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Critique The Box

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Que pourrait-on être en mesure d’attendre de l’extraterrestre Richard Kelly si ce n’est une vision trouble et perturbante du septième art ? Cinéaste de l’expérimentation au même titre qu’un David Lynch, le jeune Américain épingle à son tableau les œuvres les plus à même de partager les opinions, Donnie Darko et le plus discret Southland Tales ayant en leur temps engendrées les réactions dubitatives comme les avis les plus enthousiastes. Inscrit dans la même veine de bizarrerie filmique, The Box ne déroge pas à la règle et s’impose en expérience visuelle et intellectuelle particulièrement difficile à aborder. Car si le réalisateur entraîne la célèbre Cameron Diaz dans son univers, son dernier témoignage n’apparaît en rien comme une bobine motivée par une quelconque ambition mercantile.

 

 

Richard Kelly fait définitivement du cinéma de l’étrange aux imprévisibles propriétés mutagènes. Si la bande-annonce de son dernier projet en date pouvait laisser planer quelques indices quant à la direction dans laquelle aurait pu s’orienter The Box, c’est pourtant vers des horizons cinématographiques résolument personnels qu’évolue le réalisateur Américain. Fantastique dans la forme la plus stricte, son métrage navigue en eaux trouble et fait aussi bien appel au ressenti qu’à l’intellect. Sur ce premier point, The Box se profile comme une œuvre complète, extrêmement soignée et respectueuse d’une école classique au possible. Richard Kelly livre presque un film daté, à la colorimétrie volontairement délavée et à la réalisation classieuse et tempérée. Désireux d’adapter l’habillage au propos, ce dernier témoigne de choix artistiques illustrant au mieux l’époque dans laquelle l’intrigue de The Box prend corps. Très typé seventies, le film s’inscrit dans une veine Hitchcockienne jusque dans sa musique d’un autre âge. Le réalisateur évite par conséquent toute esbroufe au profit d’une capture des images sobre, Kelly misant d’avantage ses atouts sur un script intriguant que sur un emballage dernier cri. Si le tout s’apprécie avec une nostalgie enthousiasmante, The Box se ferme de ce fait volontairement les portes d’une critique unanime tant l’ensemble présente des encornures hermétiques. Le rythme adopté se veut en effet si mesuré qu’il flirte à plus d’une reprise avec l’inaccessibilité pure et simple, la faute à un scénario qui pose d’intéressantes fondations mais tend à se perdre à plusieurs occasions dans une brume si épaisse qu’elle en devient impénétrable.

 

 

Contrepartie regrettable de sa personnalité hors normes, The Box s’affuble d’un développement peu accrocheur. Si le pitch initial dessine quelques questionnements passionnants, le tout souffre de véritables carences sur la longueur et s’essouffle en voulant s’aventurer vers des terrains trop atypiques. Le scénario s’engouffre en effet passé une heure dans un fantasque troublant et incompréhensible. A trop vouloir laisser place à l’imaginaire et à la libre interprétation, Kelly n’apporte jamais de véritable réponse à l’intrigue initiale et sombre dans un inextricable marasme scénaristique. The Box aborde pourtant un chapelet de thématiques intéressantes, et dresse un portrait de l’humanité alarmant d’individualisme en insufflant au sein de son scénario un dilemme aux connotations bibliques. Le concept de base, la mort d’un inconnu en pressant un simple bouton contre un million de dollars, se présente en en effet en choix cornélien qui n’est pas sans évoquer la fuite de L’Eden d’Adam et Eve. Cette analogie au mythe du fruit défendu et aux fondements de la religion trouvera de nouveau corps à de nombreuses reprises, notamment par la présence à la fois divine et diabolique du détenteur de la boite, mais ne parvient pourtant pas véritablement servir le propos de Richard Kelly. Si les connotations sont habillements cryptées, le message demeure pour sa part relativement flou, voire tout simplement vain. 

 

 

The Box intègre sans aucun doute possible la caste très réduite des œuvres difficilement compréhensible sur un unique visionnage, et s’abordera probablement d’un œil bien différent selon les personnalités et les sensibilités de chacun. Malgré ses nombreux « défauts », The Box ne laisse pas véritablement de sentiment négatif, ni de réelle satisfaction,  le travail de Richard Kelly présentant malgré tout une certaine consistance en matière de réflexion sur la vie et de la mort. Si l’on pourra se questionner sur la profondeur de cette dernière, The Box se donne se complétant d’un casting pleinement impliqué dans le projet. A l’aise dans un domaine radicalement éloigné de son registre comique de prédilection, Cameron Diaz campe une femme ambiguë et parvient à retranscrire avec brio tout le potentiel dramatique propre au personnage. Une prestation indispensable au bon fonctionnement de The Box, le film de Richard Kelly se construisant en grande partie sur l’évolution du couple Norma - Diaz - / Arthur - Marsden -, tous deux excellents. Exception faîte du mystérieux Arlington Steward, incarné par le vétéran Frank Langella, les personnages de The Box restent uniquement cantonnés à des interventions anecdotiques, Richard Kelly préférant resserrer son étau autour du cocon familial et de la prise de conscience des conséquences inhérentes à la pression du fameux bouton.

 

 

Objet filmique non identifié par excellence, The Box est une œuvre au potentiel certain. Richard Kelly ne parvient pourtant pas véritablement à transcender son sujet pour imposer un film véritablement fort et hypnotisant. Reste un constat plutôt audacieux de notre société, à condition de passer outre le manque de rebondissements et se montrer réceptif à un message de prime abord peu évident à assimiler.

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