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Critique The Frame

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Dans un contexte plutôt morose monopolisé par les productions formatées des gros studios, le film de genre, et particulièrement la science fiction, peine à trouver la place qui fut jadis sienne, celle du spectacle divertissant mais aussi visionnaire et qui donne matière à réfléchir. Les exceptions sont toujours là, fort heureusement. Looper en 2012, Interstellar l'année passée, mais elles sont justement ce qu'elles sont : des exceptions. Ainsi, il ne sera pas étonnant de constater que les pépites de genre viennent de plus en plus du milieu communément appelée - non sans un certain swag - indie. Quelques semaines plus tôt sortait Predestination, un petit bijou australien qui explosait les codes du voyage dans le temps. The Frame se présente aussi comme un autre objet filmique non identifié, un film SF ludique et ambitieux qui se propose d'explorer le rapport du spectateur à l'image en le prenant directement à partie. Le résultat est bluffant.

 

 

The Frame démarre d'un postulat somme toutes assez classique : chaque être humain n'est-t-il pas un acteur dans sa propre vie ? Ou dans celle d'un autre ? Et dans quelles mesures avons-nous le contrôle de notre vie, de nos destinées? Des questions existentielles, un brin philosophique, que le jeune Jamin Winans aborde de front avec méthodologie - parfois de façon scolaire - mais avec assurance et inventivité, bien loin de la maladresse que laisse craindre sa relative inexpérience et la lourdeur de son sujet. Véritable homme orchestre - producteur, réalisateur, auteur, compositeur -,  Winans s'emploie en priorité à dresser les fondations de sa trame, à savoir ses deux personnages principaux : deux êtres que tout oppose littéralement. Le cinéaste articule son film autour d'un gangster sur le retour et une ambulancière altruiste dont les vies commencent à s'imbriquer dans celle de l'autre de façon surréaliste à mesure qu'ils réalisent que chacun est en fait le personnage d'une série TV regardée par l'autre. Un peu compliqué tout ça ? C'est justement le défi de ce film et toute l'ampleur de son ambition. Il ne sera d'ailleurs pas étonnant que nous soyons aussi régulièrement sollicités durant le métrage, allant même jusqu'à faire quelques sauts dans le vide, heureusement toujours rattrapés à temps par Winans.

 

 

On l'aura compris, The Frame est avant tout une expérience ludique que le réalisateur déploie comme une spirale hypnotique dont le vernis dramaturgique s'effrite peu à peu à mesure que nous en comprenons les règles et que le fantastique s'invite discrètement dans la danse. Etalé sur trois parties, le film commence comme un polar urbain remarquablement troussé dans lequel nous suivons le parcours des deux protagonistes. Winans dissémine intelligemment les indices quant au surréalisme de sa trame grâce un très beau travail de la caméra en vas et viens et sur la musique qui souligne l'étrangeté de l'ambiance sans pour autant être intrusive. Winans a la bonne idée de mettre sur le même pied d'égalité le spectateur et les protagonistes de son film, le choix d'acteurs amateurs se révèlant de plus payant puisqu'il assure une identification presque immédiate de notre part et une empathie certaine. Ainsi, leur confusion ultérieure sera justement la notre et leur quête de la vérité sera vécue aussi intensément par le spectateur témoin. Devant nous se mettre en place un puzzle gigantesque dans une dynamique lancinante et le film n'aura de cesse d'étirer son enveloppe pour littéralement l'exploser dans un troisième acte visuellement époustouflant et foutrement bien trouvé. C'est probablement dans cette partie là que Winans donnera la pleine mesure de son talent de film maker, tirant le meilleur parti de ses maigres ressources et donnant tout le sens au titre de son film dans une des scènes les plus réussies du métrage. The Frame en anglais se traduit par l'image, mais aussi par le cadre - et donc la limite de cette image - contre lequel se battent ses personnages.

 

 

L'aspect formel de The Frame n'est pas son seul atout. C'est aussi un film d'une densité incroyable qui se lit sur plusieurs niveaux. Que ce soit de la love story fantastique, drame intimiste ou divertissement pur - notamment dans les scènes de braquages, impressionnantes malgré un budget limité -, le film de Winans n'en finit pas de jongler entre les genres, tout en gardant une lisibilité parfaite. La ligne conductrice de cet univers, le vrai carburant du métrrage demeure cette dualité mise en abîme. Réalité, fiction. Clair, obscur. Fatalité, espoir. Destinée, libre arbitre. Perdition, salut. Alors, The Frame, le film SF de l'année ? Il s'en faut de peu puisque malgré ses qualités évidentes le travail de Winans souffre malheureusement d'un problème de tempo, surtout dans son troisième acte, qui arrive déjà assez tard. A trop vouloir couvrir toutes ses bases, le réalisateur a peut-être péché par excès de zèle et sa dernière partie s'enlise dans la redite, certaines scènes s'étirant plus que de raison en soulignant des points évidents. Ces lourdeurs risquent donc d’en rebuter quelques uns. Rien de bien préjudiciable vu l'originalité globale du métrage, auquel on pardonnera tout, vraiment tout.

 

 

Avec The Frame, Jamin winans s'affirme comme un réalisateur à suivre. Son film, malgré une enveloppe budgétaire restreinte, déborde d'inventivité et d'ambition tant sur le fond que sur la forme et constitue l'une des plus grosses claques de l'année 2014. A découvrir d'urgence.

 

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