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Critique The Divide

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Xavier Gens est un irrécupérable acharné. Repéré par EuropaCorp, filiale cinématographique dirigée par Luc Besson, le réalisateur Français aura uniquement profité de l'opportunité offerte sur Hitman pour exporter derechef son projet de survival post-apocalyptique. Car malgré le relatif succès de son adaptation consensuelle de la franchise vidéo-ludique, Gens conserve une furieuse indépendance, ainsi qu'un goût prononcé pour la bobine choc. Déjà auteur d'un Frontière(s) particulièrement viscéral sur le fond comme sur la forme, le cinéaste réitère avec The Divide. Un projet qui aura connu une pré-production à l'image de son contenu, chaotique au possible. D'un noir d'encre, The Divide explore sournoisement les tréfonds de l'âme humaine et se fend d'une traumatisante étude de mœurs. 

 

 

Excepté pour son travail sur Hitman, Xavier Gens reste aujourd’hui relativement ignoré par les artisans du cinéma Français. Rapidement exilé aux Etats-Unis, le réalisateur ne bénéficie une nouvelle fois que d’une distribution confidentielle et tardive. Une discrétion assez peu étonnante au vu du contenu de The Divide, le travail de Gens s’habillant sans surprise d’un parfum de scandale assez prégnant. Pourtant, et au contraire de Frontière(s), le cinéaste parvient à équilibrer sa construction de manière plus fluide. Si le métrage fait preuve d’une vision très crue et négative du fonctionnement humain, The Divide évite soigneusement les débordements inappropriés, et parvient à évincer toute violence graphique purement gratuite au profit de séquences à la brutalité morale particulièrement douloureuse. Le postulat initial pose les fondations d’un huit-clos simple et efficace, mais émotionnellement tendu. Une explosion nucléaire ravage subitement la ville de New-York. Rares rescapés d’un immeuble du centre-ville, huit personnes tentent de survivre dans un abri anti-atomique construit par un ex-pompier bourru et individualiste. Très rapidement, des tensions apparaissent au sein du groupe, dont la survie s’avère de plus menacée par l’intrusion d’hommes en combinaison à la gâchette facile. Davantage intéressé par l’étude et le développement de ses personnages que par le grand spectacle – la séquence introductive d’attaque nucléaire se limitant à quelques plans –, Xavier Gens n’use du contexte post-apocalyptique qu’afin de matérialiser sur bandes la transformation progressive de l’homme vers l’animal. Et déroule ses idées parfois jusqu’à la limite du supportable. 

 

 

Inutile d’espérer de The Divide d’audacieuses séquences d’affrontements au cœur de décors urbains dévastés. Gens capture son métrage dans l’intimité close et étouffante d’une cave glauque et humide. Le cinéaste repousse d’ailleurs avec audace toute solution de facilité. Une majeure partie des questions laissées en suspens lors de l’élaboration du climax ne trouveront d’ailleurs jamais de véritable réponse. The Divide évince de ce fait soigneusement toute option de conclure son développement sur un final conventionnel et attendu, Gens posant sur pellicule un furieux enchevêtrement de chaos et de folie bouclée par une conclusion sans véritable espoir. The Divide est un métrage à vif, sombre et torturé, au cours duquel son géniteur s’autorise les pires dérives. Soumission et sadomasochisme, individualisme disproportionné ou encore tentatives de domination, le réalisateur creuse les abymes des comportements humains jusque dans ses plus noirs et terrifiants extrêmes. The Divide est d’autant plus percutant que la construction du métrage, rythmiquement très mesurée, confère au tout une aura particulièrement réaliste. Xavier Gens parvient en près de deux heures à accoucher d’un furieux maelström de tout ce que l’humain est capable de faire de pire.

