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Critique The Guest

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Adam Wingard est un jeune artisan du bis aussi prolifique que polyvalent. Scénariste, réalisateur, monteur et directeur de la photographie, ce dernier aura livré au cours des cinq dernières années quelques œuvrettes remarquablement bien tenues, souvent ultra-nerveuses à défaut d’être véritablement originales. Adepte des films à sketchs - The ABCs of Death, les deux premiers V/H/S - Wingard avait été véritablement révélé auprès des adeptes du film de genre avec un You’re Next témoigant d’une appréciable approche rétro. S’il n’abandonne pas totalement le genre du « home invasion », The Guest permet à son auteur d’explorer de nouveaux horizons.  Mixant actioner burné et thriller, le film n’est pourtant qu’une semi-réussite.

 

 

On ne change pas une équipe qui gagne. Le scénario de The Guest est une nouvelle fois signé à quatre mains, Simon Barrett restant fidèle à Wingard malgré ses récents débuts à la réalisation à l’occasion de l’un des segments de V/H/S 2. Les deux hommes se connaissent sur le bout des doigts, et livrent donc ici un métrage qui, sous couvert d’une certaine « réinvention » de leur registre de prédilection – l’horreur – recycle néanmoins certains concepts de You’re Next. Et notamment sa thématique principale, à savoir une présence inconnue, sournoise et violente cherchant à s’immiscer au sein d’une bonne famille américaine, à l’intérieur même de son habitat. Cet « élément perturbateur » est ici incarné par David, un jeune soldat venu présenter ses condoléances à la famille de l’un de ses amis disparus sur le champ de bataille. De prime abord charmant, ce dernier est invité à séjourner quelques jours dans l’ancienne chambre de leur fils. Au fur et à mesure que se personnalité se dévoile, David va adopter un comportement de plus en plus étrange, voire dangereux. Anna, la fille ainée du couple, va alors mener son enquête sur le passé de cet ex-soldat aux troubles intentions. L’approche originale adoptée par Wingard fait un temps illusion. Le cinéaste parvient en effet à construire un mystère savoureux, plutôt épais et résolument tendu autour de la personnalité complexe et torturée de son personnage central. Le fait de positionner au premier plan un antagoniste timbré confère à l’ensemble un charme certain, The Guest évoluant résolument hors des sentiers battus en déroulant un premier tiers des plus accrocheurs.

 

 

La suite du programme vire malheureusement dans le schéma habituel et usité jusqu’à la moelle. Malgré un suspense plutôt bien travaillé jusqu’à mi-parcours, The Guest patauge dès lors dans les longueurs, les clichés et les retournements faciles. Wingard et Barrett se risquent en effet à une resucée maladroite qui pioche allégrement et sans vergogne dans Universal Soldier ou Jason Bourne, le métrage se risquant dans un semblant d’explication à peine correct afin de justifier la personnalité psychotique d’un méchant qui semble aussi mentalement dérangé que physiquement résistant. Mouais. David pète donc les plombs, est pisté par une mystérieuse organisation, détruit l’équilibre « précaire » de la famille et dézingue inévitablement deux-trois individus de ci et là. The Guest aligne en fin de run ce qu’une partie du public pourrait attendre d’un produit de grande consommation : des douilles, de la baston, quelques explosions, du sang ainsi que beaucoup de « arrggh » et autres « urrghh ». L’ensemble est certes parfois efficace, mais assurément classique. Shooté dans un palais des miroirs – un labyrinthe de fête foraine –, le final est pour sa part absolument ridicule malgré une bonne volonté appréciable de casser les codes de l’actioner hollywoodien.

 

 

Formellement, Wingard assure plutôt bien. Epaulé par un budget légèrement supérieur à ses productions précédentes, le cinéaste en profite pour capturer quelques gunshots sympathiques sans jamais trop en faire. The Guest conserve de ce fait la « patte » Wingard et se présente comme un film à l’ancienne, sans artifices ni effets faciles. Un côté old-school que le réalisateur double d’une bande-son particulièrement rétro, extrêmement soignée et prompte à installer une ambiance solide lors de la mise en place de l’intrigue. Dan Stevens est par ailleurs particulièrement convaincant dans le rôle titre. L’acteur joue de son corps et de son regard à la perfection, et dépeint un soldat machiavélique assez cool et parfaitement juste. Une excellente performance.

 

 

The Guest est un petit film bien articulé et doté de quelques éléments intéressants, mais trop conventionnel et étonnamment paresseux dans ses révélations finales. Wingard fait monter la pression avec brio, avant de laisser retomber son travail comme un soufflé au formage foiré. L’ensemble reste cependant divertissant. Pourquoi pas.

 

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