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Critique The Human Centipede (First Sequence)

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Dans l’actualité des films qui font frétiller le cinéma de genre, The Human Centipede (First Sequence) est incontestablement en tête de liste aux côtés de A Serbian Film. D’abord résultat d’un blague entre amis puis inspiré par les expérimentations insanes menées par les nazis sur les juifs, celles commises par les japonais durant la guerre sino-japonaise ou par l’invasion des Pays-Bas pendant la seconde guerre mondiale, Tom Six, un réalisateur hollandais sorti de nulle part, débarque avec son idée complètement barrée qui réjouit autant qu’elle n’inquiète pour mettre sur pied son quatrième long métrage. La quête de la pellicule qui nous fera vivre un instant de pure transe est présente en chacun de nous et The Human Centipede (First Sequence) avait toutes les cartes en mains pour réussir ce pari. Ovni délicieusement jouissif mais sans pour autant nous flanquer la raclée tant espérée, le film nous transporte dans un territoire où la folie est le maître mot.

 

 

Il suffit parfois de quelques lignes pour capter l’attention du spectateur et Tom Six nous livre ici un scénario tellement absurde, mais décrété tout à fait possible par de vrais chirurgiens, que l’on se demande encore pourquoi il n’est pas arrivé plus tôt sur nos écrans. Suite à une crevaison au milieu de nulle part, deux amies vont trouver refuge chez un docteur légèrement inquiétant. Elles vont très vite se rendre compte que ses intentions ne sont pas des plus amicales et vont être les cobayes d’une expérience visant à créer un mille-pattes humain composé de trois personnes avec un seul et même tube digestif. Comment ? Tout simplement en rattachant la bouche sur l’anus de celui qui le succède. Il n’en fallait pas plus pour nous faire agiter les zygomatiques. Face à un tel pitch, aussi curieux qu’effrayant -dans le mauvais sens du terme, on se pose inévitablement les questions de qu’est ce qui se cache derrière un tel concept et comment le réalisateur va t-il réussir à combler une heure trente de pellicule. Même si l’expérience occupe une place primordiale au sein du métrage, Tom Six ne se cantonne pas à faire déambuler sa créature pour impressionner l’assemblée et s’aventure un peu plus loin en nous offrant une vraie mise en scène et de nombreuses subtilités scénaristiques. The Human Centipede (First Sequence) n’a rien d’une démonstration grotesque se limitant à nous en mettre plein la vue comme le font des bandes telles que Slaugthered Vomit Dolls, mais offre une richesse comme on en voit trop peu sur nos écrans. Malgré quelques invraisemblances et raccourcis scénaristiques, la pellicule propose un tableau original et singulier traitant de la dégradation abjecte de l’homme par l’homme, Salo et les 120 Journées de Sodome restant le modèle incontesté, et qui démontre que les prochaines œuvres du hollandais seront à suivre de très près.

 

 

Si la mise en situation est digne d’un gros Z en manque d’inspiration -les deux héroïnes se rendent à une fête dans un pays qu’elles ne connaissent pas, un pneu crève sur la route, elles n’ont pas de réseau et vont donc trouver refuge chez un taré-, l’imagination débordante de son géniteur et son sens de la mise en scène vont transformer la demeure en un véritable petit coin d’enfer sur terre. Un environnement laiteux et aseptisé -qui rappelle furtivement l’appartement de Patrick Bateman, morne et sans vie où seule une photo de ses trois rottweilers -reliés les uns aux autres bien évidemment- gît sur sa table de nuit et avec pour seule décoration quelques tableaux de siamois accrochés au mur. Quand on sait que la bande sonore occupe une place primordiale dans un film, elle est ici quasiment inexistante mais son absence ne fait que renforcer l’oppression et l’angoisse de la situation -à l’instar d’un Funny Games, même le générique de fin se résume à un doux sifflement continu. Une atmosphère lourde où chaque plan s’impose sans artifice. Toujours dans la sobriété la plus totale, Tom Six agrémente son scénario de rebondissements réguliers ne laissant jamais l’occasion au spectateur de  s’ennuyer une seule seconde -tentatives d’évasion, arrivée de la police etc.- ainsi que de nombreuses mises en situation où l’humour noir n’hésite pas à se faire une place. Au-delà du simple jeu du chat et de la souris, on assiste à la dégradation physique et morale des différents protagonistes, une évolution retranscrite avec intellect qui réside notamment dans la petite astuce de mettre un japonais -l’acteur réalisateur Akihiro Kitamura- ne parlant pas un mot d’anglais à la tête du triptyque empêchant ainsi toute communication avec le bourreau et rabaissant nos héros au simple état primitif. Malgré l’absurdité d’une telle opération, le sérieux général avec lequel le sujet est traité tiraille le spectateur entre le rire et le dégoût. Si on dénote quelques invraisemblances et facilités dans le scénario, Tom Six re-capte très vite notre attention pour recentrer l’auditoire sur l’essentiel.

