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Critique The Hills Run Red

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Dave Parker n’est pas homme pressé. Entre un premier long-métrage distribué avec une certaine discrétion, Les morts haïssent les vivants, et The Hills Run Red, le réalisateur aura laissé s’écouler près de neuf années. La faute à des financements difficiles à débloquer plutôt qu’à un réel manque de motivation, Parker se profilant sans conteste comme un technicien doué et parfaitement apte à transcender un budget minuscule afin d’accoucher d’une œuvre de qualité. Sa deuxième réalisation en est la preuve en une petite heure vingt, The Hills Run Red parvenant à s’émanciper des clichés et des lourds codes du slasher lambda pour s’imposer comme un film de genre burné et capturé avec maitrise. Mis en boite avec une réelle connaissance du registre, le cinéaste tord le coup aux poncifs avec un remarquable aplomb.

 

 

Tout ne semblait pas pour le mieux engagé. Les visuels glanés de ci et là ainsi que les quelques lignes avancées par le pitch initial laissaient présager d’une énième œuvre cheap narrant les exploits d’un éternel gogol difforme découpant d’insouciants adolescents dans les bois. Certes, il est bien ici question de monstre et de juvéniles protagonistes, mais si la stature du boogeyman de service - affublé du doux sobriquet de Babyface - n’est sans évoquer un Jason Voorhees sur le retour, The Hills Run Red parvient rapidement à s’affranchir d’une quelconque affiliation avec la série des Vendredi 13. Le prétexte à l’escapades des personnages dans l’Amérique profonde est ici tout autre : lancés à la recherche d’un film maudit disparu corps et bien avec son réalisateur, nos trois étudiants, pour l’occasion accompagnés de la fille du mystérieux cinéaste, ne tardent pas à lever le voile sur le pourquoi du comment à leurs dépens. Un secret forcément terrible, et ici prétexte à d’habilles mises en abime. En exploitant le concept du film dans le film, Dave Parker construit un métrage à tiroirs et donne corps à une intrigue relativement imprévisible. Bien que The Hills Run Red s’amorce dans une ambiance routinière, le métrage impose dès son second tiers son lot de retournements de situations salutaires. Tout aussi déstabilisé dans la mise en place d’audacieux parallèles entre réalité et fiction que les personnages confrontés à l’imposant Babyface, le spectateur prend part au jeu des hypothèses et se voit confronté à une bonne série de twists plutôt captivants, bien qu’en partie prévisibles. Nettement plus malin qu’un Scream 3 conventionnel ou qu’un Cut mal fagoté à utiliser les superpositions d’histoires savoureuses, The Hills Run Red se démarque tout autant du mouvement néo-slasher par sa brutalité plus qu’exacerbée.

 

 

Visuellement impressionnante mais jamais purement gratuite, la violence de The Hills Run Red se veut percutante et indispensable à la puissance du métrage. Bien que s’inscrivant dans une certaine veine slasher, le second long de Dave Parker s’oriente dans une direction hardcore qui n’est pas sans évoquer les shockers et autres survivals les plus tendus du début de eighties. Impossible de ne pas rattacher le métrage à l’indispensable Massacre à la Tronçonneuse, tant son dernier acte tend vers la même insoutenable folie. Babyface semble à ce titre se profiler dans un premier temps comme un ersatz de Leatherface, mais Dave Parker parvient vite à retourner la situation et à lui insuffler une personnalité intéressante. Moins con que la moyenne, rapide et brutal, le Boogeyman défiguré surprend par sa capacité à penser par lui-même. Bien qu’influencé et conditionné par son environnement, Babyface n’a rien de l’éternel défourailleur de la forêt, ce que Parker aime à rappeler à travers une unique ligne de dialogue, d’autant plus cruelle et marquante qu’elle s’avère inattendue. The Hills Run Red est un film sans concessions, à l’ambiance pesante et dérangeante,  le métrage s’autorisant à l’instar de la relecture de La Colline à des Yeux les dérives les plus déjantées pour confiner son spectateur dans une situation d’inconfort permanente. La conclusion cradingue apparaît à ce niveau comme le summum de l’horreur viscérale, tant elle hisse le malsain à son niveau le plus extrême. Pour autant, Dave Parker n’use jamais des ressorts du cinéma moderne pour arriver à ces fins. Loin de l’épileptique montage et des hectolitres de bidasse déversés par les récentes séquelles de Saw, The Hills Run Red table d’avantage sur son climat pour exprimer sa violence. Parker se joue même des modes avec malice, l’unique scène de torture porn se voyant rapidement écourtée par un tortionnaire répliquant de facto « le cinéma, c’est de l’émotion, la torture, ce n’est pas la réalité ». Un discours intelligent et audacieux, et qui n’enlève en rien l’efficacité et l’inventivité dont font preuve les nombreux meurtres de The Hills Run Red.

 

 

Dave Parker préfère capturer son film à l’ancienne que sa rallier aux mouvances actuelles, évitant tout emploi de shakycam parkinsonienne et optant pour un scope parfaitement cadré. A peine s’autorisera-t-il quelques passages via l’œilleton de la caméra des jeunes protagonistes, choix artistique suffisamment mesuré pour ne pas susciter la lassitude. Très soucieux de la bonne tenue esthétique de The Hills Run Red, Parker parvient à outrepasser son budget limité pour mettre en boîte une véritable œuvre de cinéma, qui s’écarte avec brio de l’habillage cheap dont témoignent trop souvent les production DTV. Pas clinquant pour un sou - les couleurs volontairement délavées -, The Hills Run Red témoigne par ailleurs de son amour aux eigthies par son érotisme bien prononcé. Jamais avare à dévoiler l’anatomie de ses charmantes intervenantes, le métrage se rapproche ainsi de l’esprit initial du slasher, bien que les membres du casting ne présentent pas casier vierge. Car si le genre se profilait autrefois comme une rampe de lancement - Kevin Bacon dans Vendredi 13, Jamie Lee Curtis dans Halloween -, Parker a ici fait le choix de confier les rôles importants à des acteurs bénéficiant d’une petite expérience dans le domaine. Si Sophie Monk convainc pleinement en garce toxico, c’est bien l’impressionnant William Sadler qui sort son épingle du jeu en campant un réalisateur incroyablement sadique et dérangé. Une prestation à des années lumières de sa performance très lisse sur la médiocre série Roswell.

 

 

Production DTV de haute volée, The Hills Run Red aurait mérité une véritable distribution en salles. A mille lieux des slashers ridiculement copiés sur les modèles du genre et calibrés pour les masses, le second long de Dave Parker n’hésite pas à manger à tous les râteliers pour imposer une œuvre qui emprunte parallèlement aux meilleurs films de survie. Ultra-efficace.

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