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Critique The Crazies

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Œuvre mineure au sein de la filmographie de George A. Romero, The Crazies marquait d’avantage les esprits par son potentiel inexploité que par ses qualités intrinsèques. Mou du genou et relativement peu aisé à ingurgiter d’une unique traite, le métrage présentait de ce fait d’excellentes prédispositions à se voir nanti d’un habillage nouvelle génération. Malgré l’implication partielle du géniteur initial du côté des exécutifs, le projet aura pourtant été développé dans l’indifférence générale, à l’image des très mauvais remakes de La Nuit des Morts-Vivants et du Jour des Morts-Vivants. Pas de surprise à l’horizon, The Crazies version 2010 confirme définitivement l’affiliation risiblement nanardesque dont se targuent les relectures de Romero.

 

 

Dans les faits, The Crazies se positionne pourtant probablement comme la meilleure ré-adaption du cinéaste culte. Difficile de faire plus abrutissant que le récent Jour des Morts-Vivants de Steve Miner, ridicule sur toute la ligne. The Crazies 2010 a au moins le mérite d’afficher des contours enfin pleinement professionnels, et de s’éloigner de manière plus significative d’un registre Z complètement fauché. Si l’ensemble ne bénéficie pas d’un budget de blockbuster, l’emballage fait illusion. Mercenaire expérimenté de la fiction télévisuelle de gros calibre (Invisible Man, Fear Itself) ainsi que de la machinerie hollywoodienne Sahara, Breck Eisner opte pour une réalisation très classique, qui privilégie la lisibilité des séquences aux mouvements inutilement grandiloquents. Ni beau ni laid,  The Crazies ne témoigne à aucun moment d’une quelconque originalité ni même d’un soupçon de prétention artistique, bien que cet habillage passe-partout ainsi qu’un montage rythmiquement très mesuré éloignent avec bonheur le métrage d’Eisner des productions adolescentes calibrées selon les standards du clip vidéo épileptique. Un semi-bon point qui s’avère malgré tout particulièrement significatif du total manque d’ambition caractérisant The Crazies, là ou le script initial révélait pourtant matière à littéralement transcender le film de genre en y adjoignant un fond digne d’intérêt. Essai manqué, le métrage de Breck Eisner ne raconte rien de particulièrement notable, et parvient même à évacuer la diatribe anti-militariste dont témoignait Romero en son temps. Autrement dit, l’un des rares points véritablement intéressants du film originel.

 

 

Probablement plus enclin à assurer le divertissement avant tout, Eisner met donc complètement de côté le point de vue des forces militaires, ici limitées à une présence purement accessoire. Si les bidasses testostéronés sont toujours associés au bon déroulement de l’histoire – mise en quarantaine de la ville oblige –, ces derniers se contentent de dézinguer les habitants contaminés sans que l’on expose le pourquoi du comment. Réduite à une unique scène de confrontation misérablement menée, le rapport de force entre ces derniers et les protagonistes fuyant cette toute-puissance militaire ne s’attarde pas dans les détails. Le gouvernement ordonne, les sous-fifres exécutent, point à la ligne. Exit l’aspect politique sulfureux et la peur du scandale – moyen détourné pour Romero d’évoquer l’affaire du Watergate – qui motivaient les principales décisions des dirigeants dans la version de 1974, The Crazies 2010 n’a personne à attaquer de front et reste bien propre sur lui. Pourquoi pas. Le manque d’action et de séquences véritablement trépidantes se fait cependant et par conséquent plus cruellement ressentir, le film de Breck Eisner se montrant particulièrement lent et pénible. Le script de The Crazies effleure l’essentiel dans tous les domaines, les séquences de marche mornes et interminables se multipliant avec une impressionnante répétitivité.

 

 

Bien que résidents d’une bourgade perdue au fin fond des Etats-Unis, les protagonistes de The Crazies semblent engouffrer les kilomètres, les scénaristes étalant la traversée de la ville sur plusieurs jours et nuits. Incompréhensible. Cette soporifique quête se voit de plus à peine émaillée de quelques rencontres, et si les relations expéditivement esquissées avec les autres survivants – notamment un groupe de pilleurs qui auraient pourtant pu apporter quelques retournements intéressants – restent excusables, le manque de confrontations avec les infectés s’avère nettement plus dommageable. Proprement scandaleuses exception faîte d’une scène bien craspec, ces séquences se voient limitées à peau de chagrin, et expédiées en deux coups de cuillère à soupe. En résulte une tension aux abonnés absents qui inscrit définitivement le métrage de Breck Eisner dans un marasme total et complet. Difficile dans cette optique pour les acteurs de s’investir totalement dans le projet. A l’image de la réalisation technique, chaque intervenant se contente du strict minimum syndical, sans pour autant témoigner de véritables failles de jeu. Bien que rodé aux grosses productions, Timothy Oliphant cachetonne ici sans passion, et livre une interprétation calibrée et sans émotions, grandement aidé par un personnage de boy-scout dénué de tout relief. Dommage.

 

 

Seule véritable qualité au tableau, The Crazies 2010 présente une véritable constance dans sa volonté de rester en surface. Qu’il s’agisse des personnages, du développement ou du message sous-jacent, le métrage évite soigneusement de creuser tout élément qui aurait pu conférer une véritable aura au projet. Un remake insignifiant, vite vu vite oublié.

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