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Critique The Canyons

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Paul Schrader aura connu son heure de gloire. Bien qu’ayant scénarisé des œuvres mythiques comme Raging Bull et Taxi Driver de Martin Scorsese, ce dernier retombera en effet dans un relatif anonymat une fois passé derrière la caméra. La faute à une approche anticonformiste au possible, limitant souvent ses travaux à des sorties discrètes sur le continent américain. Engagé pour les besoins du quatrième volet de L’Exorciste, Schrader se fera même éjecter de la post-production pour voir finalement le script intégralement reshooté par le roublard Renny Harlin. Sans grande surprise, The Canyons se présente donc comme un projet troublant et complexe. Associé à l’écrivain Bret Easton Ellis, auteur du déjanté American Psycho, Schrader joue ici la carte du subversif et s’engouffre sans pudeur dans un registre absent des toiles depuis la triste resucée Basic Instinct 2.

 

 

Tourner un thriller aux enluminures érotico-dramatiques semble devenu une véritable gageure. Souvent cantonné aux diffusions de seconde partie de soirées, le genre ne semble plus avoir renié avec le grand-public depuis le succès de l’habile Sexcrimes. En artisan turbulent de l’industrie indépendante, Paul Schrader livre avec The Canyons un métrage sulfureux résolument plus proche de l’esprit des eighties / nineties que du cinéma actuel. Son métrage évoque inévitablement les productions Hollywood Night, mais s’habille d’une verve vénéneuses et critique qui lui confère une épaisseur notable. Car The Canyons n’est pas un simple produit destiné aux séances de minuit, mais bien un pamphlet brutal et désenchanté. Schrader pose au cœur de son métrage un chapelet de personnages paumés entre réalité et paradis artificiels, pervertis par le culte du corps et de l’argent prônés par les médias. Christian, jeune producteur minable, entretient une relation avec Tara. Occasionnellement, ce dernier se plait à partager sa compagne avec des inconnus trouvés sur des sites de rencontres. Lorsqu’il découvre que Tara a renoué avec Ryan, un ex-petit ami qu’elle a imposé en premier rôle sur son futur film, Christian décide de confondre les deux amants en montant un jeu pervers. Le piège va pourtant se retourner contre lui.

 

 

The Canyons tisse une intrigue travaillée et pose une atmosphère bien particulière. Paul Schrader travaille ses personnages à l’extrême et apporte un soin particulier à ses premiers rôles comme à des intervenants plus secondaires. Le métrage y gagne assurément en consistance et en suspense, ce dernier laissant les vices des protagonistes exploser progressivement. Exfoliant toute notion de manichéisme souvent propre au cinéma commercial, le cinéaste couche sur bandes un thriller cynique mais étonnamment juste. Car au-delà de l’aspect purement voyeuriste  – Lindsay Lohan inonde la péloche en livrant une prestation décadente et habitée –, The Canyons est un sombre reflet d’une génération décomplexée par l’overdose d’images malsaines désormais accessibles en quelques secondes. La déconcertante noirceur du métrage agit presque en charge accusatrice contre tout en chacun, Schrader brossant un portrait d’une humanité qui peine à éradiquer, voire même à dissimuler ses déviances. Bien qu’émaillé de quelques baisses de rythme, The Canyons s’avère à ce titre passionnant.

 

 

La dimension hypnotique du travail de Schrader tient autant dans la puissance du récit que dans son approche technique. The Canyons est un film travaillé, presque arty. Usant d’une réalisation fluide, saturée de travellings et de plans séquences qui s’étirent plus que de raison, le réalisateur couche sur bandes une œuvre addictive, sensitive, baignée dans une lumière crue et des sonorités rétros. The Canyons se profile comme un enivrant tableau, animé par un casting cabossé mais hautement impliqué. L’ex-starlette déchue Lindsay Lohan se fend d'une interprétation écorchée, difficile, poignante et à son image. L’acteur porno James Deen est également saisissant, celui-ci campant avec une maitrise totale un gosse de riches psychotique, instable et définitivement déconnecté du monde réel. Remarquable.

 

 

Paul Schrader est un cinéaste à part. The Canyons reste à ce titre l’un des manifestes les plus éloquents de la vision crépusculaire du cinéaste. Reposant sur un sens de l’artistique hors-normes, son travail propose une étude de mœurs particulièrement envoutante et ne fait preuve d’aucune concession commerciale. Immanquable.

 

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