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Critique The Incident

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John Carpenter aura influencé le cinéma d'horreur par son talent de metteur en scène, notamment dans la construction du récit et la montée en tension – voir Halloween, The Thing ou Prince des Ténèbres pour s'en convaincre –. Il n'est pas alors étonnant de voir débouler un film comme The Incident – même si à regret directement en vidéo – qui constitue l'un des meilleurs hommages au maître, et pose son réalisateur comme un digne successeur au réalisateur de Assaut. Les raisons? Tout comme chez Carpenter, on retrouve chez Alexandre Courtes un sens certain du cadrage, une montée progressive de la tension, et la création d'une ambiance oppressante. Et sans compter une musique rappelant les meilleurs compositions de Carpenter. Donc, si vous êtes à la recherche d'un film comportant son lot de frayeurs, plutôt bien écrit, avec des personnages consistants et un suspense efficace – quoi de mieux qu'un asile de fous pour cela? – vous êtes devant le bon film.

 

 

Un groupe de trois musiciens rêve de connaître la gloire grâce à leur groupe de rock. Mais en attendant ce jour, ils travaillent comme cuisiniers dans un asile psychiatrique. Alors que se profile une révolte, sous l'impulsion d'un des plus dangereux internés, un soir, le système de sécurité tombe en panne pendant un orage violent. Les patients profitent de l'occasion pour fuir de leurs cellules et les trois cuisiniers se retrouvent confrontés à une rébellion des plus violentes. En voilà un pitch qui donne envie, non ? Et pour que cette envie se concrétise en plaisir pour le spectateur, quoi de mieux qu'un récit tendu et conduit de manière efficace ? Petit budget certes pour The Incident, mais nombre de bons réalisateurs ont su transcender le matériau de base et faire oublier  le manque de moyens par leur intelligence et leur talent. Ainsi, dès le départ, on sait que le film sera efficace, même si on ignore encore à quoi on aura affaire. Pendant la majeure partie du métrage, seule la tension instaurée compte. On se surprend à sursauter à des plans qui ne font pas appel à de vulgaires jumps scares. Un simple mouvement latéral de caméra montrant un des fous grimacer au travers de la vitre séparant cuisiniers et détenus, vitre précédemment souillée de nourriture et quasi opaque, suffit à révéler la dangerosité des internés. Un petit effet qui provoque frissons et tension. C'est par l'intelligence de sa mise en scène, sobre et efficace, que Courtès conduit son récit vers une confrontation que l'on sait inévitable et qui pourtant surprendra par une violence qui jusqu'alors retenue. 

 

 

Pour impliquer le spectateur au niveau émotionnel, il faut des héros dont on se sent proche. En cela, le personnage principal, au look mi grunge mi Jésus, provoque l'empathie dans le calvaire qui va être le sien dans la deuxième moitié du film. Ses musiciens provoquent d'emblée la sympathie et leurs interactions sont crédibles et très bien écrites. Le début fait d'ailleurs plus penser à un film dramatique sur l'avenir de leur groupe, et ce, afin de mieux nous surprendre et nous impliquer. Avoir situé le film en 1989, époque sans téléphone portable ou internet, renforce le sentiment de claustrophobie dû aux lieux de l'action et à la détresse des cuisiniers face à la férocité des internés. Le film regorge de passages chocs comme celui ou les héros sont enfermés dans un bureau et ne peuvent que regarder le calvaire et l'agonie de l'un d'entre eux, via la petite vitre de la porte. Les fous se comportent comme les voyous d'Assaut, dans le sens où ils agissent comme une meute muette, invisible mais déterminée. Il ne ressort au final qu'une ou deux personnalités, à l'instar de leur leader, véritable malade allant jusqu'à arracher des dents avec ses mains ou à décapiter un des gardiens. Agrémenté de moments gore – l'épluchage d'un bras avec un épluche légumes ou la cuisson à vif d'un homme –, The Incident ménage ses effets pour mieux se lâcher dans sa dernière bobine, véritable déferlement de violence. Le film livre un message explicite : au bout de la folie, règne la folie. On ne ressort jamais indemne de tels faits.

 

 

Mené par des acteurs impliqués – Rupert Evans y est magistral –, The Incident bénéficie également d'une facture technique impeccable, de la musique au montage, en passant par la photographie. Bien servi par des effets spéciaux craspecs, le film est surtout tenu de bout en bout par son réalisateur. Certains défauts gâchent cependant un peu le plaisir, ceux ci prenant surtout la forme d'incohérences ou de réactions étranges à certains moments.  Et dire que pour cela un réalisateur français doit s'exporter pour nous livrer un tel film. C'est à désespérer sur l'avenir du genre en france. Si certains s'en sortent assez bien – mais pas grâce aux moyens qu'on leur donne ou au succès de leurs films –, c'est sûrement par le biais de quelques producteurs courageux. Mais ils ne peuvent rien seuls. Pour un Martyrs ou un Livide réussis, combien de mauvais films ont fragilisé l'envie de produire de tels films ? Trop, probablement. 

 

 

The Incident est une jolie réussite, due à un Alexandre Courtès que l'on attendait pas dans ce registre – rappelons qu'il a surtout réalisé des clips pour des stars – et dont on ose espérer qu'il continuera ainsi à nous effrayer tant son film démontre un amour du genre et une compréhension des codes qui imposent respect et sympathie. Souhaitons lui de poursuivre dans cette voie. Le cinéma fantastique en a besoin, et ses aficionados aussi.

Auteur : TONTON

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