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Critique The Dark Knight Rises

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Enfin. Près de quatre ans après le tsunami engendré par son fantastique The Dark Knight, Christopher Nolan pose le point final à sa trilogie. Devenu en l’espace de quelques années la coqueluche de la nouvelle école Hollywoodienne, le cinéaste aura profondément redessiné les contours du film de super-héros. Plus sombres et complexes que la norme jusqu’ici en vigueur, les adaptations de la chauve-souris ont su privilégier le développement des personnages au détriment d’une approche de l’action purement pop-corn. Une orientation que Nolan aura couplée à une direction d’acteurs particulièrement soignée ainsi qu’à un souci de l’artistique en marge des blockbusters habituels. En se présentant comme l’un des projets les plus confidentiels de ces derniers mois, The Dark Knight Rises aura logiquement suscité une relative impatience. Une attente qui se solde malheureusement par une semi-déception, Nolan ne parvenant à hisser que partiellement son dernier opus au niveau de ses deux précédents travaux sur la franchise.

 

 

Christopher Nolan n’est pas réalisateur à sombrer dans la facilité. Le traitement de The Dark Knight Rises en témoigne une nouvelle fois. Le cinéaste avance pour les besoins de ce troisième opus la même volonté de mise à mal du personnage. Davantage intéressé par les faiblesses et la psychologie trouble d’un homme en proie à une certaine forme de schizophrénie que par l’invincibilité jusqu’alors cultivée par l’image du super-héros, Nolan dépeint un Batman confus, perdu dans un monde qui l’a clairement rejeté. Devenu fugitif suite à la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom d’une noble cause. Si la criminalité a quasiment disparue des rues de Gotham City, le mercenaire masqué Bane va arracher Bruce à l’isolement. Exilé depuis près de huit ans au sein de son manoir, le milliardaire n’a d’autre choix que de ressusciter son alter-ego, Batman, afin d’affronter cette nouvelle menace. Baroque, torturé, violent à souhait, The Dark Knight Rises est plus que jamais le reflet d’une époque. Evitant tout élan flashy ou patriotique, Christopher Nolan emballe un morceau de péloche chaotique, au sein duquel l’ordre social vole en éclat suite aux promesses illusoires d’un gouvernement fantoche. Difficile d’y voir autre-chose qu’une réaction épidermique aux fausses promesses d’une Amérique malade de l’intérieur. Le métrage s’inscrit à ce titre dans la directe continuité du ténébreux The Dark Knight. Car au-delà du propos et de la vision, le développement de The Dark Knight Rises adopte une architecture similaire. Rythmique mesurée, construction labyrinthique, Nolan dévoile une toile sur laquelle les pièces viennent se greffer avec une incontestable maitrise. 

 

 

Si les deux volets témoignent d’une impressionnante cohérence, The Dark Knight et The Dark Knight Rises fonctionnent pourtant presque en thèse / antithèse. A l’aspect crépusculaire du premier, Nolan répond par un métrage à l’esthétique plus lumineuse,  à la profondeur de son méchant précédent – le Joker, brossé par un Heath Ledger habité –, le cinéaste privilégie aujourd’hui un adversaire plus frontal et animal. Mais aussi terriblement quelconque. Relativement anecdotique, Bane se positionne ici comme une Némésis presque inexpressive, terriblement lisse. Ce n’est pourtant pas le seul défaut de The Dark Knight Rises. Le réalisateur sombre en effet dans un processus de déconstruction / reconstruction qui évacue presque Batman au second plan. Affaibli, Bruce Wayne cherche ici à faire renaître le personnage et son image. Un cheminement qui se matérialise par une longue période de réflexion et de rémission physique, au cours de laquelle le milliardaire apprend à se retrouver. Une forme de voyage initiatique forcé que Nolan avait dépeint sous une autre forme dans le traitement de Batman Begins, et qui fait sombrer The Dark Knight Rises dans la redite. Pire, le cinéaste en oublie parallèlement certains axes passionnants, à commencer par le personnage de Miranda Tate – Marion Cotillard –.  Protagoniste clé, ce dernier passe sur le devant de la scène sans que le cinéaste ne prenne le soin d’approfondir son passif avec Wayne, relation pourtant charnière dans la construction du récit. Dommage, The Dark Knight Rises manquant clairement du relief du second volet.

 

 

Contrairement à ses prédécesseurs, The Dark Knight Rises manque en effet d’enjeux dramatiques. Un écueil renforcé par la transparence des nouveaux personnages. Catwoman / Selina Kyle ou encore John Blake traversent le métrage sans véritablement lui insuffler un souffle nouveau. Nolan déroule pourtant le tout astucieusement, émaillant son travail d’un petit chapelet de cliffhangers efficaces. La sauce ne prend pourtant jamais véritablement, et ce malgré une impressionnante maitrise technique et artistique. Qu’il s’agisse de direction d’acteurs, irréprochable, ou de sa réalisation, The Dark Knight Rises se présente probablement comme l’un des plus beaux tableaux cinématographiques de ces derniers mois. Christopher Nolan maitrise incontestablement son sujet, et capture de ci et là une petite poignée de séquences épiques et visuellement explosives, qui font néanmoins de The Dark Knight Rises un film d'action parfois impressionant. Le tout dopé par un score ultra-puissant servi par un Hans Zimmer au meilleur de sa forme. Des moments de bravoure qui ne suffisent pourtant pas à nantir The Dark Knight Rises d’une véritable tension.

 

 

Artistiquement impeccable, The Dark Knight Rises reste un film acceptable. Le métrage s’inscrit pourtant parmi les travaux les plus faibles de Christopher Nolan. Très loin de l’éclatante réussite de The Dark Knight ou encore du fabuleux Inception, cet ultime volet clôt la franchise sur une note de déception, et ce jusque dans son final. Conformiste au possible, ce dernier fait machine arrière là ou Nolan aurait pu disposer d’une conclusion à la puissance émotionnelle inédite dans le genre. 

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