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Critique The Jacket

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John Maybury est un homme plutôt discret. Réalisateur de l’étrange et de l’expérimental, le cinéaste Londonien est un habitué des productions indépendantes et confidentielles. Ce dernier aura tout juste gagné le continent américain le temps d’un métrage produit par le binôme Steven Soderbergh / George Clooney,  The Jacket. Un projet un brin plus conséquent que ses précédents travaux, mais tout aussi bizarroïde et tourmenté. Loin du divertissement facile, The Jacket s’impose comme un film puissant, émotionnellement chargé et résolument hors normes. Maybury signe ici un « suicide commercial » aux contours indéfinis, mais assurément passionnants.

 

 

Un homme, une femme, une ligne temporelle relativement trouble. Maybury construit le synopsis de The Jacket comme une histoire d’amour impossible, greffant à ses personnages des personnalités troubles et des souvenirs cabossés, souvent fuyants. Un jeune soldat amnésique est accusé d'un meurtre dont il n’est pas coupable. Transféré en hôpital psychiatrique, on le soumet à une expérience : enfermé dans un corset, il remonte le fil du temps, apprend la vérité sur son passé et découvre le futur qui pourrait être le sien s'il parvient à déjouer le présent. Confronté à l’avenir, ce dernier va alors faire une rencontre qui pourrait bien changer le cours de son histoire. Anticonformiste au possible, The Jacket n’a rien du film facile. Quelque part entre le thriller et le drame psychologique, le travail de Maybury rappelle inévitablement Lynch. Doté d’une trame scénaristique radicalement éloigné de toute normalité, The Jacket navigue en effet constamment entre les époques. Maybury déroule habillement un canevas dépouillé de quelques pièces manquantes, le cinéaste disséminant avec une certaine justesse les clés de lecture au fil de son récit. Si le puzzle n’est pas sans rappeler Lost Highway, Maybury aborde son art avec une patte qui lui est propre, son travail s’avérant nettement plus lisible et accessible au premier visionnage.

 

 

Complexe et étrange, The Jacket tire parallèlement son épingle du jeu en installant une ambiance unique et bardée de contrastes. Si le thème de la folie tient lieu de fil rouge, le cinéaste parvient parallèlement à tisser une histoire d’amour forte et prenante. Résolument sombre dans son premier tiers, The Jacket dresse une critique bien ficelée sur les répercussions de la guerre avant de migrer par la suite vers des intentions plus lumineuses. La rencontre de deux personnages en rupture sociale explose dès lors vers une reconstruction de leurs vies respectives, dynamique amenant progressivement les éléments manquants à l’intrigue générale. Le vrai du faux, le vécu de l’imaginaire, n’est ici rarement explicité. The Jacket laisse plus ou moins libre cours à l’interprétation personnelle, Maybury posant sur bandes une énigme aux niveaux de lectures multiples mais à la dimension émotionnelle quasi-hypnotique.

 

 

L’image tient dans cette tendance une place particulièrement importante. Appliqué et adepte d’une réalisation sobre et claire, Maybury capture son film comme un tableau. En l’occurrence, glacial. Répondant parfaitement au fond, l’emballage se dote d’un scope impeccable, format offrant au cinéaste l’occasion d’imprimer sur bobines une ribambelle de plans enneigés ultra-soignés. Sublimé par l’approche artistique de son géniteur, The Jacket témoigne par ailleurs d’une direction d’acteurs impeccable. Souvent mésestimé, Adrien Brody laisse ici s’exprimer toute la portée de son talent. Ce dernier campe un paumé d’une remarquable justesse, face à une Keira Knightley nettement plus à l’aise que dans les productions grand public. Carton plein.

 

 

The Jacket est une expérience à la fois visuelle et sensitive. Un métrage épidermique au scénario labyrinthique et étonnant, mené avec maestria par un John Maybury à l’approche visuelle inspirée. Un grand film.

 

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