 

 

Capturé dans l’ambiance aliénante d’un décor unique, The Divide relaie l’aspect crasseux et désespéré de son postulat à travers sa mise en scène. Xavier Gens emballe son film sans frénésie, prenant le temps de s’attarder sur une ribambelle de scènes à la brutalité violence psychologique particulièrement exacerbée – la soumission sexuelle du personnage de Rosanna Arquette –. Doté de petits moyens, le cinéaste témoigne surtout d’une impressionnante maestria dans sa direction d’acteurs. L’escalade progressive dans la folie d’une grande partie des survivants est retranscrite à la perfection par une petite brochette de comédiens pourtant méconnus, et sublimée par une Rosanna Arquette hallucinante dans le rôle de la mère abusée. Michael Biehn contrebalance à merveille en dépeignant un faux-dur insensible en façade, rapidement évincé par les mâles véritablement prêts à user de tous les moyens pour instaurer leur pouvoir. Si The Divide se profile comme une expérience troublante, cette dernière se voit en grande partie induite par la fureur de ses protagonistes. Redoutable.

 

 

Là ou le bancal Frontière(s) témoignait encore des maladresses d’un jeune réalisateur inexpérimenté, The Divide s’impose comme une œuvre aboutie et ultra-personnelle. Xavier Gens signe un métrage qui parvient à se démarquer habillement de la norme, et prouve par la même occasion de sa capacité à mener à bien un projet anti-commercial au possible, et ce malgré les chiffres engrangés par son unique blockbuster.

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Silencieux 18-06-2013
Un film à regarder pour son début mais pas plus... Voir des personnages faire n'importe quoi dans la deuxième partie fait perdre tout sens au film. En plus la fin est juste là pour donner une belle image pour l'affiche j'ai l'impression... Et si tu aimes les films qui te laisse complétement dans le flou sur le pourquoi du comment, alors n'hésite pas à regarder ! Pour moi un bon navet qui surf sur une tendance...
Anonymous 24-03-2013
Hmm il doit y avoir malentendu, ma première phrase n'était pas la dans le but de t'attaquer ou de te manquer de respect, c'était sincère je ne sais pas qui tu es donc je ne te juge pas. Maintenant que je la relis, j'avoue que ça peut prêter à confusion :)

Ceci dit, non je ne suis pas un Ayatollah du post-apo, juste un internaute qui fut déçus par le film et qui trouve plutôt constructif de poster une critique dans la section appropriée. Critique négative dans le cas présent, peut être même un peu rude, mais c'est ce que je pense et j'aime être sincère. Et puis faut bien faire contre poids ! J'ai trouver que tu avais omis pas mal de points négatifs dans ton texte.

Pour finir, bien évidement, je ne prends pas mes avis pour des généralité, mais une critique est une chose personnel. Je ne dit pas que c'est une vérité absolue, juste que c'est ce que je pense de cette œuvre en tant qu'être humain mais aussi en tant qu'adepte du genre.

Je te souhaite donc une bonne soirée et m'excuse encore pour ce quiproquo

BEN 13-03-2013
Qui je suis ? Benoît Disdier. Pour le reste, merci de ne pas prendre ton avis personnel - dont j'apprécie parallèlement l'argumentation - pour une généralité. Je ne suis pas un Ayatollah du genre post-apo. Et tu ne l'est sans doute pas davantage. Il est incroyable de constater que dès qu'on rédige un avis contraire à certaines personnes, elles se sentent obligées d'attaquer sans aucune once de respect.
Anonymous 07-03-2013
Je ne sais pas qui tu es pour faire une telle critique mais ce milieu ne doit pas t'être familier, c'est totalement erroné...

The Divide est tout sauf une œuvre qui se démarque, le post-apo étant très en mode en ce moment, au plus grand désarrois des adeptes, ça n'a rien d'original ! Scénario totalement pompé, et même mal pompé, la seul ridicule intrigue qu'on y trouve n'est même pas détaillée, qui sont ces soldats et pourquoi ont ils besoin d'enfants ?

Pendant 2h, les pauvres se cherchent des problèmes, et s'entre tue pour une boite de haricots alors que les réserves ne sont même pas vide... Je ne parles même pas de toutes les incohérence (survie) du film ! C'est tout simplement de la violence pour la violence, ils n'ont même pas pris la peine de le justifier.

Lorsque l'ont fais partie d'un groupe de survivants menacé par une force extérieur, on a plutôt intérêt à unir ses forces plutôt que de tuer sans raisons et sans intérêt... Le tout remastérisé dans une ambiance sex & gore 100% commercial. La fin est juste ridicule et dénuée de sens en plus d'être un cliché dramatique destiné à la vente. En conclusion The Divide n'est autre qu'un de ces films basique pour adolescents friands de violence.

 

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