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Critique The Day

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Douglas Aarniokoski aura patiemment attendu son heure. Assistant de production à ses débuts, le futur-cinéaste a en effet pris le temps de faire ses armes aux côtés du fou-furieux Robert Rodriguez. Collaborateur de l’ombre sur Une Nuit en Enfer ou The Faculty, Aarniokoski accédait au poste de réalisateur avec Highlander Endgame. Un quatrième volet en forme de cadeau empoisonné, le cinéaste n’ayant quasi-rien tourné par la suite si ce n’est l’utra-Z Animals. Positivement remarqué en festivals, The Day marque enfin sa véritable entrée dans un genre qu’il semble maitriser à la perfection. A mi-chemin entre survival et film post-apocalyptique, son nouveau projet parvient enfin à imposer Aarniokoski comme un cinéaste à suivre.

 

 

The Day est un film sombre et torturé. Si son travail s’avère anti-commercial au possible, Aarniokoski ne cherche pas pour autant à insuffler une quelconque complexité à son intrigue de base. Dans un futur post-apocalyptique, un groupe de cinq personnes erre sur la route. Lorsqu’ils découvrent ce qu’ils pensent être une maison abandonnée où se réfugier, le piège se referme brutalement sur eux : un gang assoiffé de sang les prend en chasse. Point final. The Day mêle les spécificités du film de siège à quelques éléments propres au registre horrifique, Aarniokoski privilégiant la simplicité d’un script terre à terre à toute tentative de renouveau d’un schéma partiellement usité. Un fort sentiment de déjà-vu plane de ce fait inévitablement sur The Day, l’ensemble rappelant malheureusement de manière un poil trop insistante l’impressionnant La Route ainsi que le récent Hell. Qu’il s’agisse du déroulement des événements – un groupe de survivants pris en chasse une bande de cannibales – ou encore de la photographie, The Day ne parvient jamais véritablement à s’affranchir de comparaisons handicapantes, Aarniokoski posant sur bandes un métrage aux twists et autres retournements plus ou moins attendus. S’il s’ouvre sur une séquence introductive sans éclat, The Day parvient par la suite à imposer une rythmique soutenue ainsi qu’à témoigner d’une réelle efficacité. A condition de rentrer pleinement dans l’ambiance du métrage.

 

 

A l’instar de ses pairs, The Day est avant tout un film sensitif. Relativement dépouillé, le script s’impose naturellement comme un reflet du monde dépeint par Aarniokoski. Le cinéaste parvient pourtant à combler l’espace en s’attaquant à une solide et plutôt passionnante étude de mœurs. Le cinéaste apporte en effet un soin tout particulier à ses personnages, creusant au plus profond la psychologie de ces derniers sans jamais sombrer dans un manichéisme trop prononcé. Effaçant progressivement toute notion de bien ou de mal, Aarniokoski livre une œuvre d’une noirceur poisseuse et contagieuse, greffant la notion de rédemption en guise de fil rouge. Jusqu’en boutiste, le cinéaste ne s’embarrasse pour ce faire d’aucune barrière. The Day est un travail d’une rare brutalité, qu’elle soit visuelle ou psychologique. Le final se dresse à ce niveau comme un sommet de violence brute et dérangeante, sans verser dans le gore purement gratuit. L’aridité ainsi que le désespoir imprimée par le cinéaste à sa bobine suffisent à installer un mal-être continu.

 

 

Techniquement, The Day se profile comme un métrage impeccable. Et parvient par la même occasion à s’habiller d’une certaine personnalité. A défaut d’audace dans le fond, Aarniokoski fait ici preuve d’une direction artistique raffinée et hypnotique. Le cinéaste limite en effet la colorimétrie à son strict minimum, à tel point que The Day flirt avec le noir et blanc. Esthétiquement, le rendu contribue grandement à capturer sa proie dans un tourbillon de fureur sombre et viscérale. Une approche ultra-efficace, parfaitement relayée par l’ensemble des intervenants disposés devant la caméra. Si les acteurs sont pour la plupart rodés au genre – Shawn « Les Ruines » Ashmore ainsi qu’Ashley « Le Dernier Exorcisme » Bell mènent la barque avec brio –, le canadien Michael Eklund brille plus particulièrement et livre une nouvelle fois une prestation hallucinante et hallucinée. Dans la directe continuité de son travail sur The Divide, son rôle de méchant psychotique fait tout le sel du métrage. Chapeau bas.

 

 

The Day aurait pu se profiler comme un métrage indispensable. Légèrement plombé par un synopsis sans originalité aucune, le film de Douglas Aarniokoski se démarque heureusement par un travail d’orfèvre sur la technique, l’approche psychologique ainsi que la direction d’acteurs. Des qualités rares qui font de The Day une œuvre cinématographique certes parfois bancale, mais assurément digne d’intérêt.

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