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Critique The Forest

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Dans la liste des endroits les plus hantés de la planète, la forêt des suicides de Aokigahara au Japon figure en bonne position. Ce lieu situé au pied du mon Fuji est connu comme l’endroit où les gens viennent mettre fin à leurs vies, un peu comme le Golden Gate Bridge en Californie. Pas moins de 250 corps y ont été découverts en moins de dix ans. Sous la direction de Jason Zada - The house October en 2014 - ce bois maudit devient dans The Forest le décor livide d’une histoire malheureusement insipide.

 

 

Sara - Nathalie Dormer -, une jeune américaine, enquête sur la disparition de sa sœur jumelle. Elle est bientôt amenée à entrer dans la forêt de Aokigahara où les gens partent mettre fin à leurs jours. Notre héroïne s’enfonce dans ce lieu en compagnie de Aiden - Taylor Kinney -, jeune baroudeur du coin. Tel un Vinyan ou un Projet Blair Witch du pauvre, Jason Zada essaie de donner de la consistance, voire une présence organique à cette forêt mystique, mais cela ne fonctionne pas du tout à l’image. Un exemple parmi tant d’autres : les éléments du décor censés donner un semblant de vie au lieu sont filmés comme des accessoires anodins. Rien ne vient se mettre au premier plan, ce qui donne un sentiment de platitude totale à l’image. De plus, les couleurs sont quasiment monochromes et les filtres choisis sont d’un flou bien trop épais. Ce n’est pas vilain, juste terriblement fade. Sacré handicap pour un métrage qui veut s’appuyer sur un lieu existant réellement dans le seul but de renforcer son récit et sa mise en scène. A mesure que le long métrage déroule gentiment son propos, on se rend vite compte que la fadeur concerne aussi les acteurs ainsi que le montage général.

 

 

Pour arrêter de tirer sur l’ambulance, The Forest se regarde sans s’ennuyer, car le spectateur - dont l'encéphalogramme avoisinera celui d’une grenouille sous anxiolytique - a tout son temps pour faire sa liste de courses ou compter le nombre de spectateurs dans la salle de cinéma, par exemple. Le rythme n’est pas dérangeant non plus, on côtoie ici le tempo d’un bon reggae dub qui alterne avec régularité scare-jumps attendus et dialogues superflus. L’histoire ne dépasse jamais le niveau global du métrage c’est à dire simple et sans surprises, tout comme la mise en scène classique qui nous plonge dans un environnement dénué de toute émotion. Pas de cliffhanger notable, mais un joli climax qui, en contraste avec le reste du métrage, semble se souvenir que dans un film d’horreur, il faut penser à faire peur des fois, ou du moins essayer. En 2015, Gus Van Sant s’était installé dans ce même lieu pour son film Nos Souvenirs. Dramatique et introspectif, le long métrage avait utilisé la forêt des suicides comme un substitut de l’inconscient de son personnage principal, un simple concept permettant de donner à l’image un corps et une présence palpable. Inutile de préciser que The Forest n’aspire visiblement pas à autant de finesse.

 

 

Pourtant, le réalisateur use de tous les stratagèmes pour atteindre son but, sans véritablement arriver à susciter le moindre intérêt. Les flash-backs censés expliquer les méandres de l’histoire personnelle des différents protagonistes passent à l’écran sans se faire ni voir ni entendre. Vu que le spectateur se doute bien du fond - tout en subissant la forme - de la trame ainsi que de sa finalité, il ne tique même plus face à des éléments scénaristiques nouveaux. Un semblant de faille entre réel et imaginaire semble vouloir se mettre en place, comme pour justifier l’incongruité du sujet abordé, mais elle disparaît aussitôt dans un fracas silencieux. Les personnages ne plongent pas véritablement dans la folie, ils s’égarent juste un peu dans leurs pensées, ce qui prive le métrage de son seul attrait potentiellement horrifique. Cette folie n'étant pas traitée comme un basculement inexorable, mais comme un déroulement quasi logique du comportement des personnages, le spectateur peut dormir tranquille, il n’est toujours pas ébranlé dans sa quiétude.

 

 

Avec un sujet aussi exigeant et nécessitant un traitement précis pour les ambiances comme pour les émotions, il fallait une véritable expérience de la caméra, une envie de choquer ou de faire réfléchir. Choses dont Jason Zada est visiblement privé. The Forest perd ainsi ses personnages, son histoire et ses spectateurs dans les sentiers de Aokigahara qui ne mènent nulle part, ce qui rend le générique de fin plus intéressant que le film lui-même

Auteur : MARC D'OC

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