film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique The Double

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Jesse Eisenberg – The Social Network, Insaisissables – annoncera au sujet de The Double qu’il s’agit à ce jour de son expérience de tournage la plus intéressante. Rien de bien étonnant lorsque l'on sait que le film est mené par Richard Ayoade, artisan de l’insolite qui pousse ses acteurs aussi loin que possible dans la bizarrerie. Véritable caméléon capable de se fondre à la perfection dans un blockbuster maousse-costaud tout comme dans un métrage arty plus intimiste, Eisenberg se lance ici dans l’exercice complexe de la double-interprétation. Distribué en catimini sur les écrans Français à la même période que le Enemy de Denis Villeneuve, The Double en partage les grandes thématiques, un semblant d’atmosphère et une certaine volonté de faire dans l’anticonformisme. Bien qu’assez hermétique de prime abord, le film d’Ayoade piège lentement sa proie dans une ambiance foutrement étrange mais vraiment envoutante.

 

 

L’écrivain russe Fiodor Dostoïevski aimait multiplier les points de vue, créer la confusion et complexifier sa narration. En adaptant l’une de ses nouvelles, Richard Ayoade procède avec la même folie dérangeante. The Double se profile en effet comme une œuvre à l’intrigue aussi épaisse que la coupe de cheveux de son géniteur. Le postulat initial s’avère pourtant bien connu, presque usité. Simon est un employé modèle mais superbement ignoré par le monde qui l’entoure. Rejeté par ses collègues et sa mère, à peine remarqué par la femme de ses rêves, ce dernier vit une existence pathétique et misérable. Alors qu’il s’apprête à être licencié, Simon va voir sa vie bouleversée par l’arrivée d’un nouveau collègue. James est en effet à la fois le parfait sosie et l’exact inverse du jeune homme. Charmeur et charismatique, James se montre manipulateur et va éclipser progressivement Simon d’un paysage qu’il n’occupe déjà que de façon anecdotique. Partant d’un scénario plus ou moins connu, Ayoade s’affranchit d’un bel exercice de style. Ultra-barré et extrêmement exigeant formellement parlant, The Double s’appuie sur une atmosphère glauque, poisseuse, morose, presque surréaliste.

 

 

Quelque part entre le cinéma de Lynch, Gilliam et Polanski, Richard Ayoade livre un métrage énigmatique, hors des sentiers battus et dépourvu de structure narrative véritablement prédéfinie. The Double semble presque lorgner vers l’improvisation, voire du côté d’une certaine forme de théâtralité absurde. Le cinéaste fait en effet ici le choix de supprimer tout repère de son équation. Hors du temps, The Double est une bobine des plus intrigantes, un objet filmique non identifié bardé d’ironie, de retournements tarabiscotés, de fantastique étrange. Il reste à ce titre difficile de savoir dans quel sens va tendre le métrage, Ayoade parvenant ainsi à habiller son œuvre d’un suspense intéressant malgré l’aspect résolument décousu de son intrigue. Pour autant, ce dernier ne parvient pas totalement à affranchir son travail d’un certain sentiment de « déjà-vu », l’ensemble convergeant inévitablement vers un dénouement prévisible, presque décevant au vu de la somme de talents déployés devant et derrière la caméra. Dommage.

 

 

La prestation de Jesse Eisenberg est néanmoins savoureuse, presque insolente de maitrise. Ce dernier crève littéralement l’écran dans un double-rôle complexe, subtil et bipolaire. Eisenberg module sa gestuelle, son timbre et son débit de parole afin de démarquer aisément deux personnages similaires physiquement – le jeu des ressemblances visuelles étant prolongé jusque dans les costumes – mais résolument antagonistes. Ayoade capture ce conte tordu avec une étonnante inventivité visuelle. Le cinéaste multiplie les plans impossibles et s'affranchitformalisme virtuose. La direction artistique du projet est travaillée à l’extrême, The Double témoignant d’une créativité de haute volée qui lui offre un climax rare, particulier et déroutant.

 

 

The Double est une véritable expérience de cinéma. Richard Ayoade capture en effet ici un métrage azimuté mais captivant. Exigeant sur le fond et sur la forme, le cinéaste livre une belle relecture d’une thématique un brin éculée. Il reste cependant regrettable que le final sombre maladroitement dans les poncifs attendus, tant l’ensemble se montre malin et original.

 

Auteur :

Critique vue 7370 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 86+38

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction