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Critique The Descent : Part 2

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Petite pépite indépendante de l’année 2005, The Descent avait su propulser Neil Marshall dans la caste des réalisateurs les plus prometteurs du moment. Parfaitement refermé sur une conclusion sombre et poétique, le second-long du cinéaste anglais se positionnait alors comme une œuvre unique et difficilement prolongeable, sous peine d’inutile plagiat. Au vu du succès commercial du film, Marshall initie pourtant lui même une séquelle à son chef-d’œuvre, mais confie son projet à Jon Harris et en assure seulement la production. Epaulé par James Watkins - l’excellent Eden Lake - pour le scénario, Harris signe là sa première réalisation, ce dernier étant coutumier de l’univers mis en image puisque ayant auparavant officié au poste de monteur pour les besoins du premier opus. Bien que The Descent : Part 2 se voit emballé par un tandem de prime abord rassurant, le métrage se profile pourtant comme un ratage complet.

 

 

Bien que furieusement européen dans la forme et distribué en premier lieu au sein de l’union, The Descent : Part 2 affiche tout de suite des ambitions de « toujours plus » bien Américaines. Basé sur l’happy end misérable retouché pour les besoins du marché US, le métrage présente d’emblée une incohérence totale avec la superbe fin originellement mise en boite par Marshall. Sarah sort donc ici plus ou moins indemne des cavernes, et ne tarde pas à rejoindre l’hôpital du coin. Si le choix demeure plus que contestable, la pilule est néanmoins en partie digérée par une très bonne introduction qui replace les faits dans le contexte de cette séquelle. La repompe du « style Neil Marshall » ne plane jamais très loin, mais les premières images de The Descent : Part 2 en imposent. Cadrages superbes, scope de rigueur, paysages majestueux et thème musical racé laissent présager d’une véritable maitrise technique. Des images léchées qui instaurent de très bons espoirs quant à la façon dont Jon Harris va aborder les séquences souterraines. Pourtant, le cinéaste verse très rapidement dans un incompréhensible foutoir, et multiplie les ressorts scénaristiques inexplicables au fur et à mesure des séquences inutiles. Le prétexte à la participation de Sarah est en lui même absolument ridicule, Harris et Watkins esquissant d’ailleurs un bien piètre portrait du personnage. Solution facile et grotesque, Sarah est ici rendue amnésique et en convalescence, ce qui n’empêche pourtant pas les autorités du coin de l’embarquer dans une nouvelle expédition dans la foulée. Au delà de l’improbabilité de la décision, l’intérêt paraît douteux : pourquoi diable embarquer une rescapée qui ne se souviens plus des cavernes traversées quelques heures auparavant ? Mais dans un script qui invite un vieillard bedonnant à explorer des couloirs escarpés et qui impose ses personnages en simple chair à canon, le traitement risible du visage fort du premier opus n’étonne même plus. 

 

 

Peu aidée par une vingtaine de lamentables répliques, Shauna Mc Donald campe une Sarah sans éclat ni charisme. Visiblement peu intéressés par la sensibilité et l’insondable tristesse qui émanait du personnage, Watkins et Harris lui confèrent même un caractère aux antipodes de sa véritable nature : individualiste au possible, cette dernière fait désormais preuve d’un incroyable détachement face au sort de ses compagnons d’infortunes. Les spéléologues de The Descent : Part 2 n’apportent de toute manière aucune valeur ajoutée au développement, ces derniers se laissant dézinguer  par des crawlers sur-actifs après trois lignes de texte. A la mise en place lente et bénéfique à l’instauration d’une ambiance pesante et étouffante à souhait, Harris préfère adopter un traitement digne de la suite hollywoodienne.  Les personnages crapahutent dans tous les sens et dans des directions opposées - ce qui ne les empêche pas de se croiser entre deux couloirs -, multiplient les bastons dans des salles géantes, ou traversent des lieux laissant sombrer The Descent : Part 2 dans des séquences d’une vulgarité crasse - la scène des chiottes des crawlers, absolument nulle -. La surabondance d’action donne de plus à Jon Harris l’occasion de prouver son inexpérience en matière de séquences mouvementées. Vraisemblablement désireux de retranscrire la dangerosité du moment, le cinéaste s’adonne à un montage ultra-cut qui ne tient jamais en place. Le résultat frôle l’hystérie pure et simple, et enquille les plans à peine visible plus d’une demi-seconde. Horriblement fatiguant.

 

 

Watkins et Harris font au moins l’effort de ne pas tenter de répliquer la métaphore initiale - le thème de la naissance - en privilégiant le grand spectacle, mais se fourvoient de ce fait dans un film qui oublie le sentiment qu’il se doit d’instaurer. Grande absente, la claustrophobie ne s’installe jamais, là ou l’exploration des tunnels escarpées du premier épisode instaurait une tension bien plus terrifiante que la menace des crawlers. Malgré toutes ses carences, The Descent : Part 2 gagne légèrement en épaisseur lors de son dernier tiers, moins riche en séquences inutilement gores. L’apparition de l’ancienne rivale de Sarah laisse Harris présenter la seule thématique intelligente de son scénario, à savoir la rédemption. Sans manichéisme prononcé - tous ses protagonistes ont leur part de culpabilité -, le cinéaste arrive enfin à insuffler un semblant d’émotion dans une œuvre résolument bancale. Malgré une séquence finale qui aurait du laisser exploser toute la noirceur du propos et de ses protagonistes, la tentative est pourtant en partie noyée par des incohérences encore bien ancrées dans le récit ainsi que par l’aspect prévisible dont souffre The Descent : Part 2. Face à cet amas de maladresses, le twist final sonne presque juste tant il fait preuve d’une idiotie troublante. Un tel retournement de situation - qui s’enchaine maladroitement sur une séquence copiée collée du premier opus - s’avère à peine digne d’un Z destiné au marché DTV, et coupe malheureusement court à tout espoir de voir la franchise se conclure avec cette séquelle navrante.

 

 

Bien qu’artistiquement aussi ambitieux que son modèle, The Descent : Part 2 ne laisse place qu’à l’incompréhension. Comment deux artisans si talentueux - James Watkins à signé un Eden Lake qui avait su fracasser les barrières du genre l’année passée - ont pu se fourvoyer à ce point dans un métrage si douteux ? Au rayons des bons points, The Descent : Part 2 s’habille d’une séquence aquatique véritablement réussie, le reste navigue avec peine dans la médiocrité la plus totale. A oublier au plus vite.

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