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Critique The Editor

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Adam Brooks et Matthew Kennedy sont deux artisans multi-casquettes du cinéma bis à l’ancienne. Compétents sur les domaines de la réalisation, du scénario, du montage ou de l’interprétation, ces derniers se profilent comme deux bricoleurs passionnés, ingénieux et complémentaires. Déjà responsables d’un petit chapelet d’étrangetés « grindhouse » remarquées par les aficionados de cinoche underground – Father’s Day, Manborg –, Brooks et Kennedy s’orientent vers de nouveaux horizons avec The Editor, hommage barré au giallo italien des seventies. Si l’ensemble tient très bien la route, la volonté de faire dans l’étrangeté à tout prix confère au film un aspect parfois bancal.

 

 

The Editor est une œuvre imaginée par des fans de genre pour des fans des mordus de cinéma déviant, iconoclaste et  irrévérencieux. Brooks et Kennedy déroulent ici un pur produit old-school, dans lequel une palanqués de mecs dotés de moustaches et de futals pattes d’eph’ fument clope sur clope en essayant de résoudre une série de meurtres perpétrés au sein d’une équipe de cinéma. Engagés dans le tournage d’un nanar horrifique pur premium, les acteurs et techniciens sont confrontés à un tueur qui ampute systématiquement ses victimes des quatre mêmes doigts. Un détail qui amène rapidement la police à soupçonner Rey Ciso, ex-monteur star du cinéma « traditionnel » victime d’un accident de travail qui lui aura couté une partie de sa main droite. Si The Editor viendra titiller la corde sensible des amateurs de giallo première classe, le film fait preuve d’un  humour noir particulièrement bien affuté. Brooks et Kennedy livrent une bobine complètement décalée, les deux cinéastes oscillant constamment entre hommage vibrant et pastiche subtil. Le film exagère de ce fait avec générosité les spécificités du cinéma italien d’antan : extrêmement gore, The Editor déroule une bonne demi-douzaine de séquences bardées de gros rouge qui tache. L’occasion pour les maquilleurs de témoigner de tout leur savoir-faire en la matière, ces derniers offrant ici l’occasion aux cinéastes de faire dans le grand guignol et le mauvais goût rigolard – arrachage de visage, explosion de main – avec une rare désopilance.

 

 

Cartoonesque dans sa violence, The Editor joue par ailleurs la carte du film d’horreur « over the top » en usant d’enluminures érotiques omniprésentes. Brooks et Kennedy parsèment leurs images de femmes nues – une figurante s’effeuille parfois à l’arrière-plan –, de plans culs / nichons bien appuyés et autres sous-entendus sexuels. Du vrai bon film d’exploitation. A trop vouloir en faire, les deux réalisateurs pourront malheureusement par perdre le spectateur en chemin. The Editor se profile comme du cinéma de l’absurde clairement revendiqué mais s’habille d’une structure étrange qui tente de concilier un synopsis plutôt terre à terre avec des éléments fantastiques parfois extrêmement bizarroïdes – les visions du monteur, principal suspect –. Certains passages naviguent de ce fait dans un n’importe-nawak des plus hallucinants, certains choix s’avérant si radicaux qu’ils frôlent parfois le hors-sujet. Les adeptes de métrages ultra-décalés et d’étrangetés psychés trouveront cependant dans ce « produit » un morceau de choix, bon nombre de séquences s’avérant tellement connes qu’elles en deviennent jouissives – le flic explosant un gâteau d’anniversaire sur la tronche de sa compagne après une interminable partie de jambes en l’air –.

 

 

Artistiquement, The Editor témoigne d’une classe absolue. Brooks et Kennedy livrent une copie parfaite, proche jusque dans les moindres détails du cinéma d’un Dario Argento de la grande époque. Saturé de teintes rouges, baigné dans un éclairage clair-obscur magnifiquement maitrisé, le métrage est emballé dans un scope généreux et soigné. La musique est par ailleurs remarquablement accordée aux images, les compositions rétros à bse de synthés s'inscrivant dans un pur style Carpenter. Côté casting, l’approche volontairement Z de la chose encourage bon nombre d’acteurs à se plier à l’exercice du surjeu cabotin, voire à employer un accent américain à couper au couteau. L’horrible Paz de la Huerta – Nurse 3D – s’en amuse visiblement pleinement, tout comme Matthew Kennedy himself, qui incarne ici un flic au look disco et aux névroses savoureuses à souhait. Fendard.

 

 

The Editor est un quasi-suicide commercial. Un midnight movie en total décalage avec son temps, drôle mais parfois difficilement compréhensible. Imparfait car non exempt de deux-trois longueurs un peu pénibles, l’ensemble séduit pourtant. Ce délire poussé bardé de retournements tarés – le cliffhanger final vaut à lui seul son pesant de cacahuètes – en rebutera probablement plus d’un, mais mérite néanmoins un visionnage attentif. Avis aux curieux.

 

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