 

 

Si Tom Six frôle le sans faute derrière la caméra, le cœur de la pellicule réside incontestablement dans le vilain Docteur Heiter, campé par un Dieter Laser magistral. Probable ancien nazi, le Docteur Heiter est un ancien chirurgien spécialisé dans la séparation des siamois décidé à prendre le chemin inverse en fixant des personnes les unes aux autres. Haïssant la nature humaine, le docteur ne voit en ses créations qu’un accomplissement personnel et les sentiments ne font aucunement partie de sa vie. Méthodique et implacable, le Docteur Heiter dispose de toutes les qualités requises pour devenir l’un des vilains les plus respectables du cinéma de genre. Les deux héroïnes, Ashley C. Williams et Ashlynn Yennie, sont également convaincantes même si leurs rôles se résument plus ou moins à pleurer la tête collée dans un derrière. Un rapport au corps bien maitrisé qui rappelle inévitablement les œuvres de Cronenberg. La réussite de cette pellicule s’esquisse également grâce à un final poignant et cruel bien que celui-ci impose un revirement légèrement tiré par les cheveux.  Quand on sait que The Human Centipede (First Sequence) est censé être la première partie d’une trilogie -selon la volonté du réalisateur, l’impatience se fait de plus en plus sentir. D’autant que le second opus devrait montrer une aberration de douze victimes attachées les unes aux autres et que le premier volet serait en quelque sorte une version adoucie et plus suggestive afin de préparer le public et les financiers à passer à la vitesse supérieure. Si Tom Six ne tombe pas dans la surenchère pour ne livrer qu’un ersatz de sa première œuvre, The Human Centipede risque de marquer au fer rouge le petit monde du cinéma underground.

 

 

Que l’on aime ou que l’on déteste le métrage de Tom Six, celui-ci a su imposer une vraie personnalité en ne s’infligeant aucune règle. En passant outre ses quelques maladresses, The Human Centipede (First Sequence) pourrait vous faire prendre un pied dont vous vous souviendrez encore longtemps. Jawohl, Herr Heiter.

Auteur : TIBO

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Votre réponse :

chuck 15-06-2012
Bon film !! scénario basique mais j'aime les film entreprenant !!

Pas un navet mais pas le film de l'année non plus !

Un style bien a lui !!
DarkFlesh 08-05-2012
L'idée de départ aurait pu donner un bon film malsain à souhait (surtout que le personnage du docteur est bien joué) mais j'ai été plié de rire du début à la fin tant cela est mal fait. Pourquoi un générique de fin aussi étoffé alors qu'un camescope et 200 € suffisent pour faire une telle daube... Tordant ! A voir les lendemains de bourre lorsqu'on a la tête dans le cul mais à ne surtout pas regarder à jeun car on serait tenté de devenir réalisateur pour peu qu'on posséde un téléphone portable qui fait vidéo. Mr. Tom Six, à quand le tome deux ?.. Déjà !..

lukiluke 22-12-2011
Une perte de temps (et d'argent). Totalement débile et inutile
alpha 12-11-2011
beaucoup de bruit pour pas grand chose !!! ça se la joue épuré ( le son, l'image ), faussement intello quoi , mais ça ne "choque " pas : un comble pour un film dit d'horreur , non ?
des bouches, des anus ...ok, " human centipede " ? un film a chier !!!!
satan 09-09-2011
un film de merde réaliser par un scatophile un être sans talent et qui plaira sans aucun doute au scatophile déchet de l'humanité.

on se demande qui est le plus à plaindre la dedans, la production, le réal ou les débile ayant tourner dans ce film pour quelque dollars.

abjecte. après ce film on peu signer l'arrêt de mort de l'humanité c'est bien la moralité de l'histoire
Eleyson 28-06-2011
Autant j'aime les films dérangeants et un peu trash autant je me suis carrément ennuyé devant celui-ci. Un vrai navet pour ma part et les raccourcis scenaristiques dont vous parlez ne sont a mon sens que de grossières erreurs qui n'ont plus leur place dans un film de nos jour.

J'ai rigolé de temps en temps mais je me suis fait chier :)

 

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