations par Chema, un camarade de classe adepte de gore et de bizarreries cinématographiques.

 

 

A contrario de 8 mm, qui se complaisait à accumuler les images glauques, malsaines et explicites, Tesis traite son sujet en jouant sur la subtilité et les suggestions. C’est le principal atout du premier long d’Amenábar, qui parvient à créer un certain effroi sans jamais user d’un « véritable » usage de la violence visuelle. Le cinéaste greffe à son métrage une rythmique toute en retenue mais relativement habille, Tesis se profilant comme un jeu de masques au suspense bien achalandé. Le métrage se dote d’une structure qui, si elle ne s’avère pas exemptes de défauts – de rares longueurs de ci et là –, bénéficie de multiples rebondissements. Avec peu de moyens, Amenábar pose les bases d’une formule qui fera par la suite son succès sur Les Autres. Minimaliste dans la forme – un décor quasi-unique et une petite poignée d’acteurs –, ce dernier fouille son sujet au maximum et installe rapidement une tension hypnotique, sombre, presque Hitchcockienne. Du tout bon.

 

 

Tesis a pris près d’une vingtaine d’années dans la vue. Inévitablement, le film présente quelques rides esthétiques, d’autant plus qu’il se présente logiquement comme le projet le moins abouti d’Alejandro Amenábar à ce niveau. Le film n’en reste pourtant pas moins convaincant sur ses aspects purement formels. Le réalisateur a en effet pris le temps d’étudier l’art du cinéma en profondeur, et se fend donc d’une œuvre lisible, sans artifices inutiles. Une agréable sobriété, par ailleurs accompagnée d’une direction photo qui parvient à conférer aux séquences nerveuses une atmosphère des plus angoissantes. La direction d’acteurs bénéficie du même soin. Si Ana Torrent et Fele Martínez se montrent parfaitement justes, c’est Eduardo Noriega qui imprime la bobine d’une présence véritablement troublante. Ce dernier accèdera d’ailleurs à un rôle encore plus fouillé et complexe sur le second film d’ Amenábar, Ouvre les Yeux. Une révélation.

 

 

Bien qu’il n’en revête les spécificités qu’aux entournures, Tesis est probablement l’une des œuvres fondatrices du nouveau cinéma de genre espagnol. Visuellement travaillé, doté d’un script profond et passionnant, le premier long d’Alejandro Amenábar est une remarquable plongée en apnée cinématographique. Un thriller intelligent et redoutablement efficace.

 